Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409688
lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409688 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | CENTAURE AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 septembre 2024, M. C E, représenté par Me Manzoni, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 25 septembre 2024 par lequel le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande d'entrée sur le territoire français au titre de l'asile et a décidé de son réacheminement vers tout pays dans lequel il serait légalement admissible ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de mettre fin à la mesure privative de liberté et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dès la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au bénéfice de son conseil en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. E soutient que :
- les modalités de transmission de l'avis de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et de la décision attaquée ont méconnu le principe de confidentialité de la demande d'asile ;
- la décision attaquée n'a pas tenu compte des conditions matérielles dégradées de son entretien avec l'officier de protection de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit, le ministre ayant excédé l'examen du seul caractère manifestement infondé de sa demande d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 352-2 et L. 351-3 dès lors qu'il n'a pas été tenu compte de sa vulnérabilité et du fait que son état de santé est incompatible avec son maintien en zone d'attente ;
- la décision fixant le pays de réacheminement méconnaît l'article 33 de la convention de Genève et l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- l'absence de recours suspensif contre le pays de renvoi prévu par la législation méconnaît les dispositions combinées des articles 3 et 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance du principe de non-refoulement.
Le ministre de l'intérieur a produit des pièces, enregistrées le 27 septembre 2024.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 30 septembre 2024, ont été entendus :
- le rapport de Mme B,
- les observations de Me Manzoni, représentant M. E, qui reprend les conclusions de la requête par les mêmes moyens, et ajoute que la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant congolais (RDC) né le 24 avril 1986, est arrivé à l'aéroport de Lyon Saint-Exupéry par un vol en provenance de Grèce le 22 septembre 2024. Placé en zone d'attente, il a demandé le bénéfice d'une protection internationale le 23 septembre 2024. Par une décision du 25 septembre 2024, prise après l'avis rendu le même jour par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, le ministre de l'intérieur a rejeté la demande d'entrée en France au titre de l'asile formée par M. E et a décidé son réacheminement vers tout pays dans lequel il serait légalement admissible. Le requérant demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ( ) ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision de refuser l'entrée en France à un étranger qui se présente à la frontière et demande à bénéficier du droit d'asile ne peut être prise que dans les cas suivants : / () 3° La demande d'asile est manifestement infondée. / Constitue une demande d'asile manifestement infondée une demande qui, au regard des déclarations faites par l'étranger et des documents le cas échéant produits, est manifestement dénuée de pertinence au regard des conditions d'octroi de l'asile ou manifestement dépourvue de toute crédibilité en ce qui concerne le risque de persécutions ou d'atteintes graves. ". Aux termes de l'article L. 352-2 du même code : " Sauf dans le cas où l'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat, la décision de refus d'entrée ne peut être prise qu'après consultation de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui rend son avis dans un délai fixé par voie réglementaire et dans le respect des garanties procédurales prévues au titre III du livre V. L'office tient compte de la vulnérabilité du demandeur d'asile. L'avocat ou le représentant d'une des associations mentionnées au huitième alinéa de l'article L. 531-15, désigné par l'étranger, est autorisé à pénétrer dans la zone d'attente pour l'accompagner à son entretien dans les conditions prévues au même article () ".
5. En premier lieu, la décision litigieuse a été signée pour le ministre et par délégation par Mme D A, agente contractuelle au département de la coopération et de la dimension extérieure de l'asile. Par une décision du 12 octobre 2023, régulièrement publiée au journal officiel, modifiant la décision du 24 août 2020 portant délégation de signature, Mme A a reçu délégation pour signer au nom du ministre " tous actes, arrêtés, décisions () relevant des attributions du département de l'accès à la procédure d'asile ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire manque en fait et doit être écarté.
6. En deuxième lieu, si la confidentialité des éléments d'information détenus par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides relatifs à la personne sollicitant en France la qualité de réfugié est une garantie essentielle du droit d'asile, ce principe ne fait pas obstacle à ce que les agents habilités à mettre en œuvre le droit d'asile aient accès à ces informations. Par suite, M. E n'est pas fondé à soutenir que la procédure suivie aurait porté atteinte au principe de confidentialité des éléments d'information résultant de la demande d'asile, dès lors que ces éléments n'ont été connus, transmis et étudiés que par les agents des autorités habilitées par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à traiter les demandes, à savoir les agents de police ainsi que les agents de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides et du ministère de l'intérieur, tous astreints au secret professionnel.
