Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2408585

lundi 2 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2408585
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B, ressortissante malgache. Celle-ci demandait une injonction à la préfète du Rhône de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction pour justifier de la régularité de son séjour. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour la requérante de justifier avoir déposé une demande de titre de séjour, et que la mesure sollicitée se heurtait à une contestation sérieuse. La requête a été rejetée sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 août 2024, Mme A B demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer une attestation de prolongation de l'instruction dans les plus brefs délais à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, afin de lui permettre de justifier de la régularité de son séjour en France ;

2°) de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 750 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il existe une situation d'urgence dès lors que l'absence de tout document autorisant sa présence sur le territoire français a entraîné la perte de droits sociaux et l'empêche de travailler et de continuer son apprentissage pour passer le permis de conduire ; elle est également exposée à une mesure d'éloignement ;

- la mesure demandée ne se heurte à aucune contestation sérieuse est utile et ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Chenevey, président de la 2ème chambre, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Il résulte des dispositions combinées des articles L. 511-1 et L. 521-3 du code de justice administrative que, saisi sur le fondement de cette dernière disposition d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire toutes mesures ayant un caractère provisoire ou conservatoire, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

3. Mme B, ressortissante malgache, ne justifie pas avoir introduit une demande de titre de séjour, mais établit seulement avoir présenté, le 20 juin 2024, sur le site " demarche-simplifiees.fr ", une demande de rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de titre, lors de ce rendez-vous. Par suite, elle ne peut se prévaloir d'un droit à obtenir la délivrance d'un document lui permettant de justifier de la régularité de son séjour en France durant la phase d'instruction de sa demande de titre. Les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône de délivrer à Mme B un tel document ne peuvent en conséquence qu'être rejetées, par application de l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative. Les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du même code doivent être rejetées par voie de conséquence.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Copie en sera adressée pour information à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon le 2 septembre 2024.

Le juge des référés

J.-P. Chenevey

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier