Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2410026

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2410026
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de rejet de titre de séjour formée par M. A, parent d’enfant français. Le juge a estimé que la demande de titre de séjour du 27 novembre 2023 avait fait l’objet d’un refus d’enregistrement pour dossier incomplet, et non d’une décision implicite de rejet susceptible de recours. En conséquence, la requête, dirigée contre une décision inexistante, a été jugée manifestement irrecevable sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 octobre 2024, M. B A demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite née du silence gardé sur sa demande en date du 27 novembre 2023, par laquelle la préfète du Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de réexaminer sa demande dans les plus brefs délais.

Il soutient que :

- sa demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, déposée le 5 juin 2023 sur le site de l'ANEF, a été clôturée cinq mois plus tard à la suite de dysfonctionnements informatiques ; le 27 novembre 2023, il a de nouveau déposé une demande ; compte tenu de la persistance de dysfonctionnements informatiques l'empêchant d'accéder à son compte et à ses notifications, il a contacté les services supports de l'ANEF qui l'ont informé que sa demande avait été clôturée, faute pour lui d'avoir adressé les pièces complémentaires demandées ; il ne peut toujours pas accéder à son compte ANEF ni déposer de demande avec son numéro d'identifiant ; il a déposé une nouvelle demande de titre de séjour sur le site de l'ANEF le 7 octobre 2024 ;

- l'absence de titre de séjour le prive de ses droits sociaux, compromet son projet de thèse et l'empêche de travailler légalement en France et de faire face aux charges mensuelles de son foyer ;

- il remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour de plein droit sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier et la requête enregistrée sous le n° 2410018 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision implicite de rejet en litige.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Besse, président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste () qu'elle est irrecevable () le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Le silence gardé par le préfet sur une demande de titre de séjour fait en principe naître, au terme du délai mentionné au point 2, une décision implicite de rejet de cette demande. Il en va autrement lorsqu'il est établi que le dossier de la demande était incomplet, le silence gardé par l'administration valant alors refus implicite d'enregistrement de la demande, lequel ne constitue pas une décision susceptible de recours.

3. Par la présente requête, M. A qui justifie avoir déposé sur le site de l'ANEF trois demandes de titre de séjour successives, les 5 juin 2023, 27 novembre 2023 et 7 octobre 2024, demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision par laquelle la préfète du Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, en date du 27 novembre 2023. Toutefois, et selon d'ailleurs les propres affirmations du requérant, cette demande de titre de séjour a fait l'objet d'une clôture sans instruction, décision qu'il n'a pas contestée et ne produit d'ailleurs pas. Dès lors que la préfète doit ainsi être regardée comme ayant opposé un refus d'enregistrement à cette demande, et quand bien même cette clôture ferait suite à des dysfonctionnements ayant empêché M. A d'accéder à son compte ANEF et à ses notifications, aucun refus implicite de délivrance d'un titre de séjour n'a pu naître du silence gardé par la préfète du Rhône sur la demande du 27 novembre 2023. Par suite, la requête de M. A est dirigée contre une décision inexistante et est, de ce fait, manifestement irrecevable.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon, le 15 octobre 2024.

Le juge des référés,

T. Besse

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,