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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2411034

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2411034

jeudi 19 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2411034
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU Chambre Sociale
Avocat requérantDES PREZ DE LA MORLAIS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de M. A... visant à annuler la décision de la commission de médiation du droit au logement opposable (DALO) de l'Ain, qui avait refusé de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de relogement. Le tribunal a jugé que la situation du requérant, motivée par un souhait de rapprochement familial avec ses enfants, ne répondait à aucun des critères légaux permettant une saisine sans délai ou une qualification prioritaire et urgente. La décision s'appuie sur les dispositions des articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 novembre 2024, M. B... A..., représenté par Me Thomas Des Prez de la Morlais, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 8 octobre 2024 par laquelle la commission de médiation du droit au logement opposable de l’Ain a rejeté son recours tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de relogement ;

2°) d’ordonner à l’Etat de faire droit à sa demande, de lui accorder le bénéfice d’un logement social dans l’Ain et de lui attribuer un tel logement dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de condamner l’Etat à lui verser des dommages et intérêts d’un montant de 15 000 euros ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat les dépens de l’instance ainsi que la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu’il souhaite un rapprochement géographique avec ses enfants, dont sa fille en situation de handicap, et que les déplacements depuis son logement actuel pour voir ses enfants sont extrêmement onéreux.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 janvier 2026, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

La présidente du tribunal a désigné, en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative, Mme Fullana Thevenet, première conseillère, pour statuer sur les litiges relatifs aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d’emploi, mentionnés à l’article R. 772-5 du même code.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.


Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

A été entendu au cours de l’audience publique le rapport de Mme Fullana Thevenet.

Les parties n’étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l’instruction a été prononcée, en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative, après l’appel de l’affaire à l’audience.


Considérant ce qui suit :

M. A... a saisi la commission de médiation du droit au logement opposable de l’Ain en vue d'une offre de relogement sur le fondement des dispositions du II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation. Lors de la séance du 8 octobre 2024, la commission de médiation du droit au logement opposable de l’Ain a rejeté sa demande par une décision du même jour. Par sa requête, M. A... demande l’annulation de cette décision.

Aux termes de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation : « (…) II.- La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap. Elle peut aussi être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur ou une personne à sa charge est logé dans un logement non adapté à son handicap, au sens du même article L. 114. (…) ». Aux termes de l’article R. 441-14-1 de ce code : « La commission (…) se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l’urgence qu’il y a à attribuer au demandeur un logement (…) en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département (…). / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d’urgence (…) les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d’accès au logement social (…) qui répondent aux caractéristiques suivantes : / - ne pas avoir reçu de proposition adaptée à leur demande dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4 ; / - être dépourvues de logement. Le cas échéant, la commission apprécie la situation du demandeur logé ou hébergé par ses ascendants en tenant notamment compte de son degré d'autonomie, de son âge, de sa situation familiale et des conditions de fait de la cohabitation portées à sa connaissance ; / - être logées dans des locaux impropres à l'habitation, ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Le cas échéant, la commission tient compte des droits à hébergement ou à relogement auxquels le demandeur peut prétendre en application des dispositions des articles L. 521-1 et suivants, des articles L. 314-1 et suivants du code de l'urbanisme ou de toute autre disposition ouvrant au demandeur un droit à relogement ; / - avoir fait l'objet d'une décision de justice prononçant l'expulsion du logement ; / - être hébergées dans une structure d'hébergement ou une résidence hôtelière à vocation sociale de façon continue depuis plus de six mois ou logées temporairement dans un logement de transition ou un logement-foyer depuis plus de dix-huit mois, sans préjudice, le cas échéant, des dispositions du IV de l'article L. 441-2-3 ; / - être handicapées, ou avoir à leur charge une personne en situation de handicap, ou avoir à leur charge au moins un enfant mineur, et occuper un logement soit présentant au moins un des risques pour la sécurité ou la santé énumérés à l'article 2 du décret du 30 janvier 2002 ou auquel font défaut au moins deux des éléments d'équipement et de confort mentionnés à l'article 3 du même décret, soit d'une surface habitable inférieure aux surfaces mentionnées à l'article R. 822-25, ou, pour une personne seule, d'une surface inférieure à celle mentionnée au premier alinéa de l'article 4 du même décret. / La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus. ».

Il résulte du II de l’article L. 441-2-3 et de l’article R. 441-14-1 du code de la construction et de l’habitation que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d’urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d’accès au logement social et justifier qu’il se trouve dans une des situations prévues au II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation et satisfait à un des critères définis à l’article R 441-14-1 de ce code.

Si M. A... fait valoir qu’il souhaite bénéficier d’un logement dans l’Ain pour se rapprocher de ses enfants, dont sa fille en situation de handicap, et que les déplacements depuis Montpellier pour les voir sont onéreux, il ne démontre pas ni même allègue que sa situation relève de l’un des cas prévus par les dispositions de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation. Il ne justifie par ailleurs pas d’une situation exceptionnelle de nature à le faire regarder comme prioritaire et devant être relogé d’urgence en dépit de la circonstance que sa situation ne répondrait qu’incomplètement aux conditions prévues par l’article R. 441-14-1 du même code.

Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au ministre de la ville et du logement.

Copie pour information en sera adressée à la préfète de l’Ain.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 février 2026.



La magistrate désignée,

M. Fullana Thevenet
La greffière,

D. El Khatabi




La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition,
Un greffier,



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