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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2506925

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2506925

jeudi 4 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2506925
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantSCP ROBIN VERNET

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon a rejeté la requête de Mme A... B..., ressortissante congolaise, qui contestait un arrêté préfectoral de refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour de six mois. La juridiction a jugé la requête tardive, car introduite après l'expiration du délai de recours d'un mois prévu à l'article L. 911-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification de l'arrêté ayant été régulièrement effectuée. Aucun des moyens soulevés, notamment la méconnaissance des articles L. 425-9 et L. 435-1 du même code ou des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, n'a donc été examiné au fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête enregistrée le 6 juin 2025, Mme D... A... B..., représentée par la SCP Robin-Vernet (Me Robin), demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 9 août 2024 par lequel la préfète du Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays vers lequel elle pourrait être éloignée et lui a opposé une interdiction de retour d’une durée de 6 mois ;

2°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » dans le délai de quinze jours ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande dans le délai d’un mois ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros (HT) au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.

Elle soutient que :
- il n’est pas justifié de la consultation régulière du collège des médecins de l’Office français de l’immigration et de l’intégration ;
- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît les articles L. 425-9 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l’illégalité du refus de titre de séjour qui la fonde entache d’illégalité la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français, qui méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l’illégalité du refus de titre de séjour critiqué entache d’illégalité la décision portant fixation de son délai de départ volontaire, qui méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et qui résulte d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- l’illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français qu’elle conteste entache d’illégalité la décision fixant son pays de renvoi, qui méconnaît l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l’annulation des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français doit entraîner celle de l’interdiction de retour qui lui est opposée, qui méconnaît les articles L. 612-6 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 août 2025, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que la requête est tardive et que les moyens soulevés par Mme A... B... ne sont pas fondés.

Mme A... B... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 18 avril 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Après avoir entendu le rapport de M. Gille au cours de l’audience publique, à laquelle les parties n’étaient ni présentes ni représentées.


Considérant ce qui suit :


1. Ressortissante de la République démocratique du Congo née en 1985, Mme A... B... conteste l’arrêté du 9 août 2024 par lequel la préfète du Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays vers lequel elle pourrait être éloignée et lui a opposé une interdiction de retour en France d’une durée de 6 mois.
2. Aux termes de l’article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision relative au séjour, la décision relative au délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent, le cas échéant, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 911-1 ». Aux termes de l’article L. 911-1 de ce même code : « Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision (…). / L’étranger peut demander le bénéfice de l'aide juridictionnelle, au plus tard lors de l'introduction de son recours ».
3. Il ressort des pièces du dossier, notamment du document établi par les services postaux produit en défense et relatif aux étapes de son acheminement, que le pli recommandé avec demande d’accusé de réception contenant l’arrêté critiqué, qui comporte la mention des voies et délais de recours, a été vainement présenté le 12 août 2024 à l’adresse indiquée par la requérante avant d’être retourné à la préfecture du Rhône avec la mention « pli avisé et non réclamé » le 28 août 2024. Dans ces conditions et ainsi que le fait valoir la préfète du Rhône, la demande d’aide juridictionnelle et la requête de Mme A... B... respectivement déposées le 23 décembre 2024 et le 6 juin 2025 l’ont été après l’expiration du délai de recours d’un mois mentionné au point 2 et la requête doit en conséquence être rejetée comme tardive.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de Mme A... B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D... A... B..., à la préfète du Rhône et à Me Robin.

Délibéré après l'audience du 20 novembre 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Gille, président ;
- Mme Goyer Tholon, conseillère ;
- Mme Pouyet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2025.


Le président, rapporteur,




A. Gille
L’assesseure la plus ancienne,




C. Goyer TholonLa greffière,




M. C...


La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition,
Un greffier

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