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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2503594

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2503594

mardi 10 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2503594
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation6ème chambre
Avocat requérantSCP COUDERC ZOUINE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en procédure juridictionnelle d'exécution, a prononcé une astreinte de 50 euros par jour à l'encontre de la préfète du Rhône, à défaut pour elle d'avoir exécuté, avant le 19 juillet 2025, le jugement du 19 mars 2024. Ce jugement enjoignait à la préfète de réexaminer la demande de titre de séjour de M. C, après avoir annulé une décision implicite de refus pour défaut de motivation. La solution retenue se fonde sur les articles L. 911-4 et R. 921-6 du code de justice administrative. L'État a également été condamné à verser 800 euros à M. C au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 24 mars 2025, la présidente du tribunal administratif de Lyon a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, afin de statuer sur la demande enregistrée le 8 octobre 2024 de M. B C, représenté par Me Zouine, tendant à faire exécuter le jugement n° 2203832 rendu le 19 mars 2024.

Par cette demande et un mémoire complémentaire enregistré le 23 mai 2025, M. B C, représenté par Me Zouine, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de faire exécuter le jugement n° 2203832 rendu le 19 mars 2024 et d'enjoindre ainsi à la préfète du Rhône de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois sous astreinte de 50€ par jour de retard;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la préfète du Rhône, qui n'a pas réexaminé sa demande de titre de séjour, n'a pas exécuté le jugement du tribunal administratif du 19 mars 2024.

Par une ordonnance du 26 mai 2025, la clôture d'instruction a été reportée au 27 mai 2025 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le jugement n° 2203832 rendu le 19 mars 2024 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Segado,

- les observations de Me Zouine pour M. C.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 911-4 du même code : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / () Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. " Aux termes de l'article R. 921-5 du même code : " Le président () du tribunal administratif saisi d'une demande d'exécution sur le fondement de l'article L. 911-4, ou le rapporteur désigné à cette fin, accomplissent toutes diligences qu'ils jugent utiles pour assurer l'exécution de la décision juridictionnelle qui fait l'objet de la demande. / (). " Enfin, l'article R. 921-6 dispose que : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, (), le président () du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. / () Cette ordonnance n'est pas susceptible de recours. L'affaire est instruite et jugée d'urgence. Lorsqu'elle prononce une astreinte, la formation de jugement en fixe la date d'effet. "

2. Par le jugement susvisé n° 2203832 rendu le 19 mars 2024, devenu définitif, le tribunal, après avoir annulé la décision implicite de refus de séjour opposée à M. C au motif qu'elle était illégale pour défaut de communication de ses motifs, a enjoint à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de la demande de l'intéressé, dans un délai de deux mois à compter de la notification dudit jugement.

3. La préfète du Rhône n'a pas justifié, ni durant la phase administrative ni durant la phase juridictionnelle de la procédure d'exécution, d'avoir procédé au réexamen de la demande de l'intéressé et avoir ainsi procédé à l'exécution de ce jugement du tribunal. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer à l'encontre de la préfète du Rhône, à défaut de justifier de cette exécution avant le 19 juillet 2025, une astreinte de 50 euros par jour jusqu'à la date à laquelle le jugement précité aura reçu exécution.

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros au profit de M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Une astreinte est prononcée à l'encontre de la préfète du Rhône, si elle ne justifie pas avoir, avant le 19 juillet 2025, exécuté le jugement du tribunal n° 2203832 rendu le 19 mars 2024, et ce jusqu'à la date de cette exécution. Le taux de cette astreinte est fixé à 50 euros par jour à compter de l'expiration de ce délai.

Article 2 : La préfète du Rhône communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le jugement n° 2203832 rendu le 19 mars 2024.

Article 3 : L'Etat versera à M. C une somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 27 mai 2025, à laquelle siégeaient :

M. Segado, président,

Mme Bardad, première conseillère,

Mme A, pemière conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juin 2025.

Le président-rapporteur,

J. Segado

L'assesseure la plus ancienne,

N. Bardad La greffière,

F. Abdillah

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Une greffière,

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