Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409210
mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409210 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JU 6ème chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 septembre 2024 à 10 heures 02 et deux mémoires complémentaires le 15 septembre 2024 et le 16 septembre 2024 produits avant que ne soit prononcée la clôture d'instruction, M. C A et M. E B, représentés par Me Candon, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 septembre 2024 par lequel le préfet de la Loire a mis en demeure les propriétaires, occupants ou utilisateurs des véhicules installés aux abords du parking du stade de l'Envol Stadium situé rue Corinne Bourneton à Andrézieux-Bouthéon (42160), de quitter ces lieux dans un délai de 24 heures à compter de sa notification ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence du signataire de l'acte ;
- elle est illégale comme dépourvue de base légale et violant l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000, car elle se fonde expressément et nécessairement sur l'arrêté du président de Saint Etienne Métropole du 21 juillet 2022 interdisant le stationnement des gens du voyage hors les terrains prévus à cet effet dès lors que :
* cet arrêté du 21 juillet 2022 n'était pas exécutoire n'ayant pas été préalablement affiché ni publié au recueil des actes administratifs de cette commune, ni même transmis au préfet de la Loire pour contrôle de la légalité, en méconnaissance des articles L. 2131-1 et L. 2131-2 du code général des collectivités territoriales ;
* cet arrêté du 21 juillet 2022 est illégal car Saint Etienne Métropole n'a pas satisfait, à la date de l'arrêté d'interdiction ainsi qu'à la date de la décision attaquée et aujourd'hui, à toutes ses obligations d'accueil des gens du voyage énoncées à l'article 1er de loi du 5 juillet 2000 et au schéma départemental d'accueil des gens du voyage de la Loire ;
- la décision attaquée méconnaît l'article 9 de la loi du 5 juillet 2020 en l'absence d'atteinte à la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publique ;
- la décision est entachée d'erreur d'appréciation en fixant un délai de 24 heures pour quitter les lieux ;
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Segado, président de la sixième chambre, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 779-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Segado, président,
- les observations de M. A, requérant, qui a notamment exposé que le terrain de l'aire de grand passage d'Andrézieux-Bouthéon n'est pas conforme à sa destination en raison des intempéries et qu'ils ne peuvent l'utiliser.
M. Segado a prononcé la clôture de l'instruction à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort du rapport des services de la police municipale d'Andrézieux-Bouthéon et du procès-verbal de renseignement administratif établi par la brigade gendarmerie d'Andrézieux-Bouthéon, qu'il a été constaté à compter du 8 septembre 2024 la présence de gens du voyage installés sur le parking P2 du stade de l'envol Stadium situé rue Dorine Bourneton, ce procès-verbal recensant la présence de 37 véhicules, de 47 caravanes et d'une centaine de personnes. Par un arrêté du 12 septembre 2024, le préfet de la Loire a mis en demeure les propriétaires, occupants ou utilisateurs des véhicules installés aux abords du parking du stade de l'Envol Stadium situé rue Corinne Bourneton à Andrézieux-Bouthéon (42160), de quitter ces lieux dans un délai de 24 heures à compter de sa notification. Les requérants demandent l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 : " I.- Dès lors qu'une commune remplit les obligations qui lui incombent en application de l'article 2, son maire ou, à Paris, le préfet de police peut, par arrêté, interdire en dehors des aires d'accueil aménagées le stationnement sur le territoire de la commune des résidences mobiles mentionnées à l'article 1er. Ces dispositions sont également applicables aux communes non inscrites au schéma départemental mais dotées d'une aire d'accueil, ainsi qu'à celles qui décident, sans y être tenues, de contribuer au financement d'une telle aire ou qui appartiennent à un groupement de communes qui s'est doté de compétences pour la mise en œuvre du schéma départemental. / () II.-En cas de stationnement effectué en violation de l'arrêté prévu au I, le maire, le propriétaire ou le titulaire du droit d'usage du terrain occupé peut demander au préfet de mettre en demeure les occupants de quitter les lieux. / La mise en demeure ne peut intervenir que si le stationnement est de nature à porter atteinte à la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques. / La mise en demeure est assortie d'un délai d'exécution qui ne peut être inférieur à vingt-quatre heures. Elle est notifiée aux occupants et publiée sous forme d'affichage en mairie et sur les lieux. Le cas échéant, elle est notifiée au propriétaire ou titulaire du droit d'usage du terrain. / () II bis. -Les personnes destinataires de la décision de mise en demeure prévue au II, ainsi que le propriétaire ou le titulaire du droit d'usage du terrain peuvent, dans le délai fixé par celle-ci, demander son annulation au tribunal administratif. Le recours suspend l'exécution de la décision du préfet à leur égard. Le président du tribunal ou son délégué statue dans un délai de quarante-huit heures à compter de sa saisine () ". Les modalités selon lesquelles les requêtes formées par une personne destinataire d'une telle mise en demeure sont instruites et jugées sont fixées par les dispositions des articles L. 779-1 et R. 779-1 et suivants du code de justice administrative.
