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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2506689

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2506689

mardi 17 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2506689
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantWECKERLIN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du 14 mai 2025 par lequel la sous-préfète de Sens avait suspendu le permis de conduire de M. A pour quatre mois suite à un excès de vitesse. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, les éléments fournis par le requérant, président de sociétés, ne démontrant pas un préjudice grave et immédiat. Il a également relevé que la décision contestée répondait à des exigences de sécurité routière, l'infraction (171 km/h au lieu de 130 km/h) n'étant pas sérieusement contestée. La requête a été rejetée sur le fondement des articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 juin 2025, M. B A, représenté par Me Weckerlin, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 14 mai 2025 par lequel la sous-préfète de Sens a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de quatre mois à compter de la date de sa notification.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il exerce les fonctions de président de sociétés de commerce de meubles, qu'il doit faire des déplacements incessants sur l'ensemble du territoire national qui nécessitent l'usage d'un véhicule automobile, qu'il n'est plus en mesure d'effectuer une part substantielle de ses missions, ce qui met en péril son activité ; il conteste avoir commis l'excès de vitesse qui lui est reproché ;

- plusieurs moyens sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le n° 2506688 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision en litige.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Bertolo, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, qui occupe les fonctions de président de sociétés de commerce de meubles, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 14 mai 2025 par lequel la sous-préfète de Sens a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de quatre mois à compter de la date de sa notification.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. Pour justifier d'une situation d'urgence, M. A fait état de considérations générales sur l'impossibilité selon lui de ne plus disposer de permis de conduire pour son activité et des conséquences susceptibles d'être induites par cette décision. Toutefois, la seule production d'attestations établies par des collaborateurs du requérant, témoignant de ses déplacements réguliers, ne permet pas de justifier de ce que la décision dont il est demandé la suspension entrainerait un préjudice grave et immédiat. Par ailleurs, si la décision contestée est susceptible d'avoir des conséquences sur l'exercice par le requérant de ses activités professionnelles, ce qui n'est pas établi en l'espèce, eu égard à la nature de l'infraction retenue à savoir un excès de vitesse supérieur à 30 km/h (171 km/h retenue pour une vitesse autorisée de 130 km/h), qui n'est pas sérieusement remis en cause par les dénégations de l'intéressé, la décision en litige répond à des exigences de protection et de sécurité routière. Dans ces circonstances, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressé au préfet de l'Yonne.

Fait à Lyon, le 17 juin 2025.

Le juge des référés,

C. Bertolo

La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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