Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2411853
jeudi 2 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2411853 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 novembre 2024, M. B C demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui fixer un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.
Il soutient qu'il tente en vain depuis juillet 2024 d'obtenir un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour ; du fait de sa situation irrégulière, son employeur l'a placé en disponibilité et il ne peut plus ainsi subvenir aux besoins de sa famille, alors qu'il a cinq enfants ; il ne peut plus payer son loyer et doit emprunter de l'argent.
La requête a été communiquée à la préfète du Rhône qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
2. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
3. Lorsque le rendez-vous ne peut être obtenu qu'en se connectant au site internet de la préfecture, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que, si l'étranger établit qu'il n'a pu obtenir une date de rendez-vous, malgré plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
4. En l'espèce, M. C, ressortissant tunisien, soutient avoir tenté d'obtenir un rendez-vous en vue du renouvellement de son titre de séjour depuis juillet 2024. Il ne justifie toutefois avoir déposé une demande en vue de l'obtention d'un rendez-vous sur la plateforme " Démarches simplifiées " que le 27 septembre 2024, soit, semble-t-il, après l'expiration de son précédent titre de séjour, selon les indications d'ailleurs contradictoires du requérant, lequel précise dans ses écritures que son précédent titre est périmé depuis neuf mois, tout en joignant une attestation de son employeur précisant que son précédent titre expirait le 12 juillet 2024. Dans ces conditions, et en l'état de l'instruction, l'intéressé ne peut se prévaloir de la présomption d'urgence applicable en cas de demande de renouvellement de titre de séjour. Par ailleurs, si l'intéressé fait valoir que son contrat de travail est suspendu, ainsi que l'indique une attestation succincte de son employeur en date du 29 octobre 2024, le requérant n'explique pas les motifs du retard pris dans ses démarches en vue du renouvellement de son titre de séjour et ne produit aucun élément justifiant de la situation familiale dont il fait état. Dans ces circonstances, et alors que la demande de rendez-vous déposée par M. C reste assez récente et que l'intéressé ne justifie que de deux relances, les 29 octobre et 1er novembre 2024, la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-3 précité du code de justice administrative ne peut être regardée, en l'état de l'instruction, comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 2 janvier 2025.
Le juge des référés,
T. A
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition,
Un greffier,
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