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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2410577

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2410577

mardi 9 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2410577
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantBOUKHELIFA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme A... épouse C..., qui demandait l'annulation du refus implicite de la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour « vie privée et familiale ». Le tribunal a jugé que la demande de titre, présentée par voie postale, était irrégulière car elle aurait dû faire l'objet d'une comparution personnelle en préfecture, conformément aux articles R. 431-2 et R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En conséquence, le silence gardé par l'administration sur cette demande irrégulière n'a pas fait naître une décision faisant grief susceptible d'être contestée devant le juge de l'excès de pouvoir. La requête a été rejetée sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 octobre 2024, Mme B... A... épouse C..., représentée par Me Boukhelifa, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite, par laquelle la préfète du Rhône a rejeté sa demande, reçue le 29 février 2024, tendant à la délivrance d’un titre de séjour ;

2°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour temporaire mention « vie privée et familiale » ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :


1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / (…) ».

2. Mme A... épouse C... a sollicité, par un courrier reçu le 29 février 2024 à la préfecture du Rhône, la délivrance d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale ». Elle demande l’annulation du refus implicite qui serait né du silence gardé par la préfète du Rhône sur sa demande.

3. Aux termes de l’article L. 431-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Les conditions dans lesquelles les demandes de titres de séjour sont déposées auprès de l’autorité administrative compétente sont fixées par voie réglementaire ». Le premier alinéa de l’article R. 431-2 du même code dispose que : « la demande d’un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l’immigration s’effectue au moyen d’un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code ». Selon l’article R. 431-3 du même code : « La demande de titre de séjour ne figurant pas dans la liste mentionnée à l’article R. 431-2, est effectuée à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture. / Le préfet peut également prescrire que les demandes de titre de séjour appartenant aux catégories qu’il détermine soient adressées par voie postale ». Il résulte de ces dispositions qu’en dehors des titres dont la demande s’effectue au moyen d’un téléservice et qui figurent sur la liste prévue à l’article R. 431-2 du code, fixée par arrêté du ministre chargé de l’immigration, la demande de titre de séjour est effectuée par comparution personnelle au guichet de la préfecture ou, si le préfet le prescrit, par voie postale.

4. Si le silence gardé sur une demande de titre de séjour présentée par voie postale, lorsqu’un tel mode de dépôt a été prescrit par le préfet, vaut rejet implicite de la demande, sauf à ce que le dossier soit incomplet, le silence gardé par l’administration sur une demande de titre irrégulièrement présentée par voie postale, en méconnaissance de la règle de comparution personnelle en préfecture, ne fait pas naître une décision faisant grief susceptible d’être déférée au juge de l’excès de pouvoir. Si le préfet n’est pas tenu de rejeter une demande de titre de séjour irrégulièrement présentée en méconnaissance de la règle de comparution personnelle, une telle irrégularité, si elle est établie, peut légalement justifier, à elle seule, le refus de l’administration d’instruire la demande.

5. Ainsi qu’il a été dit au point 2, Mme A... épouse C... a sollicité, par un courrier reçu le 29 février 2024 par les services de la préfecture du Rhône, la délivrance d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale ». Cette demande, irrégulièrement présentée par voie postale, en méconnaissance de la règle de comparution personnelle en préfecture, n’a pas fait naître une décision faisant grief susceptible d’être déférée au juge de l’excès de pouvoir. Par suite, les conclusions à fin d’annulation présentées par la requérante sont manifestement irrecevables.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A... épouse C... doit être rejetée, en toutes ses conclusions, par application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme A... épouse C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... épouse C... et à la préfète du Rhône.



Fait à Lyon, le 9 décembre 2025.



Le président de la 2ème chambre,




T. Besse



La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition,
Un greffier

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