Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2408943

mercredi 25 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2408943
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a ordonné au préfet de la Loire de convoquer M. C, réfugié, pour enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour. La requête portait sur un dysfonctionnement du site ANEF empêchant la délivrance d'une attestation de prolongation. Le juge a retenu l'urgence, présumée en cas de renouvellement, et a enjoint la fixation d'un rendez-vous sous huit jours, dans un délai maximal de quinze jours. La décision applique les articles L. 521-3 du code de justice administrative et L. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 septembre 2024, M. B C demande au juge des référés d'enjoindre au préfet de la Loire, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour.

Ile soutient que :

- il existe une situation d'urgence, dès lors qu'en conséquence des dysfonctionnements du site ANEF, il se trouve placé dans une situation précaire malgré ses nombreuses démarches ; il peut prétendre au renouvellement de sa carte de résident en tant réfugié ;

- la mesure demandée est utile et ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

La requête a été communiquée à la préfète de la Loire qui a produit des pièces.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". D'autre part, aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel la qualité de réfugié a été reconnue en application du livre V se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans. ".

2. Il résulte de l'instruction, et notamment du courrier électronique daté du 19 septembre 2024 produit par le préfet de la Loire que la demande de renouvellement du titre de séjour présentée par M. C, réfugié, a été enregistrée, en raison d'un dysfonctionnement du site de l'administration numérique des étrangers en France (ANEF), comme une demande " membre de famille A " ce qui fait obstacle, sans que le requérant en soit à l'origine, à la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction. Alors que l'enregistrement de la demande de renouvellement du titre de séjour de M. C nécessite que celui-ci soit reçu par les services de la préfecture, que le requérant est toujours en attente du rendez-vous nécessaire à la régularisation de sa situation à la date de la présente ordonnance, que son titre de séjour expirait le 31 août 2024 et que cette situation est de nature à lui faire perdre son emploi, M. C peut se prévaloir de la présomption d'urgence applicable en cas de demande de renouvellement d'un titre de séjour. Le préfet de la Loire ne faisant valoir aucune circonstance susceptible d'y faire échec, la condition d'urgence requise par les dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative est remplie.

3. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Loire de communiquer à M. C, dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une date en vue d'un rendez-vous en préfecture, lors duquel il pourrait être procédé à l'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour sur le site de l'ANEF, ce rendez-vous devant intervenir dans un délai n'excédant pas quinze jours.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet de la Loire de communiquer à M. C, dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une date en vue d'un rendez-vous en préfecture, lors duquel il pourrait être procédé à l'enregistrement de sa demande de titre de séjour sur le site de l'ANEF, ce rendez-vous devant intervenir dans un délai n'excédant pas quinze jours.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C, au ministre de l'intérieur et au préfet de la Loire.

Fait à Lyon le 25 septembre 2024.

La juge des référés,

Caroline Rizzato

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,