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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2505113

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2505113

lundi 13 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2505113
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantSENOUCI BEREKSI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante sénégalaise, contestant l'arrêté du 8 avril 2025 de la préfète du Rhône refusant le renouvellement de son titre de séjour étudiant et l'obligeant à quitter le territoire. Le tribunal a estimé que la préfète avait fait une exacte application de l'article 9 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995, en retenant l'absence de sérieux et de progression dans les études, Mme B. n'ayant validé aucune année universitaire en quatre ans. Il a également écarté le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, les circonstances invoquées ne suffisant pas à caractériser une atteinte disproportionnée à sa situation personnelle. La requête a été rejetée en toutes ses conclusions.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoires enregistrés les 24 avril et le 11 septembre 2025, Mme A... B..., représentée par Me Senouci Bereksi, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 8 avril 2025 par lequel la préfète du Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de la munir d’une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 48 heures sous astreinte de 150 euros par jour de retard puis de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat, outre la somme de 500 euros au titre des frais engagés, le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.

Elle soutient que l’arrêté attaqué méconnaît l’article 9 de la convention conclue entre la France et le Sénégal le 1er août 1995 et résulte d’une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.

La requête a été communiquée à la préfète du Rhône, qui a produit des pièces enregistrées le 28 juillet 2025.

Mme B... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 25 juillet 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal relative à la circulation et au séjour des personnes signée à Dakar le 1er août 1995
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Après avoir entendu le rapport de Mme Goyer Tholon au cours de l’audience publique, à laquelle les parties n’étaient ni présentes ni représentées.



Considérant ce qui suit :

Ressortissante sénégalaise née en 2000 et entrée en France au mois d’août 2020 en vue d’y poursuivre ses études, Mme B... conteste l’arrêté du 8 avril 2025 par lequel la préfète du Rhône a rejeté sa demande tendant au renouvellement de son titre de séjour portant la mention « étudiant » et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

Aux termes de l’article 9 de la convention conclue entre la France et le Sénégal le 1er août 1995 visée ci-dessus : « Les ressortissants de chacun des Etats contractants désireux de poursuivre des études supérieures ou d’effectuer un stage de formation qui ne peut être assuré dans le pays d’origine, sur le territoire de l’autre Etat doivent, pour obtenir le visa de long séjour prévu à l’article 4, présenter une attestation d’inscription ou de préinscription dans l’établissement d’enseignement choisi (…). Ils doivent en outre justifier de moyens d’existence suffisants, tels qu’ils figurent en annexe. Les intéressés reçoivent, le cas échéant, un titre de séjour temporaire portant la mention « étudiant ». Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite des études ou du stage, ainsi que de la possession de moyens d’existence suffisants ».

Pour refuser le renouvellement du titre de séjour de Mme B... en qualité d’étudiante, la préfète du Rhône s’est fondée, ainsi qu’il lui appartenait de le faire, sur l’absence de sérieux et de progression de l’intéressée dans ses études en relevant en particulier qu’au terme de 4 ans de présence en France, celle-ci n’avait validé aucune année d’études. En se bornant, pour critiquer cette appréciation, à faire état des bons résultats qu’elle a obtenus dans le nouveau cursus dans lequel elle s’est inscrite au titre de l’année universitaire 2024/2025 en vue de l’obtention d’un Brevet de technicien supérieur à l’issue de deux année d’apprentissage, Mme B... ne conteste pas sérieusement le motif du refus qui lui a été opposé et le moyen selon lequel le refus critiqué résulterait d’une inexacte application des stipulations précitées de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 doit être écarté.

Si Mme B... soutient que le refus de lui délivrer un titre de séjour ainsi que son éloignement compromettent le projet de poursuite d’études qui l’a amenée en France, les circonstances dont la requérante se borne ainsi à faire état ne suffisent pas pour considérer que les décisions en litige résultent d’une erreur manifeste d’appréciation au regard de leurs conséquences sur la situation personnelle de Mme B....

Il résulte de ce qui précède que Mme B... n’est pas fondée à demander l’annulation de l’arrêté du 8 avril 2025.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête de Mme B... à fin d’annulation, n’appelle aucune mesure d’exécution.

Sur les frais liés au litige :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’il soit fait droit aux conclusions présentées sur leur fondement et dirigées contre l’Etat, qui n’est pas partie perdante.


D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... et à la préfète du Rhône, ainsi qu’à Me Senouci Bereksi.


Délibéré après l'audience du 18 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Gille, président ;
- Mme Goyer Tholon, conseillère ;
- Mme Pouyet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2025.



La rapporteure,




C. Goyer Tholon
Le président,




A. Gille
La greffière,




M. C...

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
Un greffier

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