vendredi 31 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2500410 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 janvier 2025, Mme D épouse G, représentée par la Selarl BS2A Bescou et Sabatier Associés (Me Bescou), demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 janvier 2025 par lequel la préfète de l'Ain lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois ;
2°) d'annuler l'arrêté du 4 janvier 2025 par lequel la préfète du Rhône l'a assignée à résidence pour une durée de maximale de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) d'enjoindre, selon les mêmes conditions, à la préfète de l'Ain de procéder à l'effacement du signalement aux fins de non-admission Schengen et d'en justifier dans un délai de huit jours ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- il n'est pas justifié de la compétence des auteures des actes attaqués ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la préfète de l'Ain n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa demande et la décision attaquée est, à tout le moins, entachée d'un vice de procédure et d'une erreur de droit en méconnaissance des dispositions de l'article L.613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;
En ce qui concerne la décision refusant tout délai de départ volontaire :
- la décision attaquée est illégale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions l'obligeant à quitter sans délai le territoire français ;
- la préfète de l'Ain n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa demande ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dès lors que la préfète s'est bornée à relever que sa situation entrait dans les critères fixés par les dispositions de l'article L.612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois :
- la décision attaquée est illégale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions l'obligeant à quitter sans délai le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L.612-6 et L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'erreur d'appréciation ;
En ce qui concerne les décisions fixant le pays de destination et portant assignation à résidence :
- les décisions attaquées sont illégales par voie de conséquence de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
Des pièces complémentaires présentées par la préfète du Rhône ont été enregistrées le 22 janvier 2025 et communiquées.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 janvier 2025, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Jorda, première conseillère, pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesures d'éloignement, d'assignation, de rétention ou de remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jorda, première conseillère ;
- les observations de Me Bescou, représentant Mme D, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- les observations de Mme D, assistée par M. F, interprète en langue anglaise, qui répond aux questions de la magistrate déléguée ;
- les préfètes de l'Ain et du Rhône n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D épouse G, ressortissante philippine née le 7 novembre 1975, est entrée en France le 27 août 2018. Par deux arrêtés du 4 janvier 2025, dont elle demande l'annulation, la préfète de l'Ain l'a obligée à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et lui a interdit de revenir sur le territoire français pendant une durée de dix-huit mois et la préfète du Rhône l'a assignée à résidence pour une durée maximale de quarante-cinq jours.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
En ce qui concerne la compétence des auteures des décisions attaquées
2. En premier lieu, l'arrêté du 4 janvier 2025 par lequel la préfète de l'Ain a obligé la requérante à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et lui a interdit de revenir sur le territoire français pendant une durée de dix-huit mois est signé par Mme E B, directrice de cabinet de la préfecture de l'Ain, investie à cet effet d'une délégation de signature du 27 octobre 2023 régulièrement publiée le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de cette décision doit ainsi être écarté.
3. En second lieu, il appartient non à l'autorité administrative de justifier a priori de la légalité de la décision attaquée mais au requérant de soulever des moyens assortis de précisions suffisantes permettant au juge d'y statuer. Par ailleurs, une délégation de signature ayant une portée réglementaire, elle devient opposable dès sa publication. Il suit de là que les décisions attaquées ne sauraient être entachées d'incompétence au seul motif que le défendeur devrait justifier des délégations de signature. En l'espèce, et en tout état de cause, l'arrêté du 4 janvier 2025 par lequel la préfète du Rhône a assigné à résidence la requérante pour une durée maximale de quarante-cinq jours a été signé par M. C, sous-préfet de Villefranche-sur-Saône, qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté de la préfète du Rhône du 11 juillet 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture le lendemain, d'une délégation pour signer de tels actes. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de cette seconde décision doit ainsi être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit ". Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires préalables à l'adoption de l'article 37 de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, que le législateur a entendu imposer au préfet, avant l'édiction d'une obligation de quitter le territoire français, de vérifier, compte tenu des informations en sa possession, si un étranger peut prétendre à la délivrance de plein droit d'un titre de séjour et, dans le cas contraire, si la durée de sa présence en France et la nature et l'ancienneté des liens font obstacle à son éloignement.
