Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409807

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2409807
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantAMIRA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme C A. Celle-ci demandait au juge des référés d'ordonner à la préfète du Rhône la délivrance d'un titre de séjour, en invoquant l'urgence liée à son activité d'artiste. Le tribunal a estimé qu'une telle demande de délivrance d'un titre de séjour ne présente pas un caractère provisoire ou conservatoire et n'entre donc pas dans le champ des mesures que le juge des référés peut ordonner sur ce fondement. La requête a été rejetée dans son intégralité, y compris les conclusions relatives aux frais de l'instance.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2024, Mme B C A, représentée par Me Amira, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner à la préfète du Rhône, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Amira renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- il existe une situation d'urgence dès lors qu'elle est artiste auteure-compositrice-interprète et doit se produire en France et à l'étranger avec son groupe à compter du mois d'octobre 2024 ; elle a demandé à plusieurs reprises le renouvellement de son titre de séjour qui expire le 1er octobre 2024 ;

- la mesure demandée est utile et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

2. Aux termes de l'article L. 511- 1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire ".

3. Mme C A présente des conclusions tendant à ordonner à l'autorité administrative la délivrance d'un titre de séjour. Toutefois de telles conclusions tendant à la délivrance d'un titre de séjour à un ressortissant étranger, qui ne présentent pas de caractère provisoire ou conservatoire, n'entrent pas dans le champ des mesures que le juge des référés peut ordonner sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C A doit être rejetée, y compris ses conclusions relatives aux frais de l'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C A.

Fait à Lyon le 7 octobre 2024.

La juge des référés,

Caroline Rizzato

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,