Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2411650

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2411650
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon a rejeté la requête de M. C, ressortissant tunisien, qui contestait les décisions de la préfète de l'Ain lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, avec interdiction de retour d'un an et assignation à résidence. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence, d'insuffisance de motivation et d'erreurs de fait, jugeant que la signataire disposait d'une délégation régulière et que les décisions étaient suffisamment motivées. Il a également estimé que la situation personnelle de M. C, en France depuis quatre ans sans ressources stables et avec sa famille en Tunisie, ne justifiait pas une erreur manifeste d'appréciation. La décision s'appuie sur le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le code des relations entre le public et l'administration.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 novembre 2024, M. B C, représenté par Me Chebbah, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 13 novembre 2024 par lesquelles la préfète de l'Ain lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de renvoi, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant un an et l'a assigné à résidence ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 80 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente, en l'absence de délégation de signature ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché de plusieurs erreurs de fait ;

- les décisions sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 novembre 2024, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est susceptible de prospérer.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme A en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de justice administrative pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Seul le rapport de Mme A a été présenté au cours de l'audience.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant tunisien né le 11 mars 1993, est entré irrégulièrement en France, selon ses déclarations, durant l'année 2020. Il demande au tribunal d'annuler les décisions prises à son encontre le 13 novembre 2024 par la préfète de l'Ain lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant son pays de destination, lui faisant interdiction de retour pendant un an et l'assignant à résidence.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, les décisions attaquées ont été signées par Mme E D, adjointe au chef du bureau de l'éloignement et du contentieux de la préfecture de l'Ain, qui disposait d'une délégation consentie à cet effet par un arrêté de la préfète de l'Ain du 1er octobre 2024 publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial. Le moyen tiré de l'incompétence de l'autorité signataire des décisions attaquées doit donc être écarté.

3. En deuxième lieu, ces décisions font mention des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elles sont, dès lors, suffisamment motivées.

4. En troisième lieu, M. C fait valoir que la préfète de l'Ain a commis des erreurs de faits, et soutient qu'il a justifié de son identité et d'une adresse. Toutefois, et alors que les décisions attaquées ne reposent pas sur des motifs tirés de ce que l'intéressé n'aurait pas justifié d'une identité ou d'une adresse, ce moyen, à le supposer fondé, est sans incidence sur leur légalité.

5. En quatrième et dernier lieu, M. C, qui réside sur le territoire français en situation irrégulière depuis quatre ans selon ses déclarations, a lui-même indiqué que l'ensemble des membres de sa famille, à l'exception de son oncle, vit en Tunisie, pays dont il a la nationalité. Il ne justifie pas de moyens d'existence en se bornant à faire valoir, sans l'établir, qu'il occupe les fonctions d'aide-cuisinier dans un restaurant à Ferney-Voltaire. M. C n'est, pour ces motifs, pas fondé à soutenir que les décisions attaquées seraient entachées d'erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions de M. C à fin d'injonction sous astreinte doivent donc être rejetées également.

Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante, le versement à M. C d'une quelconque somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la préfète de l'Ain.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024

La magistrate désignée,

A. A

La greffière,

S. Lecas

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,