Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 décembre 2024, M. A... B..., représenté par Me Maugez, demande au tribunal :
1°) d’annuler les décisions du 26 novembre 2024 par lesquelles la préfète de l’Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761‑1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu’il renonce au bénéfice de la part contributive de l’Etat.
Il soutient que :
– il remplit les conditions nécessaires pour bénéficier du renouvellement de son titre de séjour prévu aux articles L 200-4, L 233-1, 1° et 2°, L. 233-2 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
– la préfète ne démontre pas que son épouse vit en France depuis moins de cinq ans ;
– cette décision est entachée d’erreur manifeste d’appréciation ;
– la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
– cette décision est entachée d’erreur manifeste d’appréciation ;
– le délai de trente jours est particulièrement inadapté à sa situation exceptionnelle ;
– cette décision est entachée d’erreur manifeste d’appréciation ;
– en cas de retour au Maroc, dans le cadre d’une exécution d’office de la mesure d’éloignement, il serait exposé à des traitements inhumains et dégradants ;
– cette décision est entachée d’erreur manifeste d’appréciation ;
– les décisions attaquées méconnaissent le 1 de l’article 3 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 février 2025, la préfète de l’Ain conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu’aucun des moyens de la requête n’est fondé.
M. B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle partielle à hauteur de 55 % par une décision du 18 avril 2025.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
– la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
– la convention internationale des droits de l’enfant ;
– le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
– la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
– le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
– le rapport de Mme Dèche, présidente-rapporteure,
– et les observations de Me Maugez pour M. B....
Considérant ce qui suit :
M. A... B..., ressortissant marocain, né le 21 septembre 1976 déclare être entré en France le 24 novembre 2021, muni d’un titre de séjour italien portant la mention « motif familial » valable du 22 octobre 2022 au 4 janvier 2024. Le 5 octobre 2022, le requérant a bénéficié d’un titre de séjour en application des dispositions de l’article L. 233-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, régulièrement renouvelé jusqu’au 22 novembre 2024. Le 31 août 2024, il a sollicité auprès des services de la préfecture de l’Ain le renouvellement de son titre de séjour ainsi que la délivrance d’un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l’article L. 234-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par des décisions du 26 novembre 2024 dont il demande l’annulation la préfète de l’Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Sur le refus de titre de séjour :
En premier lieu, aux termes de l’article L. 200-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le présent livre détermine les règles applicables à l’entrée, au séjour et à l’éloignement : / Des citoyens de l’Union européenne, tels que définis à l’article L. 200-2 ; / (...) / 3° Des membres de famille des citoyens de l’Union européenne et des étrangers qui leur sont assimilés, tels que définis à l’article L. 200-4 ; / (...). ». L’article L. 200-2 du même code dispose qu’« Est citoyen de l’Union européenne toute personne ayant la nationalité d’un État membre », tandis que l’article L. 200-4 de ce code précise que « Par membre de famille d’un citoyen de l’Union européenne, on entend le ressortissant étranger, quelle que soit sa nationalité, qui relève d’une des situations suivantes : / 1° Conjoint du citoyen de l’Union européenne ; (...). ». Aux termes de l’article L. 233-1 du même code : « Les citoyens de l’Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s’ils satisfont à l’une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d’assistance sociale, ainsi que d’une assurance maladie ; / (...). ». Aux termes de l’article L. 233-2 de ce code : « Les ressortissants de pays tiers, membres de famille d’un citoyen de l’Union européenne satisfaisant aux conditions énoncées aux 1° ou 2° de l’article L. 233-1, ont le droit de séjourner sur le territoire français pour une durée supérieure à trois mois. / (...). ». Aux termes de l’article R. 233-1 du même code : « (...) / Lorsqu’il est exigé, le caractère suffisant des ressources est apprécié en tenant compte de la situation personnelle de l’intéressé. En aucun cas, le montant exigé ne peut excéder le montant forfaitaire du revenu de solidarité active mentionné à l’article L. 262-2 du code de l’action sociale et des familles. / La charge pour le système d’assistance sociale que peut constituer le ressortissant mentionné à l’article L. 233-1 est évaluée en prenant notamment en compte le montant des prestations sociales non contributives qui lui ont été accordées, la durée de ses difficultés et de son séjour. ». Aux termes de l’article R. 233-7 de ce code, « Les citoyens de l'Union européenne mentionnés au 1° de l'article L. 233-1 conservent leur droit au séjour en qualité de travailleur salarié ou de non-salarié dans les situations suivantes : (…) / 2° Ils se trouvent en chômage involontaire dûment constaté après avoir exercé leur activité professionnelle pendant plus d'un an et sont inscrits sur la liste des demandeurs d'emploi ; (…) Ils conservent au même titre leur droit de séjour pendant six mois s'ils sont involontairement privés d'emploi dans les douze premiers mois qui suivent le début de leur activité professionnelle et sont inscrits sur la liste des demandeurs d'emploi. ».
