Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2411585

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2411585
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a examiné les requêtes de Mme C, contestant un arrêté d’assignation à résidence et une obligation de quitter le territoire français avec interdiction de retour. La requérante invoquait notamment un défaut de motivation, un vice de procédure lié au contrôle d’identité, et une méconnaissance de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme. Le tribunal a rejeté l’ensemble de ses demandes, considérant que les moyens soulevés n’étaient pas fondés. Les décisions contestées ont été jugées conformes aux dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 20 novembre 2024 sous le n° 2411585, Mme A C, représentée par Me Andujar, demande au tribunal ;

1°) d'annuler l'arrêté du 13 novembre 2024 par lequel la préfète du Rhône l'a assignée à résidence dans le département du Rhône ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens en application des dispositions de l'article R. 761-1 du même code.

Elle soutient que :

- l'arrêté contesté du 13 novembre 2024 est insuffisamment motivé au regard des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des dispositions combinées des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions de l'article L. 812-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 78-2 du code de procédure pénale, dès lors que les opérations de contrôle de son identité et de vérification de son droit au séjour ont été conduites dans des conditions irrégulières ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle et familiale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et revêt un caractère disproportionné.

La requête a été communiquée à la préfète du Rhône qui n'a pas produit de mémoire en défense mais qui a versé, le 27 novembre 2024, des pièces au dossier.

II. Par une requête, enregistrée le 20 novembre 2024 sous le n° 2411591, Mme C, représentée par Me Andujar, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler les décisions du 13 novembre 2024 par lesquelles la préfète de l'Ain l'a obligée à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois, en l'informant qu'elle faisait l'objet d'un signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen ;

2°) à titre subsidiaire, de lui accorder un délai de départ volontaire de trente jours ;

3°) en tout état de cause, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens en application des dispositions de l'article R. 761-1 du même code.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée en fait et en droit au regard des dispositions de l'article 3 de la loi du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs et de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions de l'article L. 812-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 78-2 du code de procédure pénale, dès lors que les opérations de contrôle de son identité et de vérification de son droit au séjour ont été conduites dans des conditions irrégulières ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen approfondi de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de ses attaches privées et familiales sur le territoire français ;

En ce qui concerne les décisions portant refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois :

- elles sont entachées d'un défaut de motivation ;

- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'aucun des risques de soustraction mentionnés par ces dispositions ne sont applicables à sa situation personnelle ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle, dès lors que les circonstances humanitaires dont elle justifie auraient dû conduire l'autorité préfectorale à lui accorder un délai de départ volontaire et à ne pas prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français ;

- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle justifie de circonstances humanitaires de nature à faire obstacle au prononcé d'une telle interdiction de retour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 novembre 2024, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 812-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant, dès lors que l'irrégularité du contrôle d'identité dont Mme C a fait l'objet est sans incidence sur la légalité de son arrêté du 13 novembre 2024 ;

- les autres moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Gueguen, conseiller, pour statuer en application des dispositions des articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle Mme C n'était pas représentée, et les préfètes du Rhône et de l'Ain ni présentes, ni représentées.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue avec l'assistance de Mme Gaillard, greffière :

- le rapport de M. Gueguen, qui a informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative et de l'article R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de Mme C tendant à ce que le tribunal lui accorde un délai de départ volontaire de trente jours, dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif de faire acte d'administrateur ;