5. Pour soutenir que la préfète de l'Ain n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa demande et que la décision attaquée est, à tout le moins, entachée d'un vice de procédure et d'une erreur de droit en méconnaissance des dispositions de l'article L.613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la requérante fait valoir que, en ne visant pas expressément l'article L.613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète de l'Ain n'établit pas avoir examiné, préalablement à sa décision, son droit au séjour en France. Toutefois, d'une part, il ressort des pièces du dossier et notamment du procès-verbal de son audition du 4 janvier 2025, qu'avant l'édiction de l'obligation de quitter le territoire français, Mme D a été invitée, lors de sa retenue administrative pour vérification de son droit au séjour, à présenter ses observations sur sa situation personnelle, notamment familiale et professionnelle, sur un éventuel état de vulnérabilité ou de handicap et sur l'ancienneté et les raisons de son séjour, permettant à l'administration d'apprécier si l'intéressée pouvait bénéficier de plein droit d'un titre de séjour, sans qu'elle soit pour autant tenue de préciser dans sa décision en quoi la situation particulière de l'intéressée y faisait obstacle. D'autre part, contrairement à ce qu'il a été soutenu à l'audience, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué, que la préfète de l'Ain a analysé aussi bien la vie privée et familiale sur le territoire national de l'intéressée, ses liens avec son pays d'origine que son intégration socio-professionnelle. Par suite, même si la préfète n'a pas expressément mentionné les dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle a procédé à un examen réel et sérieux de la situation de la requérante et a vérifié son droit au séjour. Par suite, les moyens tirés de ce que la décision faisant obligation à Mme D de quitter le territoire français serait entachée d'un vice de procédure, d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ou méconnaîtrait les dispositions précitées doivent tous être écartés.
6. En second lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
7. Mme D a déclaré être entrée en France en 2018, soit à l'âge de 43 ans. L'intéressée, qui a déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement prise par la préfète du Rhône le 31 mars 2021 et confirmée par un jugement du tribunal du 11 février 2022, à laquelle elle n'a pas déférée, n'établit pas disposer d'une vie privée et familiale en France, alors que ses enfants et son mari vivent dans son pays d'origine, les Philippines, où elle a passé la majeure partie de son existence. Dans ces conditions, et même si elle justifie de plusieurs contrats de travail en qualité de femme de ménage, en l'absence de circonstance particulière, la préfète de l'Ain n'a pas porté, en l'obligeant à quitter le territoire français, une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision refusant tout délai de départ volontaire :
8. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, la requérante n'est pas fondée à invoquer l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision lui refusant tout délai de départ volontaire.
9. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision en litige, qui précise les éléments pour lesquels la préfète a décidé de priver la requérante d'un délai de départ volontaire, aurait été prise sans examen préalable réel et sérieux de sa situation personnelle. Par suite, ce moyen doit être écarté.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du même code : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ".
11. Il ressort des pièces du dossier et comme indiqué précédemment que Mme D a déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement prise par la préfète du Rhône le 31 mars 2021 et confirmée par un jugement du tribunal du 11 février 2022, à laquelle elle n'a pas déférée. Elle entrait donc dans la situation, prévue au 5° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, selon laquelle la préfète pouvait légalement refuser de lui octroyer un délai de départ volontaire. Par conséquent, et dès lors que la requérante ne justifie pas de circonstances particulières, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois :
12. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, la requérante n'est pas fondée à invoquer l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français.
13. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
14. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit, par ailleurs, faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet et elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si après prise en compte de ces deux derniers critères, elle ne les retient pas au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
15. Pour prononcer à l'encontre de Mme D une interdiction de retour sur le territoire français et en fixer la durée à dix-huit mois, la préfète de l'Ain a relevé que bien que l'intéressée ne représente pas une menace à l'ordre public, elle a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement qu'elle a, contrairement à ce qui est soutenu, refusé d'exécuter et elle ne possède pas de liens intenses et stables avec la France. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments et, contrairement à ce que soutient la requérante qui ne justifie d'aucune circonstance particulière, la préfète pouvait, sans méconnaître les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni commettre d'erreur d'appréciation, prononcer à son encontre une interdiction de retour de dix-huit mois. Pour les mêmes motifs, l'interdiction de retour sur le territoire français ne méconnaît pas davantage le droit au respect de la vie privée et familiale de la requérante au sens des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne les décisions fixant le pays de destination et portant assignation à résidence :
16. Compte tenu de ce qui précède, la requérante n'est pas fondée à invoquer l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français à l'encontre des décisions fixant le pays de destination et portant assignation à résidence.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête dirigées contre les décisions du 4 janvier 2025, n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre des préfètes de l'Ain et du Rhône, qui ne sont pas parties perdantes.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D épouse G est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D épouse G, aux préfètes de l'Ain et du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2025.
La magistrate désignée,
V. JordaLa greffière,
F. Gaillard
La République mande et ordonne aux préfètes de l'Ain et du Rhône, chacune, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026