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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2409474

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409474

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2409474
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL BS2A BESCOU ET SABATIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2024, M. A B, représenté par la SELARL BS2A Bescou et Sabatier Avocats Associés, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre au préfet de la Loire, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui fixer une date de rendez-vous à la première date utile afin de lui permettre de déposer sa demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire, dans l'hypothèse où son dossier serait complet, d'enregistrer sa demande de titre de séjour lors de ce rendez-vous et de lui délivrer un récépissé constatant le dépôt de cette demande ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 200 euros TTC sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ; il tente d'obtenir un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour depuis plusieurs mois ; plus aucune plage de rendez-vous n'est proposée depuis plus de neuf mois ; cette impossibilité de déposer sa demande de titre de séjour prolonge sa situation d'irrégularité, le place dans une situation de précarité et l'expose à un risque d'éloignement ; cela fait par ailleurs obstacle à ce qu'il puisse obtenir une autorisation de travail ;

- la mesure sollicitée est utile et ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire enregistré le 24 septembre 2024, non communiqué, le préfet de la Loire indique n'avoir aucune observation à formuler et s'en remettre à la sagesse du tribunal.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

2. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

3. En l'espèce, M. B, ressortissant marocain née en 1982 soutient avoir tenté sans succès d'obtenir un rendez-vous sur le site internet de la préfecture depuis septembre 2023 et établit avoir déposé une demande de rendez-vous en vue du dépôt d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour le 12 juillet 2024. Le requérant fait valoir qu'il est depuis dans l'attente d'un rendez-vous. Le requérant indique qu'il réside en France depuis 2018 et n'établit ni même ne soutient avoir demandé la régularisation de sa situation avant, au plus tôt, septembre 2023. Ainsi, ses démarches restent très récentes et, si le requérant fait valoir qu'il réside auprès de sa mère, titulaire d'une carte de résident, ces éléments ne caractérisent pas une situation d'urgence justifiant un traitement prioritaire de sa demande. Par suite, la condition d'urgence requise par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative n'est pas remplie.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction sous astreinte de la requête doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquences les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de la Loire.

Fait à Lyon le 10 octobre 2024.

La juge des référés,

Caroline Rizzato

La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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