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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2503323

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2503323

vendredi 2 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2503323
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSTADLER

Résumé IA

Référé mesures utiles (article L. 521-3 du code de justice administrative) – Tribunal administratif de Lyon. Mme B demandait une injonction sous astreinte pour obtenir la remise de sa carte de séjour pluriannuelle "vie privée et familiale". Le juge des référés rejette la requête, estimant que la condition d'urgence n'est pas remplie, dès lors que la préfète a délivré une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 24 juillet 2025 pendant la fabrication du titre. Aucune somme n'est mise à la charge de l'État.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée 19 mars 2025, Mme A B, représentée par Me Stadler, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de la convoquer afin de lui remettre sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 300 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'une décision favorable de délivrance d'un titre de séjour pluriannuel portant la mention " vie privée et familiale ", valable du 3 janvier 2025 au 2 janvier 2027, lui a été accordée ; elle attend son titre de séjour depuis le mois de janvier 2025 ; elle risque un licenciement et une rupture de droits à la caisse d'allocations familiales ;

- la mesure sollicitée est utile et ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 avril 2025, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que la fabrication du titre de séjour de la requérante a été lancée le 2 avril 2025 et qu'une attestation de prolongation d'instruction valable du 25 avril au 24 juillet 2025 a été remise à Mme B.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Vaccaro-Planchet, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre Mme B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

3. Il résulte de l'instruction que la préfète du Rhône a délivré une attestation de prolongation d'instruction valable du 25 avril au 24 juillet 2025 à Mme B durant la fabrication de son titre de séjour, valable du 3 janvier 2025 au 2 janvier 2027. Dès lors, la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-3 du code de justice administrative n'est en l'espèce pas remplie. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte de la requête doivent être rejetées.

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon le 2 mai 2025.

La juge des référés,

V. Vaccaro-Planchet

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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