Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2410036
mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2410036 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 octobre 2024, M. B A demande au juge des référés d'enjoindre au préfet de la Loire, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer un récépissé de renouvellement de son titre de séjour étudiant dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et sous astreinte.
Il soutient que :
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'étudier, à sa liberté d'exercer une activité professionnelle, et à son droit de séjourner régulièrement sur le territoire français, puisque, alors qu'il a déposé sa demande de renouvellement de titre de séjour le 7 juillet 2024, aucun récépissé l'autorisant à séjourner sur le territoire français ne lui a été délivré ;
- la condition d'urgence est remplie ; en effet, il ne peut effectuer ses démarches académiques, ni travailler alors qu'il dispose d'une promesse d'embauche à compter du 14 octobre 2024.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 précité du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
3. M. A, ressortissant marocain né en 2000, a déposé sur le site de l'ANEF, le 7 juillet 2024, une demande de renouvellement de son titre de séjour mention étudiant. Aucune attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à séjourner sur le territoire français ne lui a été délivrée depuis cette date. Il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Loire de lui délivrer une telle autorisation.
4. Pour justifier d'une urgence particulière rendant nécessaire l'intervention, dans un délai de quarante-huit heures, du juge des référés statuant sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, le requérant soutient tout d'abord que l'absence de délivrance d'un document autorisant provisoirement son séjour le met dans l'impossibilité d'effectuer ses " démarches académiques ". Toutefois, il ne précise pas la nature de cette impossibilité et ne produit aucun élément qui établirait qu'il serait dans l'impossibilité avérée de poursuivre ses études. Par ailleurs, si M. A fait état d'une promesse d'embauche dont il disposait à compter du 14 octobre 2024, et qui ne pourrait aboutir, il n'en justifie pas. Ainsi, M. A ne produit aucun élément permettant d'apprécier les conséquences concrètes sur sa situation de l'absence de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction et n'établit pas, en tout état de cause, l'existence d'une urgence caractérisée, au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, justifiant qu'une mesure soit prise à très bref délai.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans que cela fasse obstacle à ce que le requérant, s'il s'y croit fondé, saisisse le juge des référés d'une demande tendant à la remise d'une autorisation de prolongation d'instruction, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie sera adressée au préfet de la Loire.
Fait à Lyon, le 8 octobre 2024.
Le juge des référés,
T. Besse
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
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