Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2413028
vendredi 27 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2413028 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 décembre 2024, M. D saisit le juge des référés " mesures utiles ", suite aux délais de traitement de sa demande de renouvellement de titre de séjour qu'il qualifie d'anormalement long et qui mettent sa situation professionnelle en péril, souhaite aussi attaquer l'ANEF " ou tout autre organisme déclencheur " pour non traitement de " la liste des problèmes relevés sur les tickets dont la liste est en " pièce jointe, et pour non traitement en urgence de son dossier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste () qu'elle est irrecevable () le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. Par ailleurs, aux termes des dispositions de l'article L. 433-3 du le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle d'une durée de quatre ans, d'une carte de résident ou d'un titre de séjour d'une durée supérieure à un an prévu par une stipulation internationale en demande le renouvellement, il peut justifier de la régularité de son séjour entre la date d'expiration de ce document et la décision prise par l'autorité administrative sur sa demande par la présentation de la carte ou du titre expiré, dans la limite de trois mois à compter de cette date d'expiration. / Dans des départements dont la liste est fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration, l'étranger qui a déposé, avant son expiration, une demande de renouvellement de sa carte de séjour temporaire ou de sa carte de séjour pluriannuelle autre que celle ayant une durée de validité de quatre ans, peut justifier de la régularité de son séjour par la présentation de la carte expirée dans la limite de trois mois à compter de cette date d'expiration. Pendant les périodes définies au présent article, l'étranger conserve l'intégralité de ses droits sociaux ainsi que son droit d'exercer une activité professionnelle ". Aux termes de l'article R. 433-3 dudit code : " Pour l'application du premier alinéa de l'article L. 433-3, l'étranger peut justifier de ses démarches en vue du renouvellement de la carte de résident dont il est titulaire par la présentation d'une attestation de dépôt de sa demande de renouvellement. Cette attestation est délivrée par les services qui ont reçu la demande. Elle vaut convocation pour la remise du titre de séjour sollicité ".
4. Par la présente requête, M. B informe le juge des référés des difficultés rencontrées pendant plusieurs mois pour déposer sur le site ANEF sa demande de renouvellement de son certificat de résidence de dix ans valable jusqu'au 21 novembre 2024, cette demande ayant été finalement enregistrée le 6 novembre 2024, une attestation de dépôt lui ayant été délivré à ce sujet. Il expose qu'aucune suite n'a été donnée à sa demande, le traitement de cette dernière étant qualifiée par le requérant d'anormalement long. M. B soutient par ailleurs que sa situation professionnelle est en péril. Toutefois, d'une part, en se bornant à saisir le juge des référés " mesures utiles " suite aux délais de traitement de sa demande de renouvellement de titre de séjour qu'il qualifie d'anormalement long et qui mettent sa situation professionnelle en péril, le requérant, en admettant même qu'il puisse être regardé comme ayant entendu saisir le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, ne formule en l'espèce aucune conclusion suffisamment précise et recevable. En outre, conformément aux dispositions de l'article L.433-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, précitées au point 3, le requérant conserve le bénéfice de son droit au séjour et de son droit au travail, malgré l'expiration de son titre de séjour le 21 novembre 2024, et ce jusqu'au 21 février 2025. S'il indique par ailleurs souhaiter attaquer l'ANEF " ou tout autre organisme déclencheur " pour non traitement de " la liste des problèmes relevés sur les tickets dont la liste est " en pièce jointe, et pour non traitement en urgence de son dossier, il ne précise pas davantage ses conclusions et alors que, de plus, en admettant qu'il entende solliciter la condamnation de l'ANEF ou de toute autre personne publique en charge de son dossier de l'indemniser en raison de la durée et des conditions de traitement de son dossier de demande de renouvellement de titre, une telle demande qui ne présente aucun caractère provisoire ou conservatoire, n'est pas au nombre des mesures qui peuvent être présentées au juge des référés " mesures utiles " sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D.
Copie en sera adressée à la préfète du Rhône
Fait à Lyon, le 27 décembre 2024.
Le juge des référés,
Juan Segado
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
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