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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2504521

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2504521

mardi 30 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2504521
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon a rejeté la requête de M. B..., ressortissant algérien, contestant l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination. Le tribunal a estimé que la mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, malgré son concubinage allégué avec une Française. Il a également rejeté l'exception d'illégalité soulevée contre la décision fixant le pays de destination. La requête a été rejetée dans son ensemble, y compris les demandes d'aide juridictionnelle provisoire et de frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 14 avril 2025, M. C... B... demande au tribunal :
1°) de l’admettre à titre provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;
2°) d’annuler pour excès de pouvoir les décisions du 25 mars 2025 par lesquelles la préfète du Rhône l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d’être éloigné ;
3°) de mettre à la charge de l’État au profit de son conseil une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.

Il soutient que :
- l’obligation de quitter le territoire français contestée méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, dès lors qu’il est arrivé en France il y a deux ans et vit en concubinage avec une ressortissante française depuis août 2023 ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale du fait de l’illégalité de l’obligation de quitter le territoire français.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l’emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;
- le code de justice administrative.


Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.


Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Drouet, président,
- et les observations de M. B....



Considérant ce qui suit :


Sur les conclusions à fin d’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :

En premier lieu, aux termes de l’article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence, (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d’aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. / (…) ».

En l’absence d’urgence, il n’y a pas lieu d’admettre, à titre provisoire, M. B... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.


Sur le surplus des conclusions de la requête :

En premier lieu, M. B..., ressortissant algérien né le 20 avril 1993, est entré en France le 10 août 2023 à l’âge de trente ans. Si le requérant fait valoir qu’il est arrivé en France il y a près de deux ans et vit en concubinage depuis août 2023 avec Mme A... D..., ressortissante de nationalité française, il est constant que M. B... se maintient irrégulièrement sur le territoire national depuis plus d’un an, ne produit aucun élément justifiant de la réalité de sa communauté de vie ni de son projet de mariage avec Mme D..., et que rien ne s’oppose à ce que la vie familiale de l’intéressé se poursuive ailleurs qu’en France et notamment en Algérie, où il n’est pas dépourvu d’attaches, notamment familiales. Par suite, compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’espèce, la décision contestée du 25 mars 2025 obligeant M. B... à quitter le territoire français n’a pas porté au droit de l’intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts poursuivis par cette décision et n’a, ainsi, pas méconnu les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.


En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 3 que le requérant n’est pas fondé à exciper, à l’encontre de la décision fixant le pays de destination, de l’illégalité de l’obligation de quitter le territoire français.


Il résulte de tout ce qui précède que M. B... n’est pas fondé à demander l’annulation des décisions du 25 mars 2025 par lesquelles la préfète du Rhône l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d’être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de douze mois. Par voie de conséquence, doivent être rejetées les conclusions de sa requête à fin de mise à la charge de l’État des frais exposés et non compris dans les dépens dans les conditions prévues par les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.




DÉCIDE :


Article 1er : La requête n° 2504521 est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C... B... et à la préfète du Rhône.




Délibéré après l’audience du 16 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Drouet, président,
- Mme Viotti, première conseillère,
- Mme Lahmar, conseillère.




Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2025.




Le président rapporteur,




H. DrouetL’assesseure la plus ancienne,




O. Viotti

La greffière,




L. Khaled




La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
Une greffière,

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