mardi 20 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2505002 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | HASSID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 avril 2025, M. B A, représenté par Me Hassid, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui fixer un rendez-vous lui permettant de retirer le titre de séjour qui lui a été accordé, dans un délai de huit jours à compter de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'une décision favorable a été prise sur sa demande de titre de séjour le 28 décembre 2023, l'attestation de décision favorable qui lui a été remise indiquant qu'un certificat de résident algérien valable du 29 décembre 2023 au 28 décembre 2033 allait lui être délivré et était en cours de fabrication ; depuis lors, il n'a pas réussi à obtenir de rendez-vous pour retirer son titre de séjour, en dépit des nombreuses démarches qu'il a effectuées ; il est chauffeur-livreur et ne dispose d'aucun document pour justifier de la régularité de son séjour ;
- la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
La requête a été communiquée à la préfète du Rhône, qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Vaccaro-Planchet, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
2. Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A s'est vu remettre une attestation de décision favorable indiquant qu'un certificat de résident algérien valable du 29 décembre 2023 au 28 décembre 2033 allait lui être délivré et était en cours de fabrication, avant d'être informé, le 13 février 2024, que son titre de séjour était prêt. Si M. A fait valoir qu'il n'est toujours pas en possession de son titre de séjour, il justifie avoir adressé plusieurs courriels aux services de la préfecture afin de demander des informations complémentaires ou une confirmation de l'état d'avancement de son dossier mais n'établit avoir effectué que trois tentatives de prises de rendez-vous sur l'espace dédié du site internet de la préfecture, toutes au cours du mois d'avril 2025. Ainsi, il n'est pas établi que le requérant se trouverait dans l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous en vue de la remise de son titre de séjour. Dès lors, la demande de M. A ne présente pas, à la date de la présente ordonnance, le caractère utile requis par les dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon le 20 mai 2025.
La juge des référés,
V. Vaccaro-Planchet
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
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