Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2408636

mardi 5 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2408636
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de M. et Mme B contestant le refus de remise de dette d'aide personnelle au logement (1 320 euros). Les requérants, bien qu'invités à régulariser leur demande, n'ont fourni aucune pièce justifiant leur situation de précarité, se bornant à invoquer leur bonne foi. L'ordonnance, fondée sur l'article R. 222-1 7° du code de justice administrative, a jugé les moyens manifestement insuffisamment précis pour en apprécier le bien-fondé.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 août 2024, M. et Mme B doivent être regardés comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 18 juin 2024, par laquelle la caisse d'allocations familiales du Rhône a refusé leur demande de remise de dette d'aide personnelle au logement d'un montant total de 1 320,00 euros et de leur en accorder la remise totale.

Ils soutiennent que :

- ils sont de bonne foi ;

- leur situation n'a pas changé.

Par un courrier du 30 août 2024, le greffe du tribunal a invité M. et Mme B, en application de l'article R. 772-6 du code de justice administrative, à motiver et compléter leur requête, dans un délai d'un mois, en indiquant précisément au tribunal l'objet de leur demande et en présentant une argumentation destinée à montrer que la décision contestée méconnaît leurs droits, ainsi que tout document utile à cet effet.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux ()les premiers vice-présidents des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (). ".

2. En matière de contentieux sociaux, l'article R. 772-6 du même code dispose : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur de travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, d'apprécier, en application de l'article L.553-2 du code de la sécurité sociale, si une remise gracieuse est susceptible d'être accordée au regard de la situation de précarité et de la bonne foi du requérant. A cet égard, il ne lui appartient pas de statuer sur le bienfondé de l'indu.

4. En dépit de la demande de régularisation qui leur a été adressée le 30 août 2024 et dont l'accusé de réception postal a été signé le 4 septembre, M. et Mme B n'ont pas retourné le formulaire. Dans leur requête, ils se bornent à soutenir qu'ils sont de bonne foi, que l'indu réclamé provient d'une erreur de la caisse d'allocations familiales du Rhône et qu'ils se trouvent dans une situation de précarité n'ayant pas évolué. Toutefois, ils ne fournissent aucune pièce sur leur situation de précarité permettant, le cas échéant, de leur accorder une remise. Dans ces conditions, la requête, qui ne comporte que l'énoncé de moyens manifestement non assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé, doit être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme A et C B.

Fait à Lyon, le 5 novembre 2024.

La première vice-présidente,

D. Jourdan

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.