- les observations de Mme C, accompagnée de son époux, qui déclare, en réponse aux différentes questions qui lui ont été posées, qu'elle est arrivée à l'aéroport de Marseille par l'intermédiaire de la Turquie le 10 juin 2014, après avoir quitté son pays d'origine, qu'elle avait fait l'objet d'un refus d'entrée en France puis d'un placement en centre de rétention administrative avant d'être libérée suite à un jugement du tribunal administratif de Marseille, et qu'elle réside sur le territoire français aux côtés de son époux de nationalité française.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante comorienne née le 10 septembre 1980, a déclaré être entrée en France au cours de l'année 2014 afin de rejoindre son époux, M. B, compatriote ayant obtenu la nationalité française qu'elle avait épousée le 18 juillet 2012. Le 28 octobre 2016, l'intéressée a sollicité des services de la préfecture du Rhône la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par un arrêté du 11 octobre 2017, dont la légalité a été confirmée tant par un jugement du tribunal du 13 février 2018 que par une ordonnance de la cour administrative d'appel de Lyon du 10 septembre 2018, le préfet du Rhône lui a refusé la délivrance de ce titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée d'office. Alors qu'elle se trouvait en gare de Bellegarde-sur-Valserine située sur le territoire de la commune de Valserhône, Mme C a été contrôlée par les services de la police aux frontières de Prévessin-Moëns le 12 novembre 2024 puis placée en retenue administrative aux fins de vérification de son droit au séjour et de circulation. Par un arrêté du 13 novembre 2024, la préfète de l'Ain l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire national d'une durée de six mois, en l'informant qu'elle faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen (SIS). Par sa requête enregistrée sous le n° 2411591, la requérante demande au tribunal, d'une part, de prononcer l'annulation des décisions, contenues dans cet arrêté, par lesquelles l'autorité préfectorale l'a obligée à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire national d'une durée de six mois, et, d'autre part, de lui accorder un délai de départ volontaire de trente jours. Enfin, par un arrêté du 13 novembre 2024, dont la requérante demande au tribunal de prononcer l'annulation par sa requête enregistrée sous le n° 2411585, la préfète du Rhône l'a assignée à résidence dans ce département, dont elle a interdiction de sortir sans autorisation, pour une durée de quarante-cinq jours, en l'obligeant à se présenter deux fois par semaine, les lundis et jeudis, y compris les jours fériés et chômés, entre 9 heures et 18 heures, auprès des services du commissariat de police de Givors, afin de faire constater qu'elle respecte la mesure d'assignation à résidence dont il fait l'objet et les démarches entreprises pour l'obtention d'un document de voyage permettant son éloignement.

Sur la recevabilité des conclusions de la requête n° 2411591 tendant à l'octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours :

2. Il n'appartient pas au juge administratif, qui ne saurait faire acte d'administrateur, de se substituer à l'administration afin d'accorder un délai de départ volontaire à un étranger faisait l'objet d'une mesure d'éloignement, ni de lui adresser des injonctions en dehors des cas prévus par les dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative, dont les conditions ne sont pas réunies en l'espèce. Par suite, et ainsi qu'en ont été informées les parties en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative et de l'article R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les conclusions présentées à titre subsidiaire par Mme C dans sa requête enregistrée sous le n° 2411591 et tendant à ce que le tribunal lui accorde un délai de départ volontaire sur le fondement des dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les autres conclusions des requêtes nos 2411585 et 2411591 :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois :

3. En premier lieu, selon les termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () ". Et aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus () de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 () et les décisions d'interdiction de retour () prévues aux articles L. 612-6 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".

