Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409545
jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409545 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | HAJI KASEM |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par un courrier enregistré le 2 septembre 2024, Mme B A, représentée par Me Haji Kasem, a saisi le tribunal administratif de Lyon d'une demande tendant à obtenir l'exécution de l'ordonnance n° 2404458 rendue par le juge des référés le 22 mai 2024.
Par une ordonnance du 24 septembre 2024, la présidente du tribunal administratif de Lyon a, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, ouvert une procédure juridictionnelle tendant à ce que soit assurée l'exécution de cette ordonnance.
Par son courrier du 2 septembre 2024, Mme A, représentée par Me Haji Kasem, demande au tribunal d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au jugement de sa requête au fond.
Par un mémoire en défense et des pièces, enregistrés le 16 octobre 2024, la préfète du Rhône conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bertolo, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique, tenue le 17 octobre 2024 en présence de Mme Bon-Mardion, greffière d'audience, au cours de laquelle a été entendu le rapport de M. Bertolo.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une ordonnance n° 2404458 du 22 mai 2024, le juge des référés du tribunal a enjoint à la préfète du Rhône, dans l'attente du jugement de l'affaire n° 2404457, de munir Mme A d'un document portant autorisation provisoire de séjour et de travail dans un délai de huit jours. La préfecture du Rhône a délivré à Mme A une attestation de prolongation d'instruction valable du 30 mai 2024 au 29 août 2024. Par une ordonnance du 24 septembre 2024, la présidente du tribunal administratif de Lyon a fait droit à la demande de M. A tendant à l'ouverture d'une procédure juridictionnelle en vue d'assurer l'exécution de cette ordonnance.
2. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. " Aux termes de l'article L. 911-4 du même code : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / (). ". En application de l'article R. 921-6 de ce code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, (), le président () du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. / () L'affaire est instruite et jugée d'urgence. Lorsqu'elle prononce une astreinte, la formation de jugement en fixe la date d'effet. "
3. Il résulte de ces dispositions que, lorsque la décision faisant l'objet de la demande d'exécution prescrit déjà les mesures qu'elle implique nécessairement en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, il appartient, le cas échéant, au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 de ce code, d'apprécier l'opportunité de compléter les mesures déjà prescrites ou qu'il prescrit lui-même par la fixation d'un délai d'exécution et le prononcé d'une astreinte suivi, si nécessaire, de la liquidation de celle-ci, en tenant compte tant des circonstances de droit et de fait existant à la date de sa décision que des diligences déjà accomplies par les parties tenues de procéder à l'exécution de la chose jugée ainsi que de celles qui sont encore susceptibles de l'être.
4. Il résulte de l'instruction que la préfète du Rhône a délivré à Mme A une attestation de prolongation d'instruction valable du 30 mai 2024 au 29 août 2024, et qu'une nouvelle attestation valable du 4 octobre au 3 janvier 2025 lui a été remis le 4 octobre 2024. Contrairement à ce que demande Mme A, l'exécution de l'ordonnance n° 2404458 du 22 mai 2024 du juge des référés n'implique pas que la préfète du Rhône lui délivre une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au jugement de sa requête au fond, mais simplement que la préfète du Rhône munisse l'intéressée d'un document portant autorisation provisoire de séjour et de travail, document qui peut être renouvelé de manière périodique, la préfète du Rhône devant néanmoins veiller à la continuité de l'autorisation délivrée. Par suite, eu égard à ce qui a été dit, il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de Mme A, le surplus des conclusions de la requête de Mme A devant être rejeté.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de Mme A tendant à obtenir l'exécution de l'ordonnance n° 2404458 rendue par le juge des référés le 22 mai 2024.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Me B A et à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon le 17 octobre 2024.
Le juge des référés,
C. Bertolo
La greffière,
L. Bon-Mardion
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
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