Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2410211

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2410211
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Refus d’imputabilité au service d’un accident de trajet – Tribunal administratif de Lyon (juge des référés) – Rejet de la demande de suspension – Absence d’urgence justifiée faute de preuves sur la situation financière du requérant – Application des articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 octobre 2024, M. B A peut être regardé comme demandant au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision en date du 24 septembre 2024 par laquelle la préfète de défense et de sécurité Sud-est a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont il a été victime le 14 mars 2024.

Il soutient qu'il n'a pas fait de faute au code de la route, puisqu'il était déjà bien engagé dans l'intersection lorsqu'il a été percuté par un véhicule venant de sa droite ; de ce fait, l'imputabilité au service de son accident doit être reconnue ; il se trouve dans l'obligation de rembourser tous les soins qu'il a suivis, ainsi que les salaires ; il est complètement démuni.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 4 octobre 2024 sous le n° 2410210 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision du 24 septembre 2024 en litige.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.

3. Pour soutenir qu'il y a urgence à suspendre l'exécution de la décision du 24 septembre 2024 par laquelle la préfète de défense et de sécurité Sud-est a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont il a été victime le 14 mars 2024, M. A fait valoir qu'il va devoir rembourser le montant des soins dont il a bénéficié depuis cette date, et reverser le montant de ses salaires jusqu'au mois de mai. Toutefois, il ne produit aucun document permettant d'apprécier le montant des sommes dont il serait ainsi redevable, ni d'ailleurs d'éléments sur sa situation personnelle. Dans ces conditions, il ne justifie pas que la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonnent la suspension de l'exécution d'une décision serait remplie.

4. Il résulte de l'instruction, sans qu'il soit besoin d'examiner s'il est fait état d'un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige, que la requête de M. A doit être rejetée par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie sera adressée au ministre de l'intérieur.

Fait à Lyon, le 17 octobre 2024.

Le juge des référés,

T. Besse

La République mande et ordonne à la ministre de l'intérieur et de outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,