Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409127

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2409127
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du 7 juin 2024 par laquelle le conseil d'administration de l'université Lyon 1 approuvait un document d'orientation stratégique pour sa transformation en établissement public expérimental. Le juge a estimé que la condition d'urgence, prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative, n'était pas remplie, le requérant n'établissant pas d'atteinte grave et immédiate à un intérêt public ou à sa situation. Il a notamment relevé que l'approbation du document stratégique n'engageait pas celle des futurs statuts. La requête a donc été rejetée sans examen du doute sérieux sur la légalité, sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 septembre 2024, M. B C demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la délibération du 7 juin 2024 du conseil d'administration de l'université Lyon 1 Claude Bernard approuvant le document d'orientation stratégique décrivant le projet de transformation de l'université en établissement public expérimental.

Il soutient que :

- il y a urgence à suspendre cette délibération car l'approbation des statuts de l'établissement public expérimental doit avoir lieu lors d'une séance extraordinaire du conseil d'administration devant se tenir le 4 octobre prochain ; il importe qu'à cette occasion, les administrateurs ne se sentent pas liés par l'engagement qu'ils auraient pris dans le cadre de la délibération litigieuse ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la délibération contestée ; en effet, les membres du conseil n'ont pas reçu toute l'information requise ; l'université Lumière Lyon 2 est absente du document approuvé ; il n'est pas justifié que le conseil académique ait été consulté, comme le prévoient les dispositions de l'article L. 712-6-1 du code de l'éducation ; aucune expertise n'a permis d'évaluer les risques du projet.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.

3. Pour soutenir qu'il y a urgence à suspendre la délibération du 7 juin 2024 en litige, M. C, membre du conseil d'administration de l'université Claude Bernard Lyon 1, se borne à faire valoir qu'une séance extraordinaire du conseil d'administration est prévue le 4 octobre 2024 pour approuver les statuts de l'établissement public expérimental. Toutefois, et contrairement à ce qu'il semble prétendre, l'approbation du document d'orientation stratégique n'emporte pas nécessairement celle des statuts, et il ne résulte aucunement de l'instruction que les membres du conseil d'administration ne pourraient faire part lors de la prochaine séance de leurs positions ou hésitations sur le projet. En tout état de cause, le requérant ne précise pas en quoi il résulterait de cette succession de délibérations une atteinte grave et immédiate à un intérêt qu'il entend défendre. Par suite, la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonnent le prononcé d'une suspension d'un acte administratif n'est pas remplie.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu d'examiner s'il est fait état d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la délibération en litige, que la requête de M. C doit être rejetée par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C.

Copie en sera adressée à l'université Claude Bernard Lyon 1.

Fait à Lyon, le 18 septembre 2024.

Le juge des référés,

T. A

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

N°2409127