vendredi 21 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2501546 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LANTHEAUME |
Vu les procédures suivantes :
I) Par une requête, enregistrée le 6 février 2025, sous le n° 2501546, M. C B, représenté par Me Lantheaume, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 12 septembre 2024 par laquelle la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui fixer un rendez-vous pour la remise d'un récépissé en sa qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire, avec droit au travail, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire d'enjoindre à la préfète du Rhône d'enregistrer son dossier en sa qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire, via le site ANEF, et de lui délivrer une attestation d'instruction, dans le même délai et sous la même astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ; alors qu'il est bénéficiaire depuis le mois d'octobre 2024 de la protection subsidiaire, les dysfonctionnements qu'il rencontre sur le site de l'ANEF ne lui permettent pas de faire enregistrer son dossier, et d'obtenir un récépissé autorisant son séjour et lui permettant de travailler et de remplir les démarches administratives pour qu'il puisse vivre dans des conditions décentes ;
- la mesure sollicitée est utile.
II) Par une requête, enregistrée le 6 février 2025, sous le n° 2501552, M. C B, représenté par Me Lantheaume, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 26 décembre 2024 par laquelle la préfète de l'Ain a décidé de le remettre aux autorités italiennes et a prononcé à son encontre une interdiction de circuler sur le territoire français d'une durée de six mois à compter de l'exécution de cette mesure ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient notamment que la condition d'urgence est remplie, car la décision l'expose à un risque d'éloignement effectif, le recours en annulation n'étant pas suspensif ; que la décision emporte des conséquences concrètes et immédiates sur sa situation personnelle et familiale, ses cinq enfants étant scolarisés en France, de sorte qu'ils risquent d'être déscolarisés ; par ailleurs, les dispositions du droit de l'Union, dont il a été fait application, ont été méconnues.
Vu :
- les autres pièces des dossiers ;
- la requête enregistrée le 11 octobre 2024 sous le n° 2410269, par laquelle M. B demande l'annulation de la décision du 12 septembre 2024 de la préfète de l'Ain ;
- la requête enregistrée le 6 février 2025 sous le n° 2501550, par laquelle M. B demande l'annulation de la décision du 26 décembre 2024 de la préfète de l'Ain.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2501546 et 2501552 concernent la situation du même requérant et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule ordonnance.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "
3. M. B, ressortissant tunisien, est titulaire d'un titre de séjour italien portant la mention " Longue période-CE " délivré le 7 mars 2019 pour une durée illimitée. Il est entré en France une première fois en décembre 2022. Il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié, demande rejetée par un arrêté du 8 juin 2023 de la préfète de l'Ain, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal en date du 5 novembre 2024. M. B indique avoir quitté la France le 8 juin 2024, pour y revenir trois jours plus tard et il a sollicité à nouveau la délivrance d'un titre de séjour mention " salarié ". Le 12 septembre 2024, la préfète de l'Ain, relevant que l'intéressé avait été condamné en février 2024 à des faits de violences sur conjoint en présence d'un mineur, a refusé de lui délivrer le titre sollicité, en invoquant un motif d'ordre public. Par une seconde décision du 26 décembre 2024, elle a décidé de le remettre aux autorités italiennes et lui a fait interdiction de circuler sur le territoire français pendant une durée de six mois à compter de l'exécution de la mesure d'éloignement.
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans les cas de retrait ou de refus de renouvellement d'un titre de séjour.
4. Pour soutenir qu'il y a urgence à suspendre la décision du 12 septembre 2024, M. B ne peut tout d'abord se prévaloir d'aucune présomption, quand bien même il a demandé la délivrance d'un premier titre de séjour dans les trois mois suivant son entrée en France, et qu'il y résidait alors régulièrement. Ensuite, et ainsi qu'il a été dit, le requérant n'est revenu en France que depuis quelques mois, après avoir fait l'objet d'un refus de titre de séjour devenu définitif. Si le requérant fait valoir qu'il dispose d'un contrat de travail à durée indéterminée en qualité de maçon et que ses enfants sont scolarisés, de telles circonstances ne permettent pas de caractériser une atteinte grave et immédiate à la situation de l'intéressé, lequel dispose d'un titre de séjour en Italie, où ses enfants peuvent être scolarisés. Par suite, la condition d'urgence n'est pas remplie s'agissant de la décision de refus de séjour.
5. S'agissant ensuite de la décision de remise aux autorités italiennes, s'il est vrai que le recours qu'il a engagé au fond contre cette décision n'est pas suspensif, M. B, qui n'a pas justifié, ainsi qu'il a été dit, que le refus de lui délivrer un titre de séjour porterait une atteinte suffisamment grave et manifeste à sa situation, ne dispose d'aucun droit au séjour en France, alors qu'il est titulaire d'un titre de séjour de longue durée en Italie, et n'explique pas les motifs pour lesquels il ne souhaite pas retourner dans ce pays. Par ailleurs, il ne justifie pas, en se bornant à invoquer la scolarisation en France de ses enfants, laquelle reste récente, et l'illégalité alléguée de la décision, par elle-même sans incidence sur la condition d'urgence, de ce que la décision le remettant aux autorités italiennes porterait une atteinte grave et immédiate à sa situation, ainsi qu'à celle de ses enfants, de sorte que la condition d'urgence n'est pas non plus remplie pour la requête n° 2501552.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner s'il est fait état d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions en litige, que les requêtes de M. B doivent être rejetées par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions qu'il présente au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Les requêtes de M. B sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et à la préfète de l'Ain.
Fait à Lyon, le 21 février 2025.
Le juge des référés,
T. A
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition,
Un greffier,
N°s 2501546-250155
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026