Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2411829
jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2411829 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 novembre 2024, Mme B C demande au juge des référés de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 31 octobre 2024 par laquelle la préfète du Rhône a refusé de renouveler son titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
Elle soutient que :
- l'exécution de cette décision aurait des conséquences graves et irréversibles sur sa vie personnelle, dès lors qu'elle mettrait en péril la stabilité de son mariage, qui reste récent, et sa vie professionnelle, puisqu'elle risque de perdre son emploi ; son employeur exige qu'elle dispose d'un titre de séjour pour travailler ;
- la décision ne tient pas compte des éléments récents de sa situation démontrant son intégration et son engagement en France.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 28 novembre 2024 sous le n° 2411826 par laquelle Mme C demande l'annulation des décisions du 31 octobre 2024 en litige.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "
2. D'une part, aux termes de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi. / (). ". Selon les termes de l'article L. 722-8 du même code : " Lorsque l'étranger ne peut être éloigné en exécution d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, l'autorité administrative ne peut pas procéder à l'exécution d'office de l'interdiction de retour assortissant cette obligation de quitter le territoire français. "
3. Il résulte des dispositions citées au point précédent que le dépôt par Mme C, le 28 novembre 2024, d'un recours en annulation dirigé contre la décision du 31 octobre 2024 par laquelle la préfète du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fait à ce jour obstacle à son éloignement effectif. Par suite, les conclusions de la requête, en ce qu'elles tendent à la suspension de l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'ayant aucun objet, l'intéressée n'est pas recevable, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à en demander la suspension.
4. D'autre part, et à supposer que Mme C puisse être considérée comme ayant entendu soulever un moyen dirigé contre la décision de refus de renouvellement de son titre de séjour mention étudiant, il n'apparaît manifestement pas propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux sur la légalité de cette décision, de sorte que les conclusions de la requête tendant à la suspension de ce refus doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence est remplie.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée dans toutes ses conclusions, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C.
Copie sera adressée à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 5 décembre 2024.
Le juge des référés,
T. A
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
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