mercredi 9 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2507746 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ASTERIO CABINET D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 juin 2025, Mme A B, représentée par Me Bracq, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 2 juin 2025 par lequel le président de l'établissement public de coopération culturelle " Cité du design -Ecole supérieure d'art et de design " de Saint-Etienne lui a infligé la sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de deux ans à compter de sa notification ;
2°) d'enjoindre à l'établissement public de coopération culturelle " Cité du design -Ecole supérieure d'art et de design " de Saint-Etienne de la réintégrer à titre provisoire, sans délai, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'établissement public de coopération culturelle " Cité du design -Ecole supérieure d'art et de design " de Saint-Etienne la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est présumée dès lors que la sanction d'exclusion temporaire de fonctions a pour effet de la priver de toute rémunération pour une durée de deux ans ;
- sont de nature à faire naitre un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, les moyens suivants :
* aucune faute ne saurait être retenue à son encontre, comme l'a constaté le conseil de discipline ;
* la sanction est disproportionnée ;
* elle est entachée d'un détournement de pouvoir.
La requête a été communiquée à l'établissement public de coopération culturelle " Cité du design -Ecole supérieure d'art et de design " de Saint-Etienne, qui n'a pas produit en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 23 juin 2025 sous le n°2507745 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision en litige.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bertolo, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Clément, greffier d'audience, M. Bertolo a lu son rapport et entendu les observations de :
- Me Hakes, représentant Mme B, qui a repris ses moyens et conclusions ;
- Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, titulaire du grade de technicien principal, occupe un emploi de graphiste au sein de la direction de la communication de l'établissement public de coopération culturelle " Cité du design -Ecole supérieure d'art et de design " de Saint-Etienne. Elle demande au juge des référés, d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 2 juin 2025 par lequel le président de l'établissement public de coopération culturelle " Cité du design -Ecole supérieure d'art et de design " de Saint-Etienne lui a infligé la sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de deux ans à compter de sa notification.
2. Aux termes du 1er alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "
3. D'une part, la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'une mesure de suspension de l'exécution d'un acte administratif doit être regardée comme remplie lorsque l'exécution de la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Une mesure prise à l'égard d'un agent public ayant pour effet de le priver de la totalité de sa rémunération doit, en principe, être regardée, dès lors que la durée de cette privation excède un mois, comme portant une atteinte grave et immédiate à la situation de cet agent, de sorte que la condition d'urgence doit être regardée comme remplie, sauf dans le cas où son employeur justifie de circonstances particulières tenant aux ressources de l'agent, aux nécessités du service ou à un autre intérêt public, qu'il appartient au juge des référés de prendre en considération en procédant à une appréciation globale des circonstances de l'espèce.
4. En l'espèce, la mesure contestée porte exclusion temporaire de Mme B de ses fonctions pour une durée de deux ans à compter de sa notification, et l'établissement public de coopération culturelle " Cité du design -Ecole supérieure d'art et de design " de Saint-Etienne, qui n'a pas produit à l'instance, ne conteste pas que cette décision la prive de la totalité de sa rémunération, et porte ainsi une atteinte grave et immédiate à sa situation. Dans ces circonstances, la condition d'urgence est satisfaite.
5. D'autre part, en l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que les faits reprochés à Mme B ne peuvent pas être considérés comme fautifs est de nature à faire naitre un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
6. Les deux conditions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant remplies, Mme B est fondée à demander la suspension de l'exécution de la décision du 2 juin 2025 prononçant son exclusion temporaire, ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de la décision.
7. Eu égard aux motifs de la présente ordonnance, il y a lieu d'enjoindre à l'établissement public de coopération culturelle " Cité du design -Ecole supérieure d'art et de design " de Saint-Etienne de réintégrer Mme B dans ses fonctions à titre provisoire, dans un délai de dix jours à compter de la présente ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'établissement public de coopération culturelle " Cité du design -Ecole supérieure d'art et de design " de Saint-Etienne la somme de 1 000 euros à verser à Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 2 juin 2025 par lequel le président de l'établissement public de coopération culturelle " Cité du design - Ecole supérieure d'art et de design " de Saint-Etienne a prononcé l'exclusion temporaire de Mme B pour une durée de deux ans est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de la décision.
Article 2 : Il est enjoint à l'établissement public de coopération culturelle " Cité du design -Ecole supérieure d'art et de design " de Saint-Etienne de réintégrer Mme B dans ses fonctions à titre provisoire, dans un délai de dix jours à compter de la présente ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Article 3 : L'établissement public de coopération culturelle " Cité du design -Ecole supérieure d'art et de design " de Saint-Etienne versera la somme de 1 000 euros à Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à l'établissement public de coopération culturelle " Cité du design -Ecole supérieure d'art et de design " de Saint-Etienne et au préfet de la Loire.
Fait à Lyon le 9 juillet 2025,
Le juge des référés
C. Bertolo
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026