Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2411054
jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2411054 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 novembre 2024, Mme B A demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, sur le fondement des dispositions de l'article L.521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande pour la période du 19 juillet au 6 octobre 2024 ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour de manière définitive ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 500 euros en réparation de ses préjudices.
Elle soutient que :
- elle n'a pas bénéficié d'un renouvellement de son attestation de prolongation d'instruction pour la période du 19 juillet au 6 octobre 2024, malgré plusieurs démarches restées vaines de sa part ;
- cette situation porte une atteinte grave et manifestement illégale à ses libertés fondamentales, et notamment sa possibilité d'accéder à ses droits relatifs à la sécurité sociale ; cette atteinte est manifestement illégale, dès lors que le renouvellement de son attestation était de plein droit et qu'elle est par ailleurs éligible au titre qu'elle sollicite ;
- la condition d'urgence est remplie ; elle ne perçoit plus d'aides sociales et d'allocations chômage depuis le 19 juillet 2024, en raison de sa situation administrative ; elle ne peut plus faire face à ses charges, alors qu'elle a deux enfants en bas âge.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R.* 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. " Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () "
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, ressortissante ivoirienne, a demandé le 23 octobre 2023 le renouvellement de son titre de séjour qui expirait le 23 décembre 2023. En l'absence de réponse dans un délai de quatre mois, une décision implicite de rejet de cette demande est née en février 2024, que l'intéressée peut contester si elle s'y croit fondée, sans qu'y fasse obstacle le fait que Mme A ait pu bénéficier jusqu'au 18 juillet 2024 d'attestations de prolongation d'instruction. Par suite, à la date de la présente ordonnance, la circonstance que l'intéressée ne soit pas en possession d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande ne saurait être regardée comme manifestement illégale.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 511-1 du même code : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. ".
5. Le juge des référés ne pouvant prendre que des mesures à caractère provisoire, les conclusions de Mme A tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour ne sont pas recevables.
6. En dernier lieu, et en tout état de cause, il n'entre pas dans l'office du juge des référés de statuer sur des conclusions indemnitaires, de sorte que la demande de Mme A tendant à la condamnation de la préfète du Rhône à l'indemniser du préjudice qu'elle a subi est irrecevable et ne peut qu'être rejetée.
7. Il résulte de ce qui précède que, la requête de Mme A étant manifestement mal fondée, il y a lieu de la rejeter selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie sera adressée à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 7 novembre 2024.
Le juge des référés,
T. Besse
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
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