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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2501462

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2501462

vendredi 21 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2501462
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantMANZONI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés les 5, 13 et 20 février 2025, Mme C D, représentée par Me Manzoni, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 3 février 2025 par lequel la préfète du Rhône a prononcé sa remise aux autorités allemandes, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale sous astreinte de 150 euros par jour de retard et, à défaut de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de la préfète du Rhône la somme de 1 200 euros à verser à son conseil, Me Manzoni, en application des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 et que le non-respect de son droit à une information préalable l'a privée d'une garantie ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 7 du règlement (UE) n°604/2013 dès lors qu'un membre de sa famille, son oncle, demeure en France ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, celles de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 33 de la convention de Genève relative aux réfugiés dès lors qu'elle a été soumise à des traitements inhumains et dégradants et qu'elle a été privée de sa liberté en Allemagne ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle méconnaît ensemble les dispositions des points 17 et 18 du règlement (UE) n°604/2013 et est entachée à ce titre d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation dès lors qu'elle est très malade, qu'un transfert en Allemagne l'éloignera de sa famille et l'exposerait à de nouvelles persécutions de la part de membres du réseau international de prostitution qui l'ont enlevée en Angola ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à la non application de la clause discrétionnaire prévue par l'article 17 du règlement (UE) 604/2013 ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de sa vulnérabilité ;

Par un mémoire en défense enregistré le 19 février 2025, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- la convention de Genève relative au statut des réfugiés ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Jorda, première conseillère, pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesures d'éloignement, d'assignation, de rétention ou de remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Jorda, première conseillère ;

- les observations de Me Manzoni, représentant Mme D qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;

- les observations de Mme D, assistée par M. B, interprète en langue portugaise, qui répond aux questions de la magistrate désignée ;

- la préfète du Rhône n'étant ni présente ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Une note en délibéré, enregistrée le 20 février 2025, a été présentée par la préfète du Rhône.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C D, ressortissante angolaise née le 24 avril 1997, a déclaré être entrée en France le 22 novembre 2024. Par un arrêté du 3 février 2025, dont elle demande l'annulation, la préfète du Rhône a prononcé sa remise aux autorités allemandes, responsables de l'examen de sa demande d'asile.

Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressée, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur le surplus des conclusions :

3. En premier lieu, l'arrêté litigieux vise les textes dont il est fait application, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de Mme D ainsi que les éléments sur lesquels la préfète s'est fondée pour estimer que l'examen de sa demande de protection internationale relevait de la responsabilité d'un autre Etat membre. Dès lors, cet arrêté, qui n'avait pas à mentionner l'intégralité des éléments de la vie privée et familiale de la requérante, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et permet ainsi à la requérante d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation, laquelle ne se confond pas avec le bien-fondé des motifs, ne peut qu'être écarté.

4. En deuxième lieu, il ressort de cette motivation et des pièces du dossier que la préfète du Rhône, préalablement à l'édiction de sa décision, a procédé à un examen de la situation de Mme D, notamment au regard de sa vie privée et familiale, de sa situation médicale et de l'absence d'élément prouvant qu'elle serait personnellement exposée à des peines ou des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou à un risque d'atteinte au droit d'asile en cas de remise aux autorités allemandes. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux doit être écarté.

5. En troisième lieu, il résulte de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application des dispositions du règlement du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et, en tout cas, avant la décision par laquelle l'autorité administrative décide de le remettre aux autorités responsables de l'examen de sa demande d'asile, une information complète sur ses droits et les modalités d'application du règlement, par écrit et dans une langue qu'il comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Cette information doit comporter l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de ce même article 4 et constitue une garantie pour le demandeur d'asile.

