Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409761

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2409761
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantBEYER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête en référé suspension de M. A B, militaire, contestant sa suspension de fonctions de quatre mois. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés (incompétence, absence de preuves, présomption d'innocence) n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La condition d'urgence n'a pas été examinée. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Beyer, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 30 juillet 2024 par laquelle l'autorité militaire l'a suspendu de ses fonctions pour une durée de quatre mois ;

2°) d'enjoindre à l'autorité militaire de le réintégrer dans les fonctions qu'il occupait, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la partie perdante le versement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il existe une situation d'urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige dès lors qu'il est militaire, qu'il vit en concubinage, qu'il va bientôt avoir un enfant à charge ce qui nécessite un traitement normal ; la mise à l'écart du service n'est pas justifiée ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision du 30 juillet dès lors que :

* elle est entachée d'incompétence ;

* les faits qui lui sont reprochés ne sont pas établis ;

* aucune infraction pénale ne peut être retenue ;

* aucune plainte n'a été déposée à son encontre, il est présumé innocent et ne peut être sanctionné.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 30 septembre 2024 sous le n° 2409760 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision en litige.

Vu :

- le code de la défense ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". L'article L. 522-3 de ce code précise que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Aucun des moyens susvisés, invoqués par M. B à l'encontre de la décision contestée, qui prononce sa suspension à titre conservatoire, n'est manifestement de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de cette décision. Il y a lieu, par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition relative à l'urgence, de rejeter la présente requête selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Lyon le 7 octobre 2024.

La juge des référés,

C. Rizzato

La République mande et ordonne au ministre des armées et des anciens combattants en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,