Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409882
jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409882 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2024, M. A se disant M. B C, représenté par Me Bouyada, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 septembre 2024 par lequel la préfète du Rhône l'a assigné à résidence dans ce département pour une durée de quarante-cinq jours ;
2°) d'enjoindre à l'autorité préfectorale de lui délivrer un titre de séjour lui permettant de poursuivre son activité professionnelle.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte " disproportionnée à la liberté de mouvement garantie par l'article 13 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen " de 1789.
Des pièces ont été produites par la préfète du Rhône le 4 octobre 2024.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution du 4 octobre 1958, et notamment l'article 13 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Collomb, première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de justice administrative pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Collomb a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience conformément aux dispositions de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A se disant M. B C, ressortissant tunisien né le 8 janvier 1998, déclare être entré en France au mois de juillet 2022. Par un arrêté du 23 septembre 2024, dont le requérant demande l'annulation, la préfète du Rhône l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
2. En premier lieu, l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". L'article L. 732-3 du même code dispose : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée. ".
3. M. C a été assigné à résidence, sur le fondement des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application d'une décision l'obligeant à quitter le territoire français prise à son encontre par le préfet de la Loire le 21 janvier 2023. Le requérant, qui ne conteste pas le principe de son assignation à résidence, soutient que cette mesure a été prise en méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions portant la mention " salarié ". Il ne ressort toutefois d'aucune pièce du dossier que l'intéressé aurait sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 préalablement à l'édiction attaquée. Le moyen doit, par suite, être écarté comme inopérant.
4. En second lieu, en se bornant à soutenir que la décision attaquée porte une atteinte " disproportionnée à la liberté de mouvement garantie par l'article 13 de la DDHC " aux termes duquel " Pour l'entretien de la force public, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés ", le requérant n'assorti pas ce moyen de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Ce moyen ne peut qu'être écarté.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. A se disant B C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A se disant M. B C et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
La magistrate désignée,
C. COLLOMB
La greffière,
L. BON-MARDION
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour exécution conforme,
Un greffier
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