6. Il est constant que Mme D, ressortissante angolaise, s'est vue remettre, le 2 décembre 2024, les brochures A et B relatives à la détermination de l'État responsable de sa demande d'asile et à l'organisation de la " procédure Dublin " rédigées en portugais, langue qu'elle a déclaré lire et comprendre, contenant les éléments d'information exigés par les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de cet entretien, et après avoir pris connaissance de ces documents d'information, elle a adressé un courrier à la préfète du Rhône pour préciser sa situation personnelle et familiale et qu'elle a également été à nouveau reçue en entretien individuel, le 3 février 2025. Dans ces conditions, Mme D, qui a reçu une information complète sur ses droits et les modalités d'application du règlement, par écrit et dans une langue qu'elle comprend et qui a pu faire valoir ses observations, n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée méconnaîtrait les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ni qu'elle aurait été privée d'une garantie.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 7 règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Les critères de détermination de l'État membre responsable s'appliquent dans l'ordre dans lequel ils sont présentés dans le présent chapitre. / 2. La détermination de l'Etat membre responsable en application des critères énoncés dans le présent chapitre se fait sur la base de la situation qui existait au moment où le demandeur a introduit sa demande de protection internationale pour la première fois auprès d'un État membre. / 3. En vue d'appliquer les critères visés aux articles 8,10 et 16, les États membres prennent en considération tout élément de preuve disponible attestant la présence sur le territoire d'un État membre de la famille, de proches ou de tout autre parent du demandeur, à condition que lesdits éléments de preuve soient produits avant qu'un autre État membre n'accepte la requête aux fins de prise ou de reprise en charge de la personne concernée, conformément aux articles 22 et 25 respectivement, et que les demandes de protection internationale antérieures introduites par le demandeur n'aient pas encore fait l'objet d'une première décision sur le fond ". L'article 2 du même règlement dispose que : " Aux fins du présent règlement, on entend par : () / g) " membres de la famille", dans la mesure où la famille existait déjà dans le pays d'origine, les membres suivants de la famille du demandeur présents sur le territoire des États membres : / - le conjoint du demandeur, ou son ou sa partenaire non marié(e) engagé(e) dans une relation stable, lorsque le droit ou la pratique de l'État membre concerné réserve aux couples non mariés un traitement comparable à celui réservé aux couples mariés, en vertu de sa législation relative aux ressortissants de pays tiers, / les enfants mineurs des couples visés au premier tiret ou du demandeur, à condition qu'ils soient non mariés et qu'ils soient nés du mariage, hors mariage ou qu'ils aient été adoptés au sens du droit national, / lorsque le demandeur est mineur et non marié, le père, la mère ou un autre adulte qui est responsable du demandeur de par le droit ou la pratique de l'État membre dans lequel cet adulte se trouve, / lorsque le bénéficiaire d'une protection internationale est mineur et non marié, le père, la mère ou un autre adulte qui est responsable du bénéficiaire de par le droit ou la pratique de l'État membre dans lequel le bénéficiaire se trouve ; () h) ''proche'', la tante ou l'oncle adulte ou un des grands-parents du demandeur qui est présent sur le territoire d'un État membre, que le demandeur soit né du mariage, hors mariage ou qu'il ait été adopté au sens du droit national ".

8. Mme D fait valoir que la préfète a manifestement méconnu les dispositions précitées de l'article 7 du règlement (UE) n°604/2013, en prononçant son transfert vers l'Allemagne et se prévaut de la présence de M. A, qu'elle présente comme son oncle, en qualité de " proches ", sans autre précision quant à la portée de son moyen. Toutefois, il résulte des dispositions de l'article 8 dudit règlement que les " proches " ne peuvent être pris en considération comme critère de détermination de l'État responsable que dans l'hypothèse d'une décision portant sur un mineur. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 7 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture, ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants " et aux termes de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, " nul ne peut être soumis à la torture, ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Par ailleurs, aux termes de l'article 33 de la convention de Genève : " Aucun des Etats contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques ".