4. En l'espèce, la requérante, qui soutient que les décisions contestées sont entachées d'une insuffisance voire d'un défaut de motivation au regard des dispositions de l'article 3 de la loi du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs et à l'amélioration des relations entre l'administration et le public, abrogées au 1er janvier 2016 par l'ordonnance du 23 octobre 2015 relative aux dispositions législatives du code des relations entre le public et l'administration, ainsi que des dispositions générales des articles L. 211-2 et L. 211-5 de ce même code, doit être regardée comme se prévalant des dispositions spéciales précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, les décisions en litige visent les textes dont elles font application, en particulier les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et exposent les circonstances de fait propres à la situation personnelle de Mme C sur lesquelles la préfète de l'Ain s'est fondée pour l'obliger à quitter le territoire français, lui refuser un délai de départ volontaire et décider, tant dans son principe que dans sa durée, de prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire national d'une durée de six mois. S'il est loisible à l'intéressée de contester l'appréciation portée par l'autorité préfectorale sur l'existence d'un risque qu'elle se soustraie à la mesure d'éloignement dont elle fait l'objet, cette divergence d'analyse n'est pas de nature à établir l'insuffisance de motivation alléguée dès lors que la motivation d'une décision s'apprécie indépendamment du bien-fondé des motifs retenus. Par suite, les décisions contestées qui comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et ont ainsi permis à l'intéressée d'en contester utilement le bien-fondé, sont suffisamment motivées au regard des dispositions précitées des articles L. 613-1 et L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. En second lieu, il ne ressort ni des termes des décisions attaquées, ni d'aucune autre pièce du dossier que la préfète de l'Ain n'aurait pas procédé à un examen sérieux et particulier de la situation personnelle de Mme C. À cet égard, s'il est loisible à la requérante de contester l'appréciation portée par l'autorité préfectorale sur sa situation personnelle et familiale, sur l'existence de circonstances particulières de nature à ne pas regarder comme établi le risque qu'elle se soustraie à la mesure d'éloignement dont elle fait l'objet ainsi que sur l'existence de circonstances humanitaires de nature à faire obstacle au prononcé à son encontre d'une interdiction de retour sur le territoire français, cette divergence d'analyse n'est pas de nature à établir le défaut d'examen allégué. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit, tel qu'il est articulé, est infondé et doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, selon les termes de l'article L. 812-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger doit être en mesure de présenter les pièces ou documents sous le couvert desquels il est autorisé à circuler ou à séjourner en France à toute réquisition d'un officier de police judiciaire de la police nationale ou de la gendarmerie nationale et, sur l'ordre et sous la responsabilité de celui-ci, des agents de police judiciaire et agents de police judiciaire adjoints mentionnés à l'article 20 et au 1° de l'article 21 du code de procédure pénale, dans les conditions prévues à la présente section. ". À cet égard, l'article L. 812-2 du même code prévoit que : " Les contrôles des obligations de détention, de port et de présentation des pièces et documents prévus à l'article L. 812-1 peuvent être effectués dans les situations suivantes : / 1° En dehors de tout contrôle d'identité, si des éléments objectifs déduits de circonstances extérieures à la personne même de l'intéressé sont de nature à faire apparaître sa qualité d'étranger ; ces contrôles ne peuvent être pratiqués que pour une durée n'excédant pas six heures consécutives dans un même lieu et ne peuvent consister en un contrôle systématique des personnes présentes ou circulant dans ce lieu ; / 2° A la suite d'un contrôle d'identité effectué en application des articles 78-1 à 78-2-2 du code de procédure pénale, selon les modalités prévues à ces articles, si des éléments objectifs déduits de circonstances extérieures à la personne même de l'intéressé sont de nature à faire apparaître sa qualité d'étranger ; () ".

7. En l'espèce, si Mme C soutient que le contrôle d'identité dont elle aurait fait l'objet en gare de Bellegarde-sur-Valserine le 12 novembre 2024 ainsi que les opérations subséquentes de vérification de son droit au séjour ne respectent pas les conditions prévues par les dispositions combinées de l'article L. 812-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 78-1 du code de procédure pénale, il n'appartient toutefois pas au juge administratif de se prononcer sur la régularité des conditions du contrôle d'identité et de la vérification du droit au séjour qui ont, le cas échéant, précédé l'édiction d'une obligation de quitter le territoire français à l'encontre d'un étranger en situation irrégulière. Au surplus, l'éventuelle irrégularité dont seraient entachées de telles opérations serait sans incidence sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre de l'intéressée, dès lors qu'elles n'en constituent pas le fondement ni même la base légale. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure est inopérant et ne peut qu'être écarté.

8. En second lieu, d'une part, selon les termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français () est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. ".

9. D'autre part, aux termes de l'article 171-1 du code civil : " Le mariage contracté () entre un Français et un étranger, est valable s'il a été célébré dans les formes usitées dans le pays de célébration et pourvu que le () Français n'aient point contrevenu aux dispositions contenues au chapitre Ier du présent titre. () ". Par ailleurs, selon les termes de l'article 171-5 du même code : " Pour être opposable aux tiers en France, l'acte de mariage d'un Français célébré par une autorité étrangère doit être transcrit sur les registres de l'état civil français. En l'absence de transcription, le mariage d'un Français, valablement célébré par une autorité étrangère, produit ses effets civils en France à l'égard des époux et des enfants. / Les futurs époux sont informés des règles prévues au premier alinéa à l'occasion de la délivrance du certificat de capacité à mariage. / La demande de transcription est faite auprès de l'autorité consulaire ou diplomatique compétente au regard du lieu de célébration du mariage. ".

10. Enfin, selon les termes de l'article 215 du code civil : " Les époux s'obligent mutuellement à une communauté de vie. / La résidence de la famille est au lieu qu'ils choisissent d'un commun accord. () ".

11. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées du code civil que la transcription sur les registres de l'état civil français de l'acte de mariage d'un Français célébré par une autorité étrangère, qui n'est soumise à aucune exigence de délai, rend la qualité de conjoint opposable aux tiers depuis la date du mariage. Cependant, l'absence de transcription de cet acte, qui ne prive le mariage d'aucun de ses effets civils entre les époux eux-mêmes ni entre ceux-ci et leurs enfants, fait obstacle à ce que le mariage soit, dans l'ordre juridique français, opposable aux tiers, notamment aux autorités publiques. Par suite, si l'étranger dont l'acte de mariage avec un ressortissant français célébré par une autorité étrangère n'a pas été transcrit dans les registres de l'état civil français peut se prévaloir de sa relation affective avec ce dernier, il ne peut toutefois utilement se prévaloir de la présomption légale de communauté de vie instituée par les dispositions de l'article 215 du code civil.

12. En l'espèce, la requérante soutient que la mesure d'éloignement prononcée à son encontre est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'elle a toujours résidé en France auprès de son époux, compatriote ayant obtenu la nationalité française avec lequel elle s'est mariée le 18 juillet 2012 aux Comores, qu'ils ont initié, au cours de l'année 2018, une procédure de procréation médicalement assistée (PMA), qu'elle a entamé des démarches en vue de la régularisation de sa situation administrative par le dépôt d'une demande de rendez-vous auprès des services de la préfecture du Rhône le 24 novembre 2022 et qu'elle justifie de son insertion sociale et professionnelle sur le territoire français où elle ne représente pas une menace à l'ordre public. Toutefois, il ressort des termes non contestés de la décision attaquée ainsi que des pièces produites en défense que Mme C serait entrée irrégulièrement en France au cours de l'année 2014, en possession d'un passeport falsifié et en provenance d'Istanbul, puis qu'elle a fait l'objet, le 11 octobre 2017, d'un arrêté portant refus de délivrance d'un titre de séjour assortie d'une mesure d'éloignement dont la légalité a été confirmée par les juridictions administratives compétentes. Par ailleurs, et alors qu'il résulte de ce qui a été dit au point précédent que l'absence de transcription dans les registres de l'état civil français de l'acte de mariage entre un étranger et un ressortissant français célébré par une autorité étrangère fait obstacle à ce que l'étranger puisse se prévaloir de la présomption légale de communauté de vie instituée par les dispositions de l'article 215 du code civil, si la requérante verse au débat un " certificat de vie commune ou de concubinage " établi le 21 juillet 2021 par les services de la commune de Pierre-Bénite, aux termes duquel elle a déclaré " vivre en union libre " avec son époux depuis le " 10 juin 2014 ", la copie du passeport de ce dernier expiré depuis le 7 octobre 2022, ainsi qu'un acte de recueil de leurs consentements dans le cadre d'une procédure de PMA avec tiers donneur établi le 13 mars 2018 par la première vice-présidente du tribunal de grande instance de Lyon, ces éléments ne suffisent pas à établir l'ancienneté, la stabilité et l'intensité des liens privés et familiaux dont elle se prévaut en France, en particulier vis-à-vis de son époux, ni même de la continuité de son séjour sur le territoire national depuis la date à laquelle elle allègue y être entrée, dès lors qu'il ressort des termes non contestés de la décision attaquée que son acte de mariage célébré par les autorités comoriennes le 18 juillet 2012 et dont elle produit une copie certifiée conforme du 6 décembre 2013 n'a pas été transcrit dans les registres de l'état-civil français. En outre, et alors que la circonstance qu'elle a déposé sur le site internet " demarches-simplifiees.fr ", le 24 novembre 2022, une demande de rendez-vous en préfecture du Rhône en vue d'y déposer un dossier de " première demande de titre de séjour " ne faisait pas obstacle à l'édiction d'une mesure d'éloignement à son encontre, si l'intéressée verse au débat son diplôme d'études en langue français (DELF) niveau A2 obtenu le 23 juillet 2019, deux bulletins de paie en qualité d'agente de service pour les mois d'août 2022 et de janvier 2022, une promesse d'embauche en qualité d'agente d'entretien sous contrat à durée indéterminée (CDI) rédigée le 10 octobre 2022 ainsi qu'un contrat de travail à durée déterminée (CDD) à temps partiel valide du 1er au 28 février en qualité d'agente de service, ces éléments ne suffisent pas à démontrer une intégration sociale et professionnelle significative à la date du 13 novembre 2024. Enfin, Mme C n'établit ni même n'allègue être dépourvue de toute attache dans son pays d'origine où elle a vécu l'essentiel de son existence. Par suite, et alors même qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que sa présence en France représenterait une menace à l'ordre public, la préfète de l'Ain n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'obligeant à quitter le territoire national.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

13. En premier lieu, selon les termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Cependant, l'article L. 612-2 du même code prévoit que : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". À cet égard, l'article L. 612-3 de ce même code énonce que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () ".

