Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409019
jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409019 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 septembre 2024, M. C D demande au juge des référés du tribunal d'enjoindre à la préfète du Rhône, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de fixer sans délai un rendez-vous à son épouse Mme A D, afin qu'elle puisse déposer sa demande de titre de séjour.
Il soutient que :
- son épouse est entrée en France dans le cadre du regroupement familial munie d'un visa de long séjour valable jusqu'au 24 janvier 2024 ;
- en raison d'une erreur de leur part, son épouse n'a pas déposé de demande de carte de séjour avant l'expiration de son visa ;
- malgré plusieurs tentatives, ils n'ont pas pu obtenir de rendez-vous en préfecture ;
- il existe une situation d'urgence, dès lors que cette situation risque d'entrainer des conséquences graves pour le séjour de son épouse ; son épouse ne peut ni voyager, ni travailler, ni bénéficier d'une couverture sociale et elle ne peut pas davantage échanger son permis de conduire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation de l'étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande, et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande dans un délai raisonnable.
3. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
4. Il résulte de l'instruction que Mme A D, ressortissante tunisienne née le 23 juin 1994, a bénéficié d'un regroupement familial et est entrée en France le 14 janvier 2024 munie d'un visa valable jusqu'au 24 janvier 2024. M. D, son époux, fait valoir que malgré plusieurs tentatives elle n'a pas pu obtenir de rendez-vous en préfecture pour déposer sa demande de titre de séjour. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'épouse de M. D n'a sollicité un rendez-vous auprès de la préfecture que postérieurement à l'expiration de son visa de long séjour, par courrier du 17 avril 2024, de sorte qu'il ne peut bénéficier de la présomption d'urgence applicable en cas de demande de titre de séjour déposée pendant la période de validité du visa. En outre, à l'appui de sa demande, M. D ne justifie d'aucune démarche postérieure à l'envoi de ce courrier tendant à l'obtention d'un rendez-vous en préfecture. Enfin, en se bornant à faire état de l'impossibilité pour son épouse de voyager et de faire valoir ses droits sociaux, sans apporter de précision sur leur situation familiale, le requérant ne justifie pas d'une urgence particulière justifiant un traitement prioritaire de sa demande de rendez-vous. Dès lors, la condition d'urgence requise pour l'application de l'article L. 521-3 précité du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D.
Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 19 septembre 2024.
Le juge des référés,
T. B
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
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