Il résulte de ces dispositions que le ressortissant d’un Etat tiers ne dispose d’un droit au séjour en France en qualité de conjoint d’un ressortissant de l’Union européenne que dans la mesure où ce dernier remplit lui-même les conditions fixées au 1° ou au 2° de l’article L. 233-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Le conjoint d’un ressortissant de l’Union européenne résidant en France peut ainsi bénéficier d’une carte de séjour en qualité de membre de famille, à condition que ce ressortissant exerce une activité professionnelle ou dispose, pour lui et les membres de sa famille, de ressources suffisantes, ces deux conditions relatives à l’activité professionnelle et aux ressources étant alternatives et non cumulatives. Ainsi que l’a jugé la Cour de justice des Communautés européennes, interprétant l’article 1er de la directive 90/364 du Conseil du 28 juin 1990, dont les articles L. 233-1 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ont vocation à assurer la transposition dans l’ordre juridique interne, une interprétation de la condition relative au caractère suffisant des ressources au sens de cette directive, selon laquelle le citoyen de l’Union doit disposer lui-même de telles ressources sans qu’il puisse se prévaloir à cet égard des ressources d’un membre de la famille qui l’accompagne, ajouterait à cette condition, telle qu’elle est formulée dans cette directive, une exigence relative à la provenance des ressources qui constituerait une ingérence disproportionnée dans l’exercice du droit fondamental de libre circulation et de séjour (CJCE, décisions C-200/02 du 19 octobre 2004 et C-408/03 du 23 mars 2008).
Pour refuser de délivrer à M. B... le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement de l’article L. 233-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, la préfète de l’Ain a estimé que sa conjointe, ressortissante italienne, ne remplissait pas les conditions prévues aux 1° et 2° de cet article dès lors qu’elle n’exerçait aucune activité professionnelle en France et ne disposait pas de ressources suffisantes pour elle-même et son conjoint afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale.
Si le requérant ne conteste pas le fait que sa conjointe n’exerçait pas d’activité professionnelle en France au sens du 1° de l’article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il fait valoir que la préfète aurait dû, pour apprécier le caractère suffisant des ressources de sa conjointe au sens du 2° de ce même article, tenir compte, non seulement des ressources personnelles de cette dernière, mais également de sa propre situation professionnelle et des ressources dont lui-même disposait. Dans son mémoire en défense qui a été communiqué, la préfète qui admet son erreur sur ce point, sollicite une substitution de motifs et fait désormais valoir que, même en prenant en compte les ressources de M. B..., la situation de sa conjointe ne pouvait être regardée comme satisfaisant à la condition de disposer de ressources suffisantes visée au 2° de l’article L.233-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
L'administration peut faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il peut être procédé à une telle substitution lorsque cet autre motif est de nature à fonder légalement la décision et s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. La substitution demandée ne doit pas priver le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
En se bornant à produire un avis d’imposition de l’année 2024 au titre des revenus perçus par le couple pour l’année 2023, alors que la préfète fait valoir sans être utilement contredite que l’intéressé n’a travaillé, sur l’année précédant sa demande de titre de séjour, qu’entre le 12 avril et le 30 août 2024, ses revenus s’élevant à 7 327,97 euros sur les neuf premiers mois de l’année, que son épouse ne justifie d’aucun revenu sur cette période et que le couple ne justifie pas d’autres revenus ou de prestations sociales, le requérant n’établit pas que sa conjointe disposait, à la date de la décision attaquée, pour elle et pour les membres de sa famille, de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d’assistance sociale français. Dans ces conditions, dans la mesure où il résulte de l'instruction que la préfète de l’Ain aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif et qu’une telle substitution de motifs ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale, les moyens soulevés, tirés d’une erreur de droit et d’une erreur d’appréciation dans l’application des dispositions précitées au point 2, doivent être écartés.
En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 234-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Les citoyens de l'Union européenne mentionnés à l'article L. 233-1 qui ont résidé de manière légale et ininterrompue en France pendant les cinq années précédentes acquièrent un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français. Les ressortissants de pays tiers, membres de famille, acquièrent également un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français à condition qu'ils aient résidé en France de manière légale et ininterrompue pendant les cinq années précédentes avec le citoyen de l'Union européenne mentionné au premier alinéa. Une carte de séjour d'une durée de validité de dix ans renouvelable de plein droit leur est délivrée. ».
