Le Tribunal administratif de Lyon a été saisi par Mme B... d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral du 26 novembre 2024 rejetant sa demande de certificat de résidence algérien et lui faisant obligation de quitter le territoire. Postérieurement à l’introduction de la requête, la préfète de l’Ain a abrogé les décisions attaquées et délivré à l’intéressée un titre de séjour d’un an portant la mention « salarié ». En conséquence, le tribunal, sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, a constaté qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction. Il a toutefois condamné l’État à verser 1 200 euros à l’avocate de Mme B... au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridictionnelle.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 février 2025 et des pièces complémentaires enregistrées le 28 avril 2025, Mme A... B..., représentée par Me Bensoussan, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 26 novembre 2024 par lequel la préfète de l’Ain a rejeté sa demande de certificat de résidence algérien, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d’enjoindre à la préfète de l’Ain de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d’un mois, sous astreinte de 300 euros par jour de retard à compter de l’expiration du délai d’un mois et dans l’attente, de lui délivrer, dans un délai de huit jours, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de l’expiration du délai de huit jours ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 juin 2025, la préfète de l’Ain conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Mme B... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 23 janvier 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
– le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
– la loi n°91-647 du 10 juillet 1991
– le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : 3° Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête ; (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger des questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ou la charge des dépens ; (…) ».
2. Postérieurement à l’introduction de la présente requête, par un arrêté du 26 mai 2025, la préfète de l’Ain, après avoir abrogé les décisions attaquées a décidé de délivrer à Mme B... le titre de séjour sollicité d’une validité d’un an portant la mention « salarié ». Dans ces conditions, les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte présentées par Mme B... ont perdu leur objet. Par suite, il n’y a plus lieu d’y statuer.
3. Mme B... étant admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, sous réserve que Me Bensoussan, avocate de la requérante, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État à l’aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l’État le versement à Me Bensoussan de la somme de 1 200 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte présentées par Mme B....
Article 2 : L’Etat versera à Me Bensoussan une somme de 1 200 euros en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Bensoussan renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État à l’aide juridictionnelle.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B..., à Me Bensoussan et à la préfète de l’Ain.
Fait à Lyon, le 14 janvier 2026.
La présidente,
P. Dèche
La République mande et ordonne à la préfète de l’Ain, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,