Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409267

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2409267
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantLEXSPECIALITIES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du préfet de la Nièvre suspendant le permis de conduire de M. B pour six mois. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car la décision contestée, fondée sur une infraction de conduite sous stupéfiants établie par test salivaire, répondait à des exigences de sécurité routière. La requête a été rejetée sur le fondement des articles L. 521-3 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Michalon, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 1er août 2024 du préfet de la Nièvre portant suspension de son permis de conduire pour une durée de six mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Nièvre de lui restituer son permis de conduire à titre provisoire ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 400 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il n'a commis aucune infraction grave s'opposant à la restitution de son permis de conduire depuis plus de trois ans ; la détention d'un permis de conduire est vitale pour lui à titre personnel et professionnel ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision dès lors que l'existence de l'infraction qui lui est reprochée est douteuse, il a été autorisé à reprendre son véhicule après son interpellation, il ne prend pas de stupéfiants.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 16 septembre 2024 sous le n° 2409266 et la requête enregistrée le 17 septembre 2024 sous le n° 2409270 par lesquelles M. B demande l'annulation de la décision en litige.

Vu :

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Pour justifier de l'urgence à prononcer les mesures demandées, M. B indique qu'il doit disposer de son permis de conduire dans l'exercice de son activité professionnelle ainsi que pour ses activités personnelles. Cependant, si la décision contestée est susceptible de gêner l'exercice par le requérant de ses activités professionnelles, toutefois, eu égard à la nature et à la gravité de l'infraction retenue à savoir la conduite alors que le conducteur avait fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants établie par un test salivaire, la décision en litige répond à des exigences de protection et de sécurité routière. Dans ces circonstances, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.

3. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais d'instance selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Lyon le 18 septembre 2024.

La juge des référés,

Caroline Rizzato

La République mande et ordonne au préfet de la Nièvre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,