lundi 7 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2507450 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 juin 2025, M. A C, représenté par Me Bescou, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution des décisions du 28 avril 2025 par lesquelles le préfet de la Loire a décidé de son expulsion du territoire français et fixé le pays de renvoi.
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans l'attente d'un jugement au fond, sans délai à compter de la notification de la présente ordonnance ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros TTC au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est présumée dès lors qu'il fait l'objet d'un arrêté d'expulsion ;
- sont de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté d'expulsion les moyens suivants : en l'absence de délégation de signature du préfet aux auteurs de la décision attaquée, celle-ci est entachée d'incompétence ; le préfet de la Loire a commis une erreur de droit en prenant une décision d'expulsion à l'encontre de l'intéressé, alors que celui-ci est de nationalité française ; il y a lieu le cas échéant de renvoyer une question préjudicielle à l'autorité judiciaire ; le préfet a également commis une erreur de droit en appliquant à la situation de M. C les nouvelles dispositions de l'article L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, telles qu'issues de la loi du 26 janvier 2024, pour des condamnations prononcées avant son entrée en vigueur ; le préfet de la Loire a également commis une erreur d'appréciation de la menace grave à l'ordre public que représente actuellement M. C ; l'arrêté d'expulsion méconnait le droit de M. C au respect de sa vie privée et familiale et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- enfin et par voie d'exception, la décision fixant le pays de renvoi est illégale en ce qu'elle repose sur une décision d'expulsion elle-même illégale.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 juillet 2025, le préfet de la Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- M. C présente une menace grave, réelle et actuelle à l'ordre public : il a fait l'objet de multiples condamnations, sur une longue période ; il a porté une réflexion inaboutie sur les faits qu'il a commis et indemnise de manière insuffisante les parties civiles ;
- la décision, eu égard à la situation de l'intéressé, ne porte pas une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ;
- l'intéressé ne dispose pas de la nationalité française et ne justifie pas l'avoir revendiquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 17 juin 2025 sous le n° 2507451, par laquelle M. C demande l'annulation des décisions du 28 avril 2025 par lesquelles le préfet de la Loire a décidé de son expulsion du territoire français et fixé le pays de renvoi.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°98-170 du 16 mars 1998 relative à la nationalité ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Bertolo pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Senoussi, greffière d'audience, M. Bertolo a lu son rapport et entendu les observations de :
- Me Bescou, représentant M. C, qui a repris ses moyens et conclusions, en insistant sur la démarche de réhabilitation et d'introspection de M. C. S'agissant de la question de la nationalité, il a indiqué que le renoncement à la nationalité française ne pouvait pas être présumé et nécessitait une démarche volontaire.
- Mme B, représentant le préfet de la Loire, qui persiste dans sa demande de rejet de la requête. Elle a souligné que l'intéressé ne démontrait pas avoir effectué des démarches réelles pour acquérir la nationalité française et qu'il devait être considéré comme ayant entendu y renoncer.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant turc né le 12 avril 1979 à Montbrison, a été titulaire à compter de l'année 1998 d'une carte de résident, renouvelée en 2008. L'intéressé a été condamné à de multiples reprises à compter de l'année 2006, et en dernier lieu le 27 septembre 2019 à 14 ans de réclusion criminelle par la cour d'assisses d'appel de l'Ain pour des faits de meurtre en récidive. Le requérant demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative d'ordonner la suspension de l'exécution des décisions du 28 avril 2025 par lesquelles le préfet de la Loire a décidé de son expulsion du territoire français et fixé le pays de renvoi.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. D'une part, eu égard à son objet et à ses effets, une décision prononçant l'expulsion d'un étranger du territoire français porte, en principe, et sauf à ce que l'administration fasse valoir des circonstances particulières, par elle-même, une atteinte grave et immédiate à la situation de la personne qu'elle vise et crée, dès lors, une situation d'urgence justifiant que soit, le cas échéant, prononcée la suspension de cette décision. Le préfet de la Loire ne fait valoir aucun élément susceptible de renverser cette présomption. Par suite, la condition d'urgence requise par l'article L. 521-1 précité du code de justice administrative, est satisfaite.
4. D'autre part, en l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que le préfet de la Loire a commis une erreur de droit en prenant une décision d'expulsion à l'encontre de M. C, alors que celui-ci remplissait à sa majorité les conditions prévues à l'article 33 de la loi susvisée du 16 mars 1998 pour obtenir la nationalité française, est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision d'expulsion. Le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi est illégale en ce qu'elle repose sur une décision d'expulsion elle-même illégale, est de nature à faire naitre un doute sérieux sur la légalité de la décision fixant le pays de renvoi.
5. Les deux conditions requises par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies en l'espèce. Il y a lieu, dès lors, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté attaqué, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
6. Dans les circonstances de l'espèce et eu égard aux motifs de la présente ordonnance, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Loire de munir provisoirement le requérant d'un document l'autorisant à séjourner en France dans le délai de quinze jours. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à verser à M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 28 avril 2025 par lequel le préfet de la Loire a décidé de l'expulsion de M. C et fixé le pays de renvoi est suspendu jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Loire de munir provisoirement M. C d'un document l'autorisant à séjourner en France dans le délai de quinze jours.
Article 3 : L'État versera la somme de 1 000 euros à M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, au ministre de l'intérieur et au préfet de la Loire.
Fait à Lyon, le 7 juillet 2025.
Le juge des référés, La greffière,
C. Bertolo A. Senoussi
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026