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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2501724

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2501724

lundi 3 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2501724
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationELOIGNEMENT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon rejette la requête de Mme B, ressortissante camerounaise, qui contestait le refus de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de lui accorder les conditions matérielles d'accueil. Le refus était fondé sur l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, car elle avait déposé sa demande d'asile plus de quatre-vingt-dix jours après son entrée en France sans motif légitime. Le tribunal estime que Mme B n'a pas apporté la preuve de sa vulnérabilité ou de son état de santé, et que l'OFII n'a donc commis ni erreur de droit ni erreur d'appréciation. En conséquence, la décision de refus est maintenue et les conclusions à fin d'injonction sont également rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 février 2025, Mme A B, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 3 février 2025 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder les conditions matérielles d'accueil.

Elle soutient qu'elle souhaite bénéficier des conditions matérielles d'accueil en raison de son état de santé et qu'elle ne peut prendre son traitement médical compte tenu de ses conditions de vie actuelles.

La requête a été communiquée, le 12 février 2025, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui n'a pas produit d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a désigné Mme Bardad en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Bardad, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante camerounaise née le 12 août 1959, a présenté une demande d'asile, le 3 février 2025. Par une décision du 3 février 2025, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dès lors qu'elle n'avait pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans un délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France. Mme B demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil () prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ". Le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27 du même code est de quatre-vingt-dix jours. Aux termes de l'article D. 551-17 de ce code : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 () prend en compte la situation particulière et la vulnérabilité de la personne concernée. () ".

3. Si Mme B soutient d'une part, qu'elle souhaite bénéficier des conditions matérielles d'accueil en raison de son état de santé et d'autre part, que ses conditions de vie actuelles ne lui permettent pas de prendre son traitement médical, elle n'apporte, dans le cadre de la présente instance, aucun élément à l'appui de ses allégations. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé, en l'absence de vulnérabilité particulière, que Mme B avait sans motif légitime déposé sa demande d'asile plus de quatre-vingt-dix jours suivant son entrée en France et refusé, pour ce motif, de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par suite, l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées au point 2 du présent jugement ni commis d'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle de l'intéressée.

4. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 3 février 2025. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mars 2025.

La magistrate désignée,

N. Bardad

La greffière,

A. Senoussi

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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