Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2408528
mardi 19 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2408528 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 août 2024, et un mémoire en réplique enregistré le 8 novembre 2024, M. C D A doit être regardé comme demandant au juge des référés du tribunal d'enjoindre à la préfète du Rhône, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui fixer un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour.
Il soutient qu'il réside en France depuis l'âge de treize ans, qu'il a effectué des démarches en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour le 3 octobre 2022, sans qu'aucune date de rendez-vous ne lui ait été proposée ; qu'il se retrouve ainsi en situation irrégulière et sa compagne doit subvenir seule à leurs besoins, ce qui les place dans une situation financière difficile ; il est bien inséré.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 octobre 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que M. A se maintient sur le territoire français, en dépit de deux mesures d'éloignement prises à son encore en juin 2017 et juillet 2021, qu'il n'a pas exécutées ; il a déposé sa dernière demande de rendez-vous quelques jours seulement après le rejet par le tribunal administratif de Lyon de son recours dirigé contre la décision de la préfète de l'Ain du 15 juillet 2021 ; le requérant s'est ainsi placé lui-même dans une situation de précarité ; le requérant ne démontre aucune urgence particulière à ce qu'un rendez-vous lui soit fixé ; une mesure d'injonction ferait obstacle au fonctionnement normal du dispositif d'accueil des étrangers, compte tenu du flux important de demandes auxquelles il doit faire face et de l'absence d'élément justifiant un traitement prioritaire du dossier de M. A.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
2. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
3. Lorsque le rendez-vous ne peut être obtenu qu'en se connectant au site internet de la préfecture, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que, si l'étranger établit qu'il n'a pu obtenir une date de rendez-vous, malgré plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
4. En l'espèce, M. A, ressortissant angolais né en 1999, fait valoir qu'il a déposé une demande de rendez-vous en vue du dépôt d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour le 3 octobre 2022, sans qu'aucune réponse ne lui ait été apportée. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressé s'est vu opposer à deux reprises des décisions de refus de titre de séjour assorties d'obligation de quitter le territoire français les 27 juin 2017 et 15 juillet 2021, devenues définitives, et s'est maintenu sur le territoire national en dépit de ces mesures d'éloignement. En indiquant vivre en concubinage depuis plusieurs années avec une ressortissante française, M. A ne fait état d'aucun élément nouveau depuis sa précédente demande de titre de séjour. Par ailleurs, en se bornant à faire valoir la précarité de sa situation financière, sans produire aucun élément précis à l'appui de ses allégations, alors qu'il indique lui-même que sa compagne subvient à ses besoins, M. A ne produit pas d'éléments suffisamment précis permettant d'apprécier les incidences concrètes de sa situation personnelle. Par suite, il n'établit pas l'existence de circonstances particulières permettant de caractériser une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D A.
Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 19 novembre 2024.
Le juge des référés,
T. B
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
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