7. En troisième lieu, M. E soutient que le ministre de l'intérieur et des outre-mer ne pouvait conclure au caractère insuffisamment étayé et détaillé de ses déclarations sans prendre en compte les conditions matérielles de son entretien avec le représentant de l'OFPRA et la circonstance qu'il venait d'arriver en France et n'avait pas eu le temps de le préparer ou de rassembler des preuves. Il soutient également qu'il a eu des difficultés à bien entendre son interlocuteur au cours de l'entretien et n'a pas pu expliquer correctement sa situation. Toutefois, le compte-rendu de cet entretien du 25 septembre 2024, qui s'est déroulé par visioconférence, ne révèle aucune difficulté de compréhension des questions posées à M. E, ni aucune difficulté technique sur la plan de la sonorisation, et démontre qu'il a été mis en mesure d'exposer sa situation de manière suffisamment précise et approfondie pour permettre à l'administration de se prononcer sur sa situation au regard de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, ce moyen doit être écarté.
8. En quatrième lieu, le droit constitutionnel d'asile, qui a le caractère d'une liberté fondamentale, a pour corollaire le droit de solliciter le statut de réfugié. Ce droit implique que l'étranger qui sollicite la reconnaissance de la qualité de réfugié soit en principe autorisé à demeurer sur le territoire jusqu'à ce qu'il ait été statué sur sa demande. Toutefois, le ministre chargé de l'immigration peut, sur le fondement des dispositions de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rejeter la demande d'asile d'un étranger se présentant aux frontières du territoire national lorsque celle-ci présente un caractère manifestement infondé.
9. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment pas des termes de la décision attaquée, que le ministre de l'intérieur aurait excédé la compétence que lui confèrent les dispositions de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'aurait pas limité son appréciation au caractère manifestement infondé de la demande d'asile de M. E.
10. D'autre part, lors de son entretien avec l'officier de protection de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides et au cours de la présente instance, M. E a déclaré qu'il avait quitté la république démocratique du Congo car il craignait pour sa vie en raison, d'une part, de la relation homosexuelle qu'il a entretenu pendant plusieurs mois avec un homme politique qui l'employait pour travailler sur des chantiers, et d'autre part, de son arrestation, suite à une livraison d'armes dans une maison qu'il était chargé de surveiller à la demande du même homme politique, ayant abouti à son emprisonnement pendant deux semaines, et dont il n'avait pu s'échapper qu'avec l'aide d'un colonel de sa connaissance. Néanmoins, au cours de son entretien avec l'officier de protection de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides comme au cours de l'audience, ses propos sont demeurés peu précis et superficiels, en particulier sur les conditions de sa relation intime avec cet homme politique et sur les menaces dont il aurait fait l'objet de la part de la femme de celui-ci et d'autres travailleurs, alors qu'il indique également que cet homme aurait en définitive imposé à son épouse de supporter sa présence et aurait continué à le faire travailler pour lui. Il n'a fait état d'aucune menace ou contrainte précise qui aurait été exercée sur lui en raison de cette relation homosexuelle par des autorités du pays ou par des personnes dont les autorités auraient été incapables de le protéger. Il indique d'ailleurs n'avoir pas été arrêté pour ce motif mais en raison d'une livraison d'armes à laquelle il a assisté et qui aurait conduit à ce qu'il soit soupçonné de complicité avec le mouvement de rébellion M23, et arrêté puis emprisonné par l'armée congolaise. Néanmoins, il n'apporte aucune précision sur les circonstances exactes de cette livraison d'armes, sur l'identité des personnes qui l'accompagnaient, sur les détails de son arrestation et les propos qui lui auraient alors été tenus par les militaires, ni sur les raisons lui ayant permis de comprendre qu'il était soupçonné de collaboration avec le mouvement M23. Il indique par ailleurs n'avoir plus eu aucune nouvelle ni de son ancien employeur et amant, ni de ceux qui ont été arrêtés en même temps que lui, et ne pas savoir quel a été leur sort depuis son départ. Dès lors, son récit sur ces événements qui auraient déclenché son départ du Congo apparaît vague et peu circonstancié, et présente des imprécisions manifestes. Dans ces conditions, le ministre de l'intérieur a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, refuser l'entrée en France de M. E au titre de l'asile sur le fondement des dispositions du 3° de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 351-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, dans le cadre de l'examen tendant à déterminer si la demande d'asile n'est pas irrecevable ou manifestement infondée, considère que le demandeur d'asile, notamment en raison de sa minorité ou du fait qu'il a été victime de torture, de viol ou d'une autre forme grave de violence psychologique, physique ou sexuelle, nécessite des garanties procédurales particulières qui ne sont pas compatibles avec sa présence en zone d'attente, il y est mis fin. L'étranger est alors muni d'un visa de régularisation de huit jours. Dans ce délai, l'autorité administrative compétente lui délivre, à sa demande, une attestation de demande d'asile lui permettant d'introduire cette demande auprès de l'office. " et aux termes de l'article R. 351-2 du même code : " Toute personne intervenant en zone d'attente peut signaler au responsable de la zone d'attente ou à son représentant la situation de vulnérabilité d'un demandeur d'asile qu'elle aurait constatée, ou dont le demandeur d'asile aurait fait état. / Le responsable de la zone d'attente ou son représentant détermine, le cas échéant, les modalités particulières de maintien en zone d'attente tenant compte de la situation de vulnérabilité du demandeur./ Les informations attestant d'une situation particulière de vulnérabilité portées à la connaissance du responsable de la zone d'attente en application du premier alinéa sont communiquées oralement ou par écrit, après accord du demandeur d'asile, à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ".
12. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. E présenterait un état de vulnérabilité notamment en raison du fait qu'il a été victime de torture, de viol ou d'une autre forme grave de violence psychologique, physique ou sexuelle, justifiant la fin du maintien en zone d'attente, au sens des dispositions précitées, qui aurait été signalé par le personnel intervenant en zone d'attente et dont il n'aurait pas été tenu compte. Au cours de l'entretien qui s'est tenu le 25 septembre 2024 avec le représentant de l'OFPRA, l'intéressé n'a pas fait état d'une telle situation de vulnérabilité, alors qu'il lui a été laissé la possibilité de présenter librement ses observations. S'il explique désormais souffrir d'une forme d'épilepsie qu'il traitait dans son pays d'origine par la médecine traditionnelle, il ne produit aucun élément établissant que son état de santé le placerait dans une situation de vulnérabilité au sens des dispositions précitées. Le moyen tiré de l'absence de prise en compte de la vulnérabilité du requérant dans le cadre de l'instruction de sa demande d'asile doit donc être écarté.
13. En sixième lieu, aux termes de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 : " Aucun des Etats Contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. / () ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
14. Il résulte de ce qui a été dit au point 10 que M. E n'établit aucune menace actuelle et personnelle à son égard de la part des autorités congolaises. Par suite, ce dernier n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée, en ce qu'elle prescrit son réacheminement vers tout pays où il sera légalement admissible, méconnaîtrait les stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 ainsi que celles de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
15. En septième lieu, aux termes de l'article L. 352-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision de refus d'entrée au titre de l'asile et, le cas échéant, la décision de transfert ne peuvent être exécutées avant l'expiration d'un délai de quarante-huit heures suivant leur notification ou, en cas de saisine du président du tribunal administratif, avant que ce dernier ou le magistrat désigné à cette fin n'ait statué. ".
16. Les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile instaurent un recours juridictionnel suspensif contre la décision portant refus d'entrée sur le territoire français au titre de l'asile et prévoient qu'en cas d'annulation l'étranger est autorisé à entrer en France. M. E ayant saisi le juge administratif, par une même requête, de conclusions dirigées contre la décision de refus d'entrée en France au titre de l'asile et de conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de réacheminement, destinée à exécuter le refus d'entrée en France, le caractère suspensif du recours prévu par l'article L. 352-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile fait obstacle à ce que la décision fixant le pays de réacheminement puisse être effectivement exécutée avant que le juge ne se soit prononcé. Dans ces conditions, le requérant n'est, en tout état de cause, pas fondé à soutenir qu'il a été privé du droit d'exercer un recours effectif consacré par les stipulations de l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
17. En dernier lieu, dès lors que M. E a été entendu par un agent de l'OFPRA, la circonstance que l'office a examiné sa demande au regard de son caractère manifestement infondé n'a pas pour effet de priver l'intéressé de la garantie tenant à l'examen au fond de sa demande d'asile. Par suite, M. E n'est pas fondé à soutenir que le ministre de l'intérieur, en lui refusant l'entrée sur le territoire français au titre de l'asile, aurait méconnu le principe de non-refoulement.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. E doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et à fin d'application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. E est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C E et au ministre de l'intérieur.
Lu en audience publique le 30 septembre 2024.
La magistrate désignée,
C. BLe greffier,
T. Clément
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2409688
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