Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409337

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2409337
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de M. B A qui demandait l’annulation de la décision de la préfète du Rhône du 10 septembre 2022 l’assignant à résidence pour quarante-cinq jours. Le juge a constaté que la requête, enregistrée le 17 septembre 2024, était tardive car introduite au-delà du délai de recours de sept jours prévu par les articles L. 732-8 et L. 921-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. La notification de la décision d’assignation, effectuée le 10 septembre 2024, mentionnait pourtant les voies et délais de recours. En conséquence, la requête a été rejetée comme manifestement irrecevable sur le fondement de l’article R. 922-17 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 septembre 2024, M. B A, représenté par la SELARL Chauplannaz et Avocats Associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 10 septembre 2022 par laquelle la préfète du Rhône l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens et une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Feron pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 921-1 à L. 922-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le jugement est rendu, sans conclusions du rapporteur public, par le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cet effet. Les attributions dévolues par les dispositions réglementaires du code de justice administrative à la formation de jugement ou à son président sont exercées par ce magistrat. Il peut, par ordonnance : () 4° Rejeter les recours entachés d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance ". Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".

2. D'autre part, aux termes de l'article L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision d'assignation à résidence prise en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-1 peut être contestée selon la procédure prévue à l'article L. 921-1 ". Aux termes de l'article L. 921-1 du même code : " Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de sept jours à compter de la notification de la décision. (). "

3. Il ressort des pièces du dossier que la décision d'assignation en litige a été notifiée à M. A le 10 septembre 2024 à 14 heures 15. Cette notification comportait la mention des voies et délais de recours. Or M. A a introduit sa requête le 17 septembre 2024 à 17 heures 53, soit après l'expiration du délai de recours contentieux non franc de sept jours fixé par les dispositions précitées. Cette requête est donc tardive et ne peut qu'être rejetée comme manifestement irrecevable.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon, le 1er octobre 2024.

La magistrate déléguée,

C. Feron

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Une greffière,

N°2409337