vendredi 18 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2413277 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 7ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 décembre 2024, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 20 novembre 2024 par lesquelles le préfet de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juin 2025, le préfet de la Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour exercer temporairement les fonctions de présidente de la 7ème chambre en application du second alinéa de l'article R. 222-17 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Rizzato a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant chinois né le 28 juin 1976, entré régulièrement en France le 28 janvier 2015, demande l'annulation des décisions du 20 novembre 2024 par lesquelles le préfet de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français en litige visent les textes dont elles font application, notamment les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et rappellent les éléments de fait relatifs à la situation personnelle et familiale de M. A dont l'administration avait alors connaissance, et notamment la présence sur le territoire français de sa fille et de sa sœur, ainsi que les éléments relatifs à sa situation professionnelle. En conséquence, les décisions comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et sont, par suite, suffisamment motivées. Il ne résulte par ailleurs ni des termes des décisions, ni des pièces du dossier que le préfet de la Loire n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant. Les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen de la situation de M. A doivent être écartés.
3. En second lieu, il est constant que l'épouse de M. A a fixé le centre de ses intérêts personnels en Chine, où celle-ci réside, sa fille se maintenant pour sa part irrégulièrement sur le territoire postérieurement à son entrée en France, sous couvert d'un visa court séjour, le 15 juillet 2016. S'il se prévaut de la présence de sa sœur, ressortissante chinoise en situation régulière, gérante dans la restauration, ainsi que du soutien qu'il apporte à son activité en qualité de chef cuisinier depuis 2017, il ne ressort pas des pièces du dossier que sa présence serait indispensable. Le requérant, qui ne justifie pas des conditions de son séjour en France ni de liens personnels et familiaux anciens, stables et intenses sur le territoire français, ne justifie pas davantage de son insertion sociale ou professionnelle. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant serait dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Pour ces motifs, la décision attaquée portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
4. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête à fin d'annulation du requérant, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions à fin d'injonction de la requête.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Loire.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Rizzato, première conseillère faisant fonction de présidente,
Mme Leravat, première conseillère,
Mme de Tonnac, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2025.
La première conseillère,
faisant fonction de présidente de chambre,
C. Rizzato
L'assesseure la plus ancienne
C. Leravat La greffière,
S. Rolland
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
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