Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2500001
jeudi 2 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2500001 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er janvier 2025, M. A B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Rhône de statuer sur sa demande d'autorisation provisoire de séjour dans un délai de soixante-douze heures à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de prendre toute mesure provisoire permettant d'éviter qu'il se trouve dans une situation de précarité administrative.
Il soutient qu'alors que son titre de séjour étudiant arrive à expiration le 16 janvier 2025, il a déposé le 21 octobre 2024 une demande de titre de séjour mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " ; depuis cette date, il ne lui a été fait aucun retour sur sa demande et aucune décision n'a été prise ; dans ces conditions, il ne peut débuter une activité professionnelle, ni bénéficier de droits sociaux ; il est ainsi porté une atteinte grave à son droit de mener une vie privée et familiale normale, à son droit au travail et au principe d'égalité devant les services publics.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 précité du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
3. M. B, ressortissant sénégalais né en 1999, est titulaire d'un titre de séjour étudiant valable jusqu'au 16 janvier 2025. Le 21 octobre 2024, il a entrepris des démarches auprès de la préfecture du Rhône pour obtenir un rendez-vous en vue du dépôt d'une demande de titre séjour mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise ". Faisant valoir qu'il n'a eu aucun retour sur cette demande, qu'aucune décision n'a été prise ni rendez-vous fixé, il demande au juge des référés d'enjoindre à la préfète du Rhône de se prononcer, dans les soixante-douze-heures, sur sa demande tendant à la délivrance d'un document autorisant provisoirement son séjour.
4. Pour justifier d'une urgence particulière, rendant nécessaire l'intervention, dans un délai de quarante-huit heures, du juge des référés statuant sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, M. B évoque le risque qu'il soit amené à se trouver dans une situation de précarité administrative, et le fait qu'il ne peut ainsi débuter une activité professionnelle ou bénéficier de droits sociaux. Toutefois, et alors au demeurant que le requérant ne produit aucun élément précis permettant d'apprécier concrètement sa situation, et notamment les perspectives d'insertion professionnelle dont il fait état de manière vague, il résulte de l'instruction que l'intéressé séjourne encore régulièrement sur le territoire français à la date de la présente ordonnance, et pour les deux prochaines semaines, bénéficiant ainsi des droits s'attachant à son séjour régulier, de sorte qu'il ne justifie pas d'une situation d'urgence caractérisée, au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie sera adressée à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 2 janvier 2025.
Le juge des référés,
T. Besse
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
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