Alors qu’il ressort des pièces du dossier que le requérant a déclaré être entré en France le 24 novembre 2021, il n’apporte aucun élément permettant d’établir qu’en réalité il aurait résidé en France avec sa conjointe de manière légale et ininterrompue pendant les cinq années précédant la décision en litige. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation doit être écarté.
En dernier lieu, aux termes du 1 de l’article 3 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant : « Dans toutes les décisions qui concernent les enfants (…) l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale ».
Il ne ressort pas des pièces du dossier que la scolarité des enfants mineurs de M. B..., nés en 2008 et 2014 ne pourrait pas se poursuivre au Maroc ou en Italie, ni que la cellule familiale ne pourrait pas s’y reconstituer. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1 de l’article 3 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant doit être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
En premier lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ».
M. B... fait valoir qu’il est entré en France le 24 novembre 2021, qu’il réside de façon continue sur le territoire français depuis plus de trois ans, à la date de la décision contestée, qu’il justifie d’une communauté de vie avec son épouse de nationalité italienne et qu’il est le père de deux enfants de nationalité italienne, nés de cette union en 2014 et 2008. Par ailleurs, il soutient être intégré dans la société française, être francophone, n’avoir jamais fait l’objet d’une condamnation pénale, contribuer aux charges du foyer ainsi qu’à l’éducation des enfants et que son épouse et ses enfants, de nationalité italienne ne souhaitent pas quitter le France. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que son épouse ne justifie pas d’un droit au séjour sur le territoire français. Par ailleurs, M. B... ne démontre pas être dans l’impossibilité de reconstituer sa cellule familiale dans son pays d’origine ou dans tout autre pays dans lequel il pourrait être légalement admissible. Dans ces conditions, la décision attaquée ne méconnaît pas l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la décision portant obligation de quitter le territoire français n’est pas davantage entachée d’une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11 du présent jugement et en l’absence de toute argumentation supplémentaire, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1 de l’article 3 de la convention internationale des droits de l’enfant doit être écarté.
En dernier lieu, le requérant ne peut utilement invoquer la méconnaissance de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales à l’encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui n’a ni pour objet ni pour effet de fixer le pays à destination duquel il doit être éloigné.
Sur la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours :
Aux termes de l’article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ».
M. B... soutient que la préfète de l’Ain aurait dû lui octroyer un délai de départ volontaire supérieur à trente jours dans la mesure où son départ aura pour conséquence de mettre son épouse et ses enfants en difficulté dès lors qu’il assume en grande partie les charges du foyer et que les revenus de son épouse ne lui permettront pas d’assumer les charges de la vie courante ainsi que l’entretien de ses deux enfants. Par ailleurs, il soutient que son épouse et ses enfants, de nationalité italienne, n’ont pas vocation à s’installer au Maroc. Toutefois, il n’apparaît pas, au regard des éléments produits au dossier, qu’un délai supplémentaire aurait dû lui être accordé pour quitter volontairement le territoire français. Par ailleurs, le requérant ne démontre pas que son épouse, ne disposant d’aucun droit au séjour en France et que ses enfants seraient dans l’impossibilité de se reconstituer leur vie privée et familiale en Italie, pays dans lequel ils seraient légalement admissibles et dans lequel M. B... pourrait solliciter la délivrance d’un titre de séjour. Par suite, le moyen soulevé tiré de la méconnaissance de l’erreur manifeste d’appréciation ne peut qu’être écarté.
Enfin, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11 du présent jugement et en l’absence de toute argumentation supplémentaire, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1 de l’article 3 de la convention internationale des droits de l’enfant doit être écarté.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
En premier lieu, aux termes de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ».
Si M. B... soutient qu’il encourt des risques de traitements inhumains et dégradants dans son pays d’origine au sens des stipulations précitées dès lors que la population marocaine le rejettera du fait de son adhésion aux valeurs françaises, il n’apporte toutefois, à l’appui de son moyen, aucun élément précis relatif à sa situation personnelle de nature à établir qu’il serait effectivement personnellement exposé à de tels risques. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi méconnaîtrait l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n’est pas entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11 du présent jugement et en l’absence de toute argumentation supplémentaire, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1 de l’article 3 de la convention internationale des droits de l’enfant doit être écarté.
Il résulte de l’ensemble ce qui précède que la requête présentée par M. B... doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et à la préfète de l’Ain.
Délibéré après l’audience du 16 janvier 2026, à laquelle siégeaient :
Mme Dèche, présidente,
Mme Monteiro, première conseillère,
Mme Lacroix, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2026.
La présidente-rapporteure,
P. Dèche
L’assesseure la plus ancienne,
M. Monteiro
La greffière,
S. Hosni
La République mande et ordonne à la préfète de l’Ain, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,