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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2506066

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2506066

lundi 30 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2506066
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCLEMENT

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par des demandeurs d'asile sollicitant le versement rétroactif de l'allocation pour demandeur d'asile (ADA) et la délivrance d'une carte ADA fonctionnelle. En cours d'instance, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a décidé de procéder au paiement de l'allocation pour la période antérieure au refus des conditions matérielles d'accueil, rendant sans objet les conclusions principales. Le tribunal a donc constaté un non-lieu à statuer sur cette demande et a rejeté la demande de délivrance d'une carte ADA, car elle se heurtait à la décision administrative de refus des conditions matérielles d'accueil prise le 28 mai 2025. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'OFII a été condamné à verser 800 euros à l'avocat des requérants au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 mai 2025 et des mémoires enregistrés le 22 mai et le 9 juin 2025, Mme D A et M. B C, représentés par Me Clément, demandent au juge des référés, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de procéder au versement de l'allocation de demandeur d'asile (ADA) de façon rétroactive dans une délai de 48 heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de leur délivrer une nouvelle carte ADA fonctionnelle dans un délai de 48 heures à compter de l'ordonnance à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 2 000 euros à verser à leur conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à leur verser en cas de rejet de leur demande d'aide juridictionnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 6 juin 2025, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que la demande des requérants est susceptible de relever du référé liberté ;

- les conditions d'urgence et d'utilité ne sont pas remplies dès lors que les requérants ne justifient pas de leurs conditions de vie et de ressources depuis le 27 octobre 2022 ; il va procéder à un paiement exceptionnel pour la période du 21 novembre 2024, date de la délivrance de l'ATDA jusqu'au 27 mai 2025, veille de la date de refus des conditions matérielles d'accueil.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Vaccaro-Planchet, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". En raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre Mme A et M. C, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".

3. Il résulte de l'instruction qu'en cours d'instance, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a décidé de procéder au paiement de l'allocation pour demandeur d'asile aux requérants pour la période du 21 novembre 2024, date de la délivrance de l'attestation de demande d'asile en procédure Dublin jusqu'au 27 mai 2025, une décision de refus des conditions matérielles d'accueil ayant été opposée à Mme A et M. C le 28 mai 2025. Par suite, les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit enjoint au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de verser l'allocation pour demandeur d'asile de manière rétroactive aux requérants ont perdu leur objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

4. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que les requérants ont fait l'objet d'une décision de refus de conditions matérielles d'accueil le 28 mai 2025. Dès lors, la mesure demandée tendant à ce qu'il soit enjoint au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de leur délivrer une nouvelle carte ADA fonctionnelle se heurte à l'existence de cette décision administrative. Par suite cette demande doit être rejetée, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense.

5. Les requérants ayant été admis à l'aide juridictionnelle provisoire, leur avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Clément renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de ses clients à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement à Me Clément d'une somme de 800 euros au titre des frais liés au litige. Dans l'hypothèse où les requérants ne seraient pas admis à l'aide juridictionnelle, cette somme leur sera versée directement.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme A et M. C sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit enjoint au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au versement de l'allocation de demandeurs d'asile aux requérants.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme A et M. C à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Clément renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, l'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Clément une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Dans l'hypothèse où Mme A et M. C ne seraient pas admis à l'aide juridictionnelle, cette somme leur sera versée directement.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D A et M. B C, à Me Clément et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Fait à Lyon le 30 juin 2025.

La juge des référés,

V. Vaccaro-Planchet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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