Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409633

lundi 18 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2409633
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de Mme B contestant une décision de la caisse d'allocations familiales de la Loire lui accordant une remise partielle de dette d'aide personnelle au logement. La requérante sollicitait une remise totale de sa dette de 3 334,86 euros en invoquant sa bonne foi et sa situation de précarité. Le juge a considéré que la requête ne comportait pas de précisions suffisantes sur les ressources et charges de Mme B pour apprécier le bien-fondé de sa demande, malgré une demande de régularisation. En application des articles R. 222-1 et R. 772-6 du code de justice administrative, la requête a été rejetée comme manifestement non assortie des précisions nécessaires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 septembre 2024, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 4 septembre 2024, par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Loire lui a seulement accordé une remise partielle de dette à hauteur de 833,72 euros de sa dette d'aide personnelle au logement d'un montant total de 3 334,86 euros, laissant à sa charge 2 227,74 euros ;

2°) de lui en accorder la remise totale ;

3°) d'enjoindre la caisse d'allocations familiales de la Loire de rembourser les retenues déjà effectuées.

Elle soutient que :

- elle est de bonne foi ;

- sa situation de précarité ne lui permet pas de rembourser la somme due.

Par un courrier du 26 septembre 2024 envoyé par l'intermédiaire de l'application Télérecours, le greffe du tribunal a invité Mme B, en application de l'article R. 772-6 du code de justice administrative, à motiver et compléter sa requête, dans un délai d'un mois, en indiquant précisément au tribunal l'objet de sa demande et en présentant une argumentation destinée à montrer que la décision contestée méconnaît ses droits.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (). ".

2. En matière de contentieux sociaux, l'article R. 772-6 du même code dispose : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur de travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, d'apprécier, en application de l'article L.553-2 du code de la sécurité sociale, si une remise gracieuse est susceptible d'être accordée au regard de la situation de précarité et de la bonne foi du requérant. A cet égard, il ne lui appartient pas de statuer sur le bienfondé de l'indu.

4. Aux termes de l'article R. 611-8-2 du même code : " Toute juridiction peut adresser par le moyen de l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-1, à une partie ou à un mandataire qui y est inscrit, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre pour tout dossier. ". Aux termes de l'article R. 611-8-6 du même code : " Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties sont alertées de toute nouvelle communication ou notification par un message électronique envoyé à l'adresse choisie par elles. ".

5. En dépit de la demande de régularisation qui lui a été adressée le 26 septembre 2024 par l'intermédiaire de l'application Télérecours et dont elle est, dès lors, réputée avoir connaissance, Mme B n'a pas retourné le formulaire. Dans sa requête, elle se borne à soutenir qu'elle est de bonne foi, et que sa situation de précarité ne lui permet pas de rembourser les sommes dues, notamment au regard de la composition de son foyer. Toutefois, si elle transmet ses échanges avec la caisse d'allocations familiales de la Loire et ses relevés de droits et de paiements, elle ne fournit pas de pièces renseignant sur le montant de ses ressources et de ses charges, permettant, le cas échéant, de lui accorder une remise. Ainsi, les conclusions aux fins de remise de dette doivent être rejetées, de même que les conclusions aux fins de remboursement des retenues déjà effectuées. Dans ces conditions, la requête, qui ne comporte que l'énoncé de moyens manifestement non assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé, doit être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Lyon, le 18 novembre 2024.

La première vice-présidente,

D. Jourdan

La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.