Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409527
jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409527 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2024, Mme E C née D et M. B C demandent au juge des référés :
1°) de prononcer, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution des décisions 23 juillet 2024 par lesquelles le président du département du Rhône a prononcé la suspension de leurs agréments d'assistant familial pour une durée de quatre mois ;
2°) de mettre à la charge du département du Rhône la somme de 250 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- sur la condition d'urgence : les enfants qui leurs ont été confiés ont été affectés par les conséquences de la suspension et ont été contraints d'ajourner des soins commencés ; l'un des enfants en particulier rencontre de graves difficultés de séparation, compte tenu de son attachement très exclusif à Mme C ; ils subissent un préjudice financier, leurs revenus ayant baissé d'environ 2 1000 euros par mois, ce qui ne leur permet plus de faire face à leurs charges ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées, les moyens tirés de leur insuffisante motivation, de la méconnaissance de leur droit à être entendus, de ce que les décisions sont fondées sur des faits ne présentant pas de caractère suffisant de vraisemblance, de ce que c'est à tort que l'autorité administrative a estimé que les conditions d'accueil ne garantissent plus la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative et la requête n° 2409526 par laquelle M. et Mme C demandent l'annulation des décisions du 23 juillet 2024..
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C bénéficient chacun d'un agrément d'assistant familial délivré par le département du Rhône. Informé qu'une enquête de gendarmerie était diligentée pour des faits inquiétants et graves susceptibles de s'être déroulés, révélés par l'un des enfants accueillis à leur domicile, le président du département du Rhône a prononcé la suspension pour une durée de quatre mois de leurs agréments, par deux décisions du 23 juillet 2024. Les intéressés demandent au juge des référés de surseoir à l'exécution de ces décisions.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
4. Pour soutenir qu'il y a urgence à prononcer la suspension des décisions du 23 juillet 2024, M. et Mme C soutiennent qu'elles les placent dans une situation financière difficile. Toutefois, il est constant que les intéressés continuent de percevoir chacun un salaire, dont le montant total atteint près de 3 000 euros. S'ils font valoir que, ne percevant plus les indemnités d'un montant d'environ 2 000 euros par mois qui leur étaient versées, ils ne peuvent plus couvrir leurs charges, qu'ils estiment à 4 383 euros par mois, ils font eux-mêmes valoir qu'ils ont pu réduire certaines de leurs dépenses. En tout état de cause, les décisions litigieuses ont été prises pour une durée limitée à quatre mois, et, ayant été prises en juillet 2024, ont déjà épuisé environ la moitié de leurs effets, sans qu'il ne résulte de l'instruction que la situation patrimoniale des requérants ne leur permettrait pas de faire face à cette baisse très temporaire de revenus. Enfin, si M. et Mme C font état des conséquences des décisions sur les enfants qui leur ont été confiés, ils n'apportent aucun élément précis justifiant d'une atteinte à leur intérêt, alors que ces décisions visent précisément à protéger les enfants accueillis, dans l'attente des résultats de l'enquête de gendarmerie sur les faits dénoncés par un enfant, de sorte d'ailleurs qu'un motif d'intérêt général s'opposerait à la suspension de l'exécution de la décision. Par suite, la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie en l'espèce.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. et Mme C doit être rejetée par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme E C née D et M. B C.
Copie en sera adressée au département du Rhône.
Fait à Lyon, le 26 septembre 2024.
Le juge des référés,
T. A
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
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