10. Mme D soutient qu'elle a été hébergée en Allemagne par une personne qui a abusé d'elle et l'a contrainte à se prostituer, que la plainte qu'elle a souhaité déposer en Allemagne à ce sujet n'a pas été prise en compte et qu'elle craint d'être exposée à de nouvelles violences en cas de retour en Allemagne. Toutefois, d'une part les éléments à caractère général invoqués par la requérante, notamment par la production d'articles de presse, quant à la situation de l'Allemagne, ne permettent pas de considérer que les autorités allemandes ne seraient pas en mesure de traiter sa demande d'asile dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile. D'autre part, l'attestation établie le 9 décembre 2024 par M. A, qui, prétendant être son oncle, relate de manière succincte son parcours en Allemagne et les conditions de son arrivée en France, ne suffit pas à établir la réalité des risques allégués en cas de transfert en Allemagne. En outre, si ses déclarations à l'audience ne paraissent pas dénuées de crédibilité s'agissant de son parcours de prostitution, elles ne permettent pas de considérer qu'elle se retrouverait en danger sur le territoire allemand et rien ne permet non plus d'estimer qu'elle ne serait pas prise en charge en Allemagne dans le respect des garanties attachées au droit d'asile. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève, au demeurant applicable aux requérants disposant de la qualité de réfugié, ainsi que des stipulations des articles 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne peuvent qu'être écartés. Pour les mêmes motifs, la requérante n'est pas davantage fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.

11. En sixième lieu, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ". Par ailleurs, dans les motifs du règlement précité, il est précisé au point 17 qu' : " Il importe que tout Etat membre puisse déroger aux critères de responsabilité, notamment pour des motifs humanitaires et de compassion, afin de permettre le rapprochement de membres de famille, de proches ou de tout autre parent et examiner une demande de protection internationale introduite sur son territoire ou sur le territoire d'un autre Etat membre, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères obligatoires fixés dans le présent règlement". Et le point n° 18 indique que : " Un entretien individuel avec le demandeur devrait être organisé pour faciliter la détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale. Dès que la demande de protection internationale est introduite, le demandeur devrait être informé de l'application du présent règlement ainsi que de la possibilité, lors de l'entretien, de fournir des informations sur la présence de membres de sa famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres afin de faciliter la procédure de détermination de l'État membre responsable ".

12. Mme D se prévaut de la présence régulière sur le territoire de M. A, présenté comme étant son oncle, qui est titulaire d'une carte de résident. Toutefois, et à supposer que M. A soit un membre de sa famille, elle ne démontre pas avoir établi avec ce dernier, qu'elle n'a rejoint qu'en novembre 2024, des liens d'une particulière intensité. En outre, comme indiqué au point 10, elle n'établit ni la réalité des risques allégués de captage par un réseau de prostitution en cas de transfert en Allemagne ni l'impossibilité des autorités allemandes à traiter sa demande d'asile dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile. Enfin, si la requérante fait valoir qu'elle doit réaliser une échographie mammaire et une mammographie pour une hypertrophie mammaire qui lui a été découverte, elle n'établit ni le caractère cancéreux de sa maladie, ni l'absence d'accès effectif à une prise en charge médicale adaptée en Allemagne, ni que son transfert entraînerait, par lui-même, un risque réel d'une aggravation significative et irrémédiable de son état de santé. Par suite, Mme D, qui au demeurant n'a pas déposé de documents à caractère médical sous pli confidentiel lors de l'évaluation de sa vulnérabilité par un agent de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 2 décembre 2024, n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée méconnaîtrait les points 17 et 18 du règlement (UE) n°604/2013 ni qu'elle serait entachée à ce titre d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation. Pour les mêmes motifs, la requérante n'est pas davantage fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa vulnérabilité ou quant à la non-application de la clause dite " discrétionnaire " prévue par l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme D doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Mme D est provisoirement admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme D est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, à Me Manzoni et à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2025.

La magistrate désignée,

V. JordaLe greffier,

T. Clément

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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