Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2408681

lundi 9 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2408681
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du CROUS de Lyon refusant le renouvellement du logement universitaire de M. D pour l’année 2024/2025. Le juge a estimé que les moyens invoqués par l’étudiant, contestant les motifs de la décision (hébergement clandestin et dette), ne créaient pas de doute sérieux sur sa légalité, sans même examiner la condition d’urgence. La requête a été rejetée sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 août 2024, M. B D demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 30 mai 2024 par laquelle le directeur général du centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de Lyon a refusé de renouveler son droit à occuper un logement en chambre universitaire, pour l'année 2024/2025 ;

2°) d'ordonner que soient mises en œuvre des mesures provisoires lui permettant de conserver son logement jusqu'à ce qu'une décision définitive soit rendue.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie car, étant étudiant étranger, il se trouve dans une situation particulièrement vulnérable, sans réseau familial sur place ; il ne peut pas trouver rapidement un autre hébergement, alors que les logements sont rares et très demandés dans la région ; cette situation, ainsi que le stress qu'elle entraîne, compromettent ses chances de succès dans ses études ;

- la décision n'est pas fondée ; en effet, ses colocataires l'ont accusé à tort d'avoir hébergé d'autres personnes dans son logement, alors qu'il était à Paris ; cette décision a de graves conséquences sur sa situation.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 5 août 2024 sous le n° 2407912 par laquelle M. D demande l'annulation de la décision du 30 mai 2024 en litige.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

2. Par décision du 30 mai 2024, le directeur général du CROUS de Lyon a refusé de renouveler le droit de M. D à occuper un logement en résidence universitaire pour l'année 2024/2025, motif pris d'une part que l'intéressé a hébergé clandestinement des personnes dans son logement, faits pour lesquels un avertissement lui a été adressé en décembre 2023, d'autre part qu'il est en dette auprès de sa résidence.

3. En l'état de l'instruction, les moyens soulevés par le requérant, à supposer d'ailleurs que ses écritures puissent être regardés comme comportant une contestation de la légalité de la mesure en litige, n'apparaissent manifestement pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision du 30 mai 2024.

4. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence est remplie, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. D dans toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D.

Copie sera adressée au CROUS de Lyon.

Fait à Lyon, le 9 septembre 2024.

Le juge des référés,

T. A

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,