mardi 13 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2411112 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | AMIRA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Amira, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 18 octobre 2024 par lesquelles la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a désigné le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros HT en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de l'ensemble des décisions attaquées :
- elles sont entachées d'incompétence de leur auteur ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux, préalable et particulier de sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de l'interdiction de retour :
- elle méconnait l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est entachée d'une erreur de droit, est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et est excessive concernant sa durée.
La préfète du Rhône a produit des pièces enregistrées le 31 mars 2025.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Segado, président-rapporteur,
- les observations de Me Amira, pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien, né le 1er avril 1991, déclare être entré sur le territoire français en 2019. A la suite de son interpellation par les services de police, la préfète du Rhône, par un arrêté du 18 octobre 2024, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois. M. B demande au tribunal l'annulation de ces décisions.
3. En premier lieu, les décisions attaquées sont signées par Mme D C, cheffe du bureau de l'éloignement, qui disposait d'une délégation de signature consentie à cet effet par arrêté de la préfète du Rhône du 15 mai 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le lendemain. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de ces décisions doit, par suite, être écarté.
2. En deuxième lieu, les décisions attaquées comportent l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent son fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ces décisions doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes des décisions contestées ni d'aucune autre pièce du dossier que la préfète du Rhône, qui n'était pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle et familiale de M. B, n'aurait pas procédé à un examen sérieux, préalable et particulier de la situation personnelle du requérant.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
6. M. B qui déclare être entré sur le territoire français en 2019, ne justifie pas de son entrée régulière sur le territoire national et il s'est maintenu sur le territoire sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Il ressort en outre des pièces du dossier et particulièrement des procès-verbaux établis suite à son interpellation pour des violences sur son ex-conjointe, qu'à la date de la mesure d'éloignement attaquée et depuis plus d'un mois, il ne vivait plus en concubinage avec une compatriote titulaire d'un certificat de résidence de 10 ans. Par ailleurs, il ressort également des pièces du dossier que, le requérant célibataire et sans charge de famille n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident notamment son père et ses trois frère et sœurs et où il a vécu la majeure partie de son existence. Enfin, M. B ne justifie d'aucune intégration particulière sur le territoire français et ne possède aucune ressource propre. Dans ces circonstances, eu égard aux conditions de son séjour en France, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français./Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
8. D'une part, il ressort des termes mêmes de cette décision que, pour prononcer une interdiction de retour d'une durée de dix-huit mois, la préfète du Rhône a examiné l'ensemble des critères prévus à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment si le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public
9. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. B, qui s'est maintenu plusieurs années irrégulièrement sur le territoire français, ne justifie pas d'attaches intenses et stables en France comme exposé précédemment. Par ailleurs, il ressort notamment du procès-verbal d'interpellation de M. B établi le 18 octobre 2024, qu'une voisine de l'ancienne concubine de M. B a alerté les gendarmes qu'elle entendait un appel au secours de cette dernière, qu'en arrivant sur les lieux, l'équipage de gendarmerie a interpellé le requérant qui sortait du domicile de son ex compagne et a recueilli sur place les propos de cette dernière confirmant que M. B était son ex-conjoint, qu'il s'était présenté à son domicile et qu'une dispute avait éclaté sur fond de jalousie ne supportant pas leur séparation, son ex conjointe déclarant par ailleurs qu'elle avait reçu un coup au visage dont elle présentait une rougeur au nouveau de la tempe gauche. La préfète du Rhône a pu prendre en compte ces constatations opérées lors de cette interpellation pour caractériser le comportement de l'intéressé comme représentant une menace à l'ordre public, alors même que ces agissements auraient ensuite fait l'objet d'un classement sans suite. Dans ces conditions, compte tenu de l'ensemble de ces éléments et alors même que M. B n'avait pas fait l'objet précédemment d'une mesure d'éloignement, en faisant interdiction à l'intéressé de retourner sur le territoire français pendant une durée de dix-huit mois, la préfète du Rhône n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation concernant tant le principe de cette mesure que sa durée, ni méconnu l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle n'a pas davantage entaché cette décision d'interdiction de retour de dix-huit mois d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation personnelle du requérant.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 15 avril 2025, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
Mme Bardad, première conseillère,
Mme Boulay, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2025.
Le président-rapporteur,
J. Segado
L'assesseure la plus ancienne,
N. BardadLa greffière,
E. Seytre
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026