14. Pour refuser un délai de départ volontaire à Mme C, la préfète de l'Ain s'est fondée sur les dispositions des articles L. 612-2, 3° et L. 612-3, 1°, 4° et 5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en considérant qu'il existait un risque que l'intéressée se soustraie à la mesure d'éloignement dont elle faisait l'objet, dès lors, d'une part, qu'elle était entrée irrégulièrement en France, d'autre part, qu'elle avait déclaré vouloir rester sur le territoire français, en outre, qu'elle n'avait pas déféré à la mesure d'éloignement dont elle avait fait l'objet, et, enfin, que la circonstance qu'elle ait déclaré " avoir fait une demande d'admission exceptionnelle au séjour en novembre 2022 " ne faisait pas obstacle à ce qu'un tel délai de départ volontaire lui soit refusé. En l'espèce, la requérante ne justifie d'aucune circonstance particulière au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, en se bornant à soutenir " qu'aucun cas de figure prévus " par ces dispositions ne serait applicable à sa situation, elle ne conteste utilement aucun des motifs précités. Par suite, et alors au surplus qu'il résulte de l'instruction que l'autorité préfectorale aurait pris la même décision si elle ne s'était fondée que sur le seul motif tiré de ce qu'il existait un risque que l'intéressée se soustraie à la mesure d'éloignement dont elle fait l'objet au sens et pour l'application des dispositions des articles L. 612-2, 3° et L. 612-3, 4° du même code, lequel motif était, à lui-seul, de nature à justifier légalement la décision en litige, c'est sans faire une inexacte application de ces dispositions que la préfète de l'Ain a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire.

15. En second lieu, Mme C ne peut utilement se prévaloir d'une méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'encontre de la décision par laquelle la préfète de l'Ain a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, dès lors que ces dispositions ne sont applicables qu'aux mesures d'interdiction de retour sur le territoire français. Le moyen est ainsi inopérant et ne peut, par suite, qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois :

16. En premier lieu, selon les termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ".

17. Pour prononcer à l'encontre de Mme C une interdiction de retour sur le territoire français, la préfète de l'Ain s'est fondée sur les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en relevant que l'intéressée, auquel aucun délai de départ volontaire n'avait été accordé, ne justifiait d'aucune circonstance humanitaire. En l'espèce, si la requérante conteste l'appréciation ainsi portée par l'autorité préfectorale sur sa situation personnelle et familiale, elle ne justifie cependant d'aucune circonstance humanitaire au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, c'est sans entacher sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation que la préfète de l'Ain a édicté, dans son principe, la mesure d'interdiction de retour en litige.

18. En second lieu, Mme C ne peut utilement se prévaloir d'une méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'encontre de la décision par laquelle la préfète de l'Ain a prononcé à son encontre une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français, dès lors que ces dispositions ne sont applicables qu'aux mesures refusant un délai de départ volontaire à l'étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement. Le moyen est ainsi inopérant et ne peut, par suite, qu'être écarté.

En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence dans le département du Rhône :

19. En premier lieu, selon les termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence () sont motivées. ".

20. En l'espèce, la requérante, qui soutient que l'arrêté contesté est insuffisamment motivé au regard des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ne prévoient aucune obligation de motivation, et des dispositions générales des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, doit être regardée comme se prévalant des dispositions spéciales précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, l'arrêté en litige vise les textes dont il fait application, en particulier les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de Mme C sur lesquelles la préfète du Rhône s'est fondée pour décider, dans son principe et ses modalités, de l'assigner à résidence dans le département du Rhône. Contrairement à ce que soutient l'intéressée, l'autorité préfectorale n'était pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à sa situation personnelle et familiale, et s'il lui est loisible de contester l'appréciation qu'elle a portée sur sa situation et l'existence d'un risque qu'elle se soustraie à la mesure d'éloignement dont elle fait l'objet, cette divergence d'analyse n'est pas de nature à établir l'insuffisance de motivation alléguée dès lors que la motivation d'une décision s'apprécie indépendamment du bien-fondé des motifs retenus. Par suite, l'arrêté contesté, qui comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et ont ainsi permis à Mme C d'en contester utilement le bien-fondé, est suffisamment motivé au regard des dispositions précitées de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

