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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2409944

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409944

mardi 8 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2409944
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantLANTHEAUME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Lantheaume, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfète de l'Ain sur sa demande formée le 11 juin 2024 tendant à l'abrogation de l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an prononcée à son encontre le 14 juillet 2020 ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de réexaminer sa situation dans le délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision en litige le maintient dans une situation de précarité alors qu'il justifie d'une promesse d'embauche pour occuper un poste en Autriche à compter du 1er novembre 2024 qui nécessite l'effacement de son signalement dans le fichier SIS ;

- il existe un doute sérieux concernant la légalité de la décision en litige dès lors que :

* elle est entachée d'un défaut de motivation ;

* elle méconnaît les dispositions de l'article L. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu :

- la requête, enregistrée le 27 août 2024 sous le n° 2408826, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision en litige ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant albanais né 9 juillet 1999, s'est vu notifier, le 14 juillet 2020, un arrêté de la préfète de l'Ain prononçant notamment à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par jugement du 28 janvier 2021, devenu définitif, il a été condamné à une interdiction définitive du territoire français. Il indique qu'il a été éloigné du territoire français le 21 décembre 2023. Par courrier du 11 juin 2024, il a demandé à la préfète de l'Ain d'abroger l'interdiction de retour sur le territoire français notifiée à son encontre le 14 juillet 2020. Il demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision née le 18 août 2024 par laquelle la préfète de l'Ain a implicitement refusé de faire droit à cette demande.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. Pour justifier l'urgence à suspendre l'exécution de la décision refusant d'abroger l'interdiction de retour sur le territoire français, M. A qui se prévaut de la situation économique en Albanie, fait valoir que la décision en litige l'empêche de se rendre en Autriche pour y travailler alors qu'il dispose d'une promesse d'embauche à compter du 1er novembre 2024 et qu'elle le maintient ainsi en situation de précarité. Toutefois, et d'une part, M. A a fait l'objet, comme rappelé au point 1, d'une interdiction définitive du territoire français par un jugement du tribunal judiciaire de Bourg-en-Bresse postérieur à la décision en litige. D'autre part, il indique lui-même que la décision d'interdiction de retour contestée, prise pour une durée d'un an, cessera de produire ses effets à compter du 23 décembre 2024. Dans ces conditions, alors que son fils et sa femme vivent auprès de lui en Albanie, et eu égard au délai restant à courir avant l'expiration des effets de la décision dont la suspension est demandée, il ne justifie pas, par les éléments qu'il invoque, que la décision en litige préjudicie de façon suffisamment grave et immédiate à sa situation. Ainsi, la condition d'urgence à laquelle l'article L. 521-1 du code de justice administrative soumet l'intervention du juge des référés n'est, en l'espèce, pas remplie.

4. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais d'instance selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la préfète de l'Ain.

Fait à Lyon, le 8 octobre 2024.

La juge des référés,

C. Rizzato

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

N°2409944

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