3. Aux termes de l'article 1er de la loi du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage : " I. - Les communes participent à l'accueil des personnes dites gens du voyage et dont l'habitat traditionnel est constitué de résidences mobiles installées sur des aires d'accueil ou des terrains prévus à cet effet. () II. - Dans chaque département, () un schéma départemental prévoit les secteurs géographiques d'implantation et les communes où doivent être réalisés : 1° Des aires permanentes d'accueil, ainsi que leur capacité ; 2° Des terrains familiaux locatifs aménagés et implantés dans les conditions prévues à l'article L. 444-1 du code de l'urbanisme et destinés à l'installation prolongée de résidences mobiles, le cas échéant dans le cadre des mesures définies par le plan départemental d'action pour le logement et l'hébergement des personnes défavorisées, ainsi que le nombre et la capacité des terrains ; 3° Des aires de grand passage, destinées à l'accueil des gens du voyage se déplaçant collectivement à l'occasion des rassemblements traditionnels ou occasionnels, ainsi que la capacité et les périodes d'utilisation de ces aires. () Les communes de plus de 5 000 habitants figurent obligatoirement au schéma départemental. ". L'article 2 de la même loi dispose : " I. A. Les communes figurant au schéma départemental et les établissements publics de coopération intercommunale compétents en matière de création, d'aménagement, d'entretien et de gestion des aires d'accueil des gens du voyage et des terrains familiaux locatifs définis aux 1° à 3° du II de l'article 1er sont tenus, dans un délai de deux ans suivant la publication de ce schéma, de participer à sa mise en œuvre. B. Les communes membres d'un établissement public de coopération intercommunale compétent remplissent leurs obligations en accueillant sur leur territoire les aires et terrains mentionnés au A du présent I. L'établissement public de coopération intercommunale compétent remplit ses obligations en créant, en aménageant, en entretenant et en assurant la gestion des aires et terrains dont le schéma départemental a prévu la réalisation sur son territoire. Il peut retenir un terrain d'implantation pour une aire ou un terrain situé sur le territoire d'une commune membre autre que celle figurant au schéma départemental, à la condition qu'elle soit incluse dans le même secteur géographique d'implantation. L'établissement public de coopération intercommunale compétent peut également remplir ses obligations en contribuant au financement de la création, de l'aménagement, de l'entretien et de la gestion d'aires ou de terrains situés hors de son territoire. Il peut, à cette fin, conclure une convention avec un ou plusieurs autres établissements publics de coopération intercommunale ".
4. Aux termes de l'article L. 5211-9-2 du code général des collectivités territoriales : " I. - A. : - () /Par dérogation à l'article 9 de la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage, lorsqu'un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre est compétent en matière de réalisation d'aires d'accueil ou de terrains de passage des gens du voyage, les maires des communes membres de celui-ci transfèrent au président de cet établissement leurs attributions dans ce domaine de compétences. / () / II. - Lorsque le président de l'établissement public de coopération intercommunale prend un arrêté de police dans les cas prévus au I du présent article, il le transmet pour information aux maires des communes concernées dans les meilleurs délais. A la date du transfert des pouvoirs mentionnés au I, le président de l'établissement public de coopération intercommunale est substitué aux maires concernés dans tous les actes relevant des pouvoirs transférés. / () / III. - () Si un ou plusieurs maires des communes concernées se sont opposés au transfert de leurs pouvoirs de police, le président de l'établissement public de coopération intercommunale ou du groupement de collectivités territoriales peut renoncer, dans chacun des domaines mentionnés au A du I, à ce que les pouvoirs de police spéciale des maires des communes membres lui soient transférés de plein droit, dans un délai d'un mois suivant la fin de la période pendant laquelle les maires étaient susceptibles de faire valoir leur opposition. Il notifie sa renonciation à chacun des maires des communes membres. Dans ce cas, le transfert des pouvoirs de police n'a pas lieu ou, le cas échéant, prend fin à compter de cette notification, sur l'ensemble du territoire de l'établissement public de coopération intercommunale ou du groupement de collectivités territoriales. / (). ".
5. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que lorsqu'une commune inscrite au schéma départemental est dotée d'une aire d'accueil ou est membre d'un groupement de commune qui est compétent pour la mise en œuvre du schéma départemental, le préfet ne peut mettre en œuvre la procédure prévue à l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 que si un arrêté y interdit le stationnement des résidences mobiles. Si les obligations d'une commune en matière de réalisation d'aires d'accueil ou de terrains de passage des gens du voyage ont été transférées à un établissement public de coopération intercommunal à fiscalité propre, il appartient alors au président de cet établissement public de prendre l'arrêté interdisant le stationnement des résidences mobiles.
6. En premier lieu, la décision litigieuse a été signée par M. D F, directeur de cabinet de la préfecture de la Loire, qui a reçu délégation à cet effet par un arrêté du préfet de la Loire du 10 septembre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Loire le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
7. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, que Saint-Etienne Métropole dispose de la compétence en matière d'accueil des gens du voyage sur son territoire en lieu et place de ses communes membres, dont la commune d'Andrézieu-Bouthéon, que ladite métropole exerce ainsi les pouvoirs de police spéciale relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage et que, par arrêté du 21 juillet 2022, le président de cet établissement public de coopération intercommunale a interdit sur son territoire le stationnement des résidences mobiles des gens du voyage en dehors des aires d'accueil, de passage et des terrains familiaux locatifs de Saint-Étienne Métropole. Comme l'exposent les requérants, l'arrêté de mise en demeure en litige est ainsi fondé sur cet arrêté du 21 juillet 2022.
8. Tout d'abord, il ressort des pièces du dossier que cet arrêté du 21 juillet 2022 a fait l'objet d'une publication sur le site internet de Saint-Etienne métropole le 22 juillet 2022 et qu'il a été transmis et reçu en préfecture de la Loire ce même 22 juillet 2022, comme en disposent les articles L. 2131-1 et L. 5211-3 du code général des collectivités territoriales. Par suite les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté en cause n'est pas devenu exécutoire pour contester la légalité de la décision attaquée.
9. Ensuite, les requérants font valoir, par voie d'exception, que la métropole n'est pas en règle avec les prescriptions du schéma départemental d'accueil des gens du voyage 2022-2027, et qu'en l'espèce cet arrêté d'interdiction était ab initio illégal et est aujourd'hui illégal pour ne pas respecter les obligations prescrites par ce schéma.
11. Toutefois, comme en dispose le schéma départemental, est présente sur la commune d'Andrézieux-Bouthéon une aire de grand passage d'une capacité de 120 places, en service depuis septembre 2009, faisant l'objet d'une séparation en deux parties (80 et 40 places) pour faciliter la gestion des grands passages y compris de groupes nécessitant moins de 50 places. Alors qu' il ressort par ailleurs des pièces du dossier que des véhicules et caravanes d'un autre groupe sont déjà installés sur cette aire de grand passage, sans qu'il soit fait état de difficultés particulières liées à cette installation, et que, selon notamment le rapport d'information établi par les services de la police municipale, la société gestionnaire de cette aire, mandatée par Saint-Etienne Métropole, a proposé dès le 9 septembre 2024, le lendemain de leur installation irrégulière sur un parking du stade de l'Envol Stadium, aux gens du voyage installés sur ce parking de se rendre sur cette aire de passage qu'elle estimait en bon état pour les accueillir, ce qu'ils ont refusée, les éléments produits dans le dossier et notamment les photographies communiquées par les requérants ne suffisent pas à établir que, comme ils le prétendent, cette aire ne serait pas conforme à sa destination et que notamment, en raison des intempéries, son état serait incompatible avec l'installation des véhicules et caravanes des intéressés. Par ailleurs, si les requérants font valoir qu'un panneau situé à l'entrée de cette aire mentionne que l'aire se trouve dans une zone exposée à un risque industriel, il n'est pas établi qu'ils ne pourraient prendre les mesures de protection indiquées et que ce risque industriel ferait nécessairement obstacle à ce que les intéressés occupent cette aire en raison des dangers qu'ils pourraient encourir.