21. En deuxième lieu, si la requérante soutient que le contrôle d'identité dont elle aurait fait l'objet en gare de Bellegarde-sur-Valserine le 12 novembre 2024 ainsi que les opérations subséquentes de vérification de son droit au séjour ne respectent pas les conditions prévues par les dispositions combinées de l'article L. 812-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 78-1 du code de procédure pénale, il n'appartient toutefois pas au juge administratif de se prononcer sur la régularité des conditions du contrôle d'identité et de la vérification du droit au séjour qui ont, le cas échéant, précédé l'édiction d'une décision d'assignation à résidence à l'encontre d'un étranger qui fait l'objet d'une mesure d'éloignement. Au surplus, l'éventuelle irrégularité dont seraient entachées de telles opérations serait sans incidence sur la légalité de l'arrêté contesté, dès lors qu'elles n'en constituent pas le fondement ni même la base légale. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure est inopérant et ne peut qu'être écarté.

22. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté contesté, ni d'aucune autre pièce du dossier que la préfète de l'Ain n'aurait pas procédé à un examen sérieux et particulier de la situation personnelle de Mme C. À cet égard, s'il est loisible à la requérante de contester l'appréciation portée par l'autorité préfectorale sur sa situation personnelle et l'existence d'un risque qu'elle se soustraie à la mesure d'éloignement dont elle fait l'objet, cette divergence d'analyse n'est pas de nature à établir le défaut d'examen allégué alors au surplus que l'édiction d'une mesure d'assignation à résidence est de nature à démontrer que la préfète du Rhône a considéré qu'elle présentait des garanties de représentation propres à prévenir le risque qu'elle se soustraie à cette mesure d'éloignement dans l'attente de son exécution effective. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit, tel qu'il est articulé, est infondé et doit être écarté.

23. En dernier lieu, d'une part, en vertu des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

24. D'autre part, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire () n'a pas été accordé ; () ". Selon les termes de l'article L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. () ". Et selon les termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, () définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; () ".

25. Pour assigner Mme C à résidence dans le département du Rhône, dont elle a interdiction de sortir sans autorisation, pour une durée de quarante-cinq jours, et l'astreindre à se présenter deux fois par semaine, les lundis et jeudis, y compris les jours fériés et chômés, entre 9 heures et 18 heures, auprès des services du commissariat de police de Givors, la préfète du Rhône s'est fondée sur les motifs tirés, d'une part, de ce que l'intéressée avait fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire n'avait pas été accordé, d'autre part, de ce qu'elle ne pouvait quitter immédiatement le territoire français, dès lors qu'elle n'avait pas été en mesure de présenter à l'administration un document transfrontière à son nom et en cours de validité mais que son éloignement demeurait une perspective raisonnable compte tenu de ce qu'elle pouvait solliciter la délivrance d'un laisser-passer ou d'un passeport auprès des autorités consulaires afin de permettre son retour aux Comores, et, enfin, que les modalités de présentation aux fins de pointage précitées, dans l'attente de la délivrance d'un document permettant son éloignement, était apparues nécessaires et appropriées. En l'espèce, si la requérante, qui ne conteste pas utilement le principe de l'assignation à résidence dont elle fait l'objet, soutient que ses modalités porteraient une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, elle ne fait toutefois état d'aucun obstacle à ce qu'elle puisse se présenter deux fois par semaine auprès des services du commissariat de police de Givors afin de faire constater qu'elle respecte la mesure d'assignation à résidence dont elle fait l'objet et les démarches entreprises pour l'obtention d'un document de voyage permettant son éloignement. Par suite, c'est sans faire une inexacte application des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni porter une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations également précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que la préfète du Rhône a prononcé, dans son principe et ses modalités, son assignation à résidence dans le département du Rhône, laquelle ne présente pas, s'agissant de ses modalités, un caractère disproportionné.

26. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les requêtes nos 2411585 et 2411591 présentées par Mme C doivent être rejetées en toutes leurs conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : Les requêtes nos 2411585 et 2411591 de Mme C sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à la préfète de l'Ain et à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

C. Gueguen

La greffière,

F. Gaillard

La République mande et ordonne aux préfètes de l'Ain et du Rhône, en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

Nos 2411585 - 2411591