Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409191
vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409191 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | ELOIGNEMENT |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 septembre 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 12 septembre 2024 par lequel la préfète du Rhône a renouvelé son assignation à résidence dans le département du Rhône pour une durée de quarante-cinq jours.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté attaqué ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant refus de délai de départ volontaire est dépourvue de motivation et méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La préfète du Rhône a produit des pièces le 17 septembre 2024.
La présidente du tribunal a désigné M. Richard-Rendolet, premier conseiller, pour statuer en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Le rapport de M. Richard-Rendolet a été entendu au cours de l'audience publique
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant géorgien né en 1983, M. A B demande l'annulation de l'arrêté du 12 septembre 2024 par lequel la préfète du Rhône a renouvelé son assignation à résidence dans le département du Rhône pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'arrêté attaqué a été signé par Mme D C, chargée de mission au bureau de l'éloignement de la préfecture du Rhône, en vertu de la délégation de signature qui lui a été donnée par un arrêté de la préfète du Rhône du 15 mai 2024, publié le lendemain au recueil des actes administratifs de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté du 12 septembre 2024 doit être écarté.
3. L'arrêté critiqué, qui fait en particulier état de la mesure d'éloignement prise à l'encontre de M. B et indique que son éloignement demeure une perspective raisonnable, comporte les éléments de fait et de droit qui donne son fondement à la décision d'assignation à résidence qu'il contient. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision en litige doit être écarté.
4. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article L. 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / (.) ".
5. Si M. B expose que la décision de renouvellement de son assignation à résidence porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressé a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire le 1er août 2024 et qu'il n'a pas encore pu être éloigné en destination de son pays d'origine. Dans ces conditions, et alors que M. B ne fait état d'aucune circonstance s'opposant à son assignation dans le département du Rhône et à son pointage bi-hebdomadaire à la direction de la police aux frontières, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par suite, être écarté.
6. Si M. B fait valoir sans autre précision que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il ne fait état d'aucun élément au soutien de ce moyen qui, par suite, doit être écarté.
7. Enfin, si le requérant soutient que la décision portant refus de délai de départ volontaire est entachée d'illégalité pour défaut de motivation et méconnaissance des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce moyen relève d'un litige distinct, les conclusions à fin d'annulation dans la présente instance étant uniquement dirigées contre le renouvellement de son assignation à résidence. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. B dirigées contre l'arrêté du 12 septembre 2024 doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : la requête de M. B est rejeté.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
F-X. Richard-RendoletLa greffière,
F. Gaillard
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
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