12. Les requérants font aussi valoir que la délibération de Saint-Etienne Métropole du 30 mai 2024 approuve, avec une demande de subvention du 7 mars 2024, le projet prévu au schéma départemental de création de terrains locatifs familiaux à Roche-la-Molière, terrains qui sont destinés à répondre à une demande des gens du voyage souhaitant disposer d'un ancrage territorial à travers un lieu stable et privatif sans pour autant renoncer au voyage une partie de l'année ce qui au demeurant ne concerne pas la situation des requérants, avec le maintien de cinq places en aire d'accueil à Roche-la-Molière, ce qui correspond au nombre de places mises en service depuis juin 2006 sur cette commune. Les requérants relèvent alors à ce sujet que le schéma indiquait une échéance de mise en service "2022-2023 " pour la réalisation de ce projet de terrain familial. Ils soutiennent que ce projet, en cours d'exécution, n'était pas ainsi réalisé à la date de l'édiction de l'arrêté d'interdiction comme à la date de l'arrêté attaqué. Ils exposent également qu'il y est mentionné la réalisation de travaux de réhabilitation et de mise aux normes de l'aire permanente d'accueil. Toutefois, et alors qu'au demeurant, comme il a été dit ci-dessus, il a été proposé aux requérants dans le cadre " d'une médiation " de stationner l'ensemble des caravanes en question sur l'aire de grand passage d'Andrézieux-Bouthéon disposant des équipements nécessaires et située à 500 mètres du parking du stade occupé par les requérants, ce que les intéressés ont refusé sans qu'il soit justifié de l'impossibilité pour eux d'y stationner, les éléments ainsi exposés et produits par les requérants ne suffisent ni à établir que l'état des 5 aires d'accueil existantes à Roche-la-Molière ne peuvent légalement accueillir des gens du voyage, ni à regarder Saint-Etienne Métropole comme ayant commis des manquements à ses obligations en matière de réalisation d'aires d'accueil ou de terrains de passage des gens du voyage de nature à entacher l'arrêté d'interdiction d'illégalité, depuis son l'origine ou à la date de la décision attaquée. Par ailleurs, les requérants ne produisent pas davantage d'éléments établissant que Saint-Etienne Métropole ne respecterait pas ses autres obligations en matière d'aire d'accueil et de terrains de passages, notamment, s'agissant du projet de création de terrain familial/habitat sur la commune de La Talaudière, du maintien d'une capacité de 19 places d'accueil à l'échelle de la métropole jusqu'à la réévaluation des besoins.
13. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté préfectoral attaqué serait illégal en raison de l'illégalité de l'arrêté du 21 juillet 2022 du président de Saint-Etienne métropole interdisant sur son territoire le stationnement des résidences mobiles des gens du voyage en dehors des aires d'accueil, de passage et des terrains familiaux locatifs de Saint-Étienne Métropole.
14. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment de celles produites par le préfet de la Loire, que le terrain occupé depuis le 8 septembre 2024, est situé à proximité d'un stade et n'est pas adapté au stationnement prolongé de résidences mobiles, en l'absence de circuit organisé d'enlèvement des ordures ménagères et de raccordement aux réseaux d'assainissement et de distribution d'eau potable, le rapport de gendarmerie relevant par ailleurs la présence de restaurants à proximité. Il ressort également des pièces du dossier que les occupants ont effectué, pour alimenter les caravanes, des branchements électriques sauvages présentant des risques pour la sécurité publique, notamment un branchement sur le poteau EDF sur lequel les intéressés ont indiqué danger de mort et pouvant conduire à l'électrocution de personnes, ainsi qu'un branchement sauvage mis en place sur une borne incendie pouvant constituer un obstacle à une intervention des services d'incendie et de secours en cas de sinistre, bien que ce branchement sauvage porte sur une seule des trois prises d'eau selon la photographie produite. Ainsi, et alors qu'il n'apparaît pas qu'ils ne pourraient pas séjourner régulièrement sur l'aire de grand passage située sur la même commune non loin de ce parking, ces éléments suffisent à regarder le préfet comme ayant pu légalement estimer, sans commettre d'erreur d'appréciation et sans méconnaitre l'article 9 de la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000, que le stationnement illicite en cause est de nature à porter atteinte à la salubrité, la sécurité et la tranquillité publiques au sens des dispositions précitées, en dépit de ce que les intéressés indiquent dans leurs écritures, déclarations confirmées par M. A en audience, qu'ils envisagent de quitter ce parking le dimanche 22 septembre prochain, alors qu'au demeurant selon le rapport de la police municipale et le procès-verbal de gendarmerie établis les 10 et 11 septembre, le responsable des gens du voyage rencontré par ces services s'était engagé à quitter les lieux le dimanche 15 septembre 2024 compte tenu des conditions climatiques.
15. En dernier lieu, dans les circonstances de l'espèce et au regard de ce qui a été exposé ci-dessus, en fixant un délai de vingt-quatre heures, qui est le minimum prévu par l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000, le préfet n'a pas entaché son arrêté d'une erreur d'appréciation.
16. Il résulte de ce qui précède, que M. C A et M. E B ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision qu'ils contestent.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. C A et M. E B doivent être rejetées, y compris leurs conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C A et M. E B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et M. E B et au préfet de la Loire.
Fait à Lyon, le 17 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
J. Segado
La greffière,
A. Senoussi
La République mande et ordonne au préfet de la Loire, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Décisions similaires
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2618596
01/09/2026
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2618522
01/09/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2604282
01/09/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2